Artiste d’avant-garde et sculpteur, Jean Lambert-Rucki est un plasticien polonais qui s’inscrit dans le cubisme, le surréalisme et les arts décoratifs. Il arrive à Paris un beau matin de février 1911 et après avoir trouvé refuge chez des amis d’origine polonaise, il s’inscrit à l’Académie Colarossi. Il fréquente les lieux « branchés » de la capitale, où de nombreux artistes bobos se retrouvent pour refaire le monde. Il rencontre d’importantes personnalités comme Blaise Cendrars, Max Jacob ou Amadeo Modigliani, avec lequel il partage une chambre au 8 rue de la Grande-Chaumière.

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Après s’être enrôlé dans la légion française pendant la Première Guerre mondiale, il sert auprès des troupes françaises et rencontre pendant son service militaire les sculpteurs Joseph Csaky et Gustave Miklos.
Une fois la guerre terminée, il retourne à Paris et expose ses œuvres, qui connaissent un franc succès et génèrent des commissions pour des établissements, et en particulier des églises (nécessitant des rénovations après la guerre) situés aux quatre coins de l’Europe, du Canada et des États-Unis.

Il collabore en 1925 avec Émile-Jacques Ruhlmann et Jean Dunand lors de l’Exposition des Arts Décoratifs industriels et modernes, qui contribuera quelques années plus tard à l’appellation « Art déco », un style dominé par des compositions géométriques et symétriques. Sa collaboration avec Dunand donne naissance à certains des objets les plus frappants de la scène parisienne dans l'entre-deux-guerres. Admirateur du travail de Lambert-Rucki, Dunand met volontiers les services de son atelier à sa disposition, fournissant notamment les ressources techniques nécessaires pour traduire ses œuvres en laque, dans des paravents, des enfilades ou encore des encadrements de cheminées exceptionnels et typiques de l'Art déco.

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À partir de 1930, Lambert-Rucki devient l’un des pionniers de « l’Art Sacré Moderne », une forme d’art majoritairement sculpturale qui présente des lignes pures et des formes simples. À travers l’Art Sacré Moderne, Lambert-Rucki parvient à s’exprimer avec un minimum de moyens, et le clergé de l’époque le recherche pour commissionner ses œuvres mystiques.
Tout en gardant son expression plastique unique, il s’intéresse à d’autres sujets et réalise des sculptures illustrant divers personnages, des figures longilignes souvent groupées, ou des couples s'enlaçant tendrement (un motif récurrent). Aucune forme d'art, aucune esthétique ne le laisse indifférent. Son travail consiste à supprimer l'inutile, par une économie de moyens et une simplification des formes, au profit d'une émotion pure.

Il rejoint en 1931 l’Union des Artistes Modernes où il expose aux côtés de Charles-Édouard Jeanneret (Le Corbusier) et Jean Fouquet, et en 1932, il sera naturalisé par l’état français. Malgré un mariage dans les années 1920, Jean Lambert-Rucki est resté solitaire toute sa vie, fuyant le monde pleins d'exigences et de vanités. Sa raison d'être était le besoin incessant de créer quelque chose de « nouveau ».
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