Les maîtres de l’art moderne seront à l’honneur le 1er juillet prochain à Paris, lors d’une prestigieuse vente organisée par la maison Rossini. Les collectionneurs sont invités à venir enchérir sur des chefs-d’œuvre de pointures françaises comme Rodin, Renoir et Valtat, mais aussi de grands noms internationaux comme Vasarely, De Chirico ou encore Foujita.
Parmi les incontestables lots phares du catalogue, on retrouve Le Baiser, un groupe en bronze à patine signé par Auguste Rodin. Cette sculpture emblématique de deux corps enlacés, une évocation sensible du sentiment amoureux, a initialement été conçue en 1886 pour la Porte de l’Enfer, un projet monumental confié à l’artiste par l’État français en 1880, qui l’a occupé pendant une grande partie de sa vie. Pour cette commande, Rodin devait imaginer une porte inspirée de la Divine Comédie de Dante, et c’est le couple Paolo et Francesca, représentés au moment où ils découvrent leur amour, qu’il choisit ici comme les deux protagonistes de sa sculpture.

La version du Baiser présentée ici est une épreuve en bronze réalisée entre 1914 et 1917, du vivant de l’artiste, par la fonderie Barbedienne, chargée par Rodin lui-même d’assurer l’édition de ses œuvres pour les collectionneurs. Cette tendre embrassade, contrastant trop avec le thème tragique du projet, n’a jamais atteint la Porte de l’Enfer, mais a été conservée par Rodin comme groupe indépendant et a connu un succès immédiat qui a transcendé la référence littéraire où elle puise ses origines.
Il convient de mentionner que les collectionneurs pourront également retrouver L’Éternel Printemps, une autre sculpture exceptionnelle conçue pour la Porte de l’Enfer et qui représente une étreinte plus passionnelle, réalisée entre 1905 et 1907.

Place à Chu Teh-Chun, peintre, calligraphe et graveur franco-chinois considéré comme l’un des maîtres de l’abstraction lyrique. Dans Sans titre, une huile sur papier marouflé sur toile de 1972, on retrouve toute la force de ses compositions abstraites, bien loin des œuvres formatrices issues de son apprentissage de l’art occidental dans sa Chine natale. Sa découverte de l’art abstrait en 1956, lors d’une rétrospective de Nicolas de Staël, a engendré ses premiers succès à Paris, avant que sa réputation ne se propage à l’étranger au milieu des années 1960.

Pierre-Auguste Renoir, peintre polyvalent inscrit dans le mouvement de l’impressionnisme, figure au catalogue avec Femme nue en buste, une huile sur toile carrée qui provient de la collection d’Amélie Dieterle. Muse du tout-Paris admirée pour son talent et sa beauté, Amélie Dieterle (aussi connue sous le nom de scène Amélie Laurent) était une comédienne française de la Belle Époque qui a inspiré de nombreux artistes, dont Renoir, qui l’a peinte à plusieurs reprises, ainsi que Toulouse-Lautrec ou Alfred Roll.

Contemporain et ami de Renoir, le peintre et graveur Louis Valtat s’est surtout distingué pour ses paysages et ses portraits, bien qu’il se soit essayé à d’autres genres au cours de sa carrière. Avec Bouquet aux coquelicots et marguerites, une huile sur toile réalisée vers 1930, on retrouve ce traitement si singulier, situé à la frontière du post-impressionnisme et du fauvisme, où les touches vives, les couleurs vibrantes et la lumière radiante nous rappellent le rôle clé de Valtat dans l’évolution de l’art moderne.

Le catalogue sera également ponctué d’une œuvre d’Achille Laugé, peintre qui a fait ses armes chez les post-impressionnistes et les pointillistes, dont l’œuvre reflète des influences claires de Seurat, Signac ou encore Pissarro. Doté d’une grande sensibilité dans son interprétation du pointillisme, qu’il traite par des touches fragmentées en fines lignes, Laugé est représenté à la vente avec Portrait d’Émilie Dormières, épouse Millet. Cette toile de 1897, qui témoigne de la capacité de l’artiste à créer des harmonies raffinées au sein d’une palette réduite, provient directement de la famille du modèle et apparaît aux enchères pour la première fois.

On termine avec Hommage à Jules Verne, un bronze à patine brune nuancée de vert signé par Pierre-Yves Trémois. Artiste multidisciplinaire, Trémois a laissé derrière lui un corpus de travail monumental comprenant des œuvres graphiques (on lui estime plus de mille gravures), des livres illustrés, des sculptures, des céramiques et même des bijoux. Comme son titre l’indique, cette sculpture de 1995 fait très certainement référence au roman Vingt mille lieues sous les mers, et notamment au poulpe géant qui s’attaque aux héros du livre.
La vente de Rossini comprendra également des œuvres de Paul Signac, Aristide Maillol, Jean Lambert-Rucki, des céramiques de Picasso et Georges Jouve, ainsi que du mobilier de Charlotte Perriand et Pierre Chapo.
Rendez-vous le 1er juillet prochain en salle des ventes, chez la maison Rossini, pour un événement qui célèbrera l’art moderne sous toutes ses coutures.




