De la collaboration entre Schiaparelli et Salvador Dalí dans les années 1920 à celle de Jeff Koons et Louis Vuitton en 2017, la fusion de l’art et de la mode ne date pas d’hier. L’une des collaborations les plus réussies de l’industrie date des années 1960, alors que le couturier Yves Saint Laurent puise son inspiration dans l’œuvre du peintre néerlandais Piet Mondrian et sort une série de robes qui assiéra sa réputation à jamais.

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En 1965, quatre ans après la création de sa propre maison de couture, Saint Laurent conçoit une collection basée sur les œuvres d’artistes artistes modernes tels que Serge Poliakoff, Kazimir Malevich et bien sûr, Mondrian. Bien que ses sources inspirations aient été variées, c’est la série de dix robes de cocktail basées sur les œuvres abstraites de Mondrian qui s’est imposée comme l’élément phare de la collection, inspirant ainsi l’intitulé « Hommage à Mondrian » ou « Collection Mondrian ».
Contrairement aux idées reçues, les blocs de couleurs primaires et les lignes géométriques noires des robes n'étaient pas imprimés sur le textile : les vêtements étaient constitués de pièces de tissu individuelles. Le poids du tissu permettait de « tendre » les robes en ligne droite et à les figer, renforçant l'idée que chaque robe était une œuvre d'art.

Si la collection d’origine comprenait dix robes, l'histoire ne retiendra qu’un modèle emblématique, dont le prototype a été réalisé par Azzedine Alaïa. Ce modèle, qui reprend la coupe « robe sac » des années 1950, est une robe en lainage, sans manche, descendant jusqu'aux genoux et inspirée du tableau Composition C (No III), réalisé par le peintre en 1935.
La collection Mondrian est arrivée au bon moment dans le monde de la mode : elle a repris l’utilisation des formes géométriques, très en vogue dans les années 1960, tout en présentant des lignes simples et nettes. Le succès a été immédiat. En 1965, l'un des six modèles est apparu sur la couverture du Vogue français et des versions moins chères, comportant des motifs géométriques similaires, ont fait leur apparition.

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Avec du recul, il est facile de voir à quel point cette collaboration a été importante pour l’industrie de la mode des années 1960. En 2011, une rare version en soie (au lieu de la version en laine plus courante) s'est vendue aux enchères chez Kerry Taylor à Londres pour 31 750 euros.
Saint Laurent a déclaré qu'il n'avait réalisé que deux versions en soie de la robe Mondrian, l'autre étant conservée au musée Victoria & Albert de Londres. En 1978, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent ont fait l'acquisition de la toile Composition avec bleu, rouge, jaune et noir du peintre.
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