Cartier, carats et merveilles

Premier joailler mondial, Cartier est aujourd’hui une filiale en or pour le groupe suisse Richemont. On lui doit notamment la montre Tank, la bague Trinity ou encore le bracelet Love, tous devenus des classiques intemporels du luxe.

Cartier, carats et merveilles

Cartier fait partie de cette famille de marques presque inaccessibles mais que tout le monde connaît. De celles qui ont influencé les modes et révolutionné les univers du luxe, et en l’occurrence, ceux de la haute joaillerie et de l’horlogerie. Alliage parfait de l’élégance à la française et du savoir-faire suisse, la maison Cartier a vu le jour en 1847 à Paris. Elle a été fondée par Louis-François Cartier et commercialisait au départ des montres de gousset, des broches et des châtelaines pour dames, dans les salons de sa boutique historique, située rue de la Paix.

Jeanne Toussaint, surnommée « La Panthère »
Jeanne Toussaint, surnommée « La Panthère »

Ses deux fils, Alfred et Louis, prennent ensuite la relève, suivis par les trois enfants d’Alfred, dont l’esprit d’équipe va les conduire à se répartir la planète en trois, pour mieux la conquérir. À l’entame du XXe siècle, leurs bijoux ramenés d’Extrême-Orient, de Russie ou encore des colonies anglo-saxonnes font déjà tourner la tête des grandes personnalités, comme celles du roi d’Angleterre Édouard VII et du maharadjah de Patiala, en Inde. Il faut dire que l’enseigne dispose à l’époque de vendeurs de premier choix et d’un sens aigu des affaires qui lui permettent de fournir jusqu’à vingt-quatre cours européennes en même temps !

Dans les années 1930, la maison Cartier atteint les sommets de l’élégance, ce qu’elle doit en partie à Jeanne Toussaint, sa directrice artistique, que l’on surnommait « la panthère » et qui va faire du fauve l’emblème de la marque franco-suisse.

La bague de fiançailles de Grace Kelly
La bague de fiançailles de Grace Kelly

Après la Seconde Guerre mondiale, la maison fait carrément corps avec le glamour hollywoodien. L’actrice Elizabeth Taylor, folle de bijoux, en devient l’une des plus célèbres ambassadrices, avec Grace Kelly, l’actrice fétiche d’Alfred Hitchcock, qui, pour l’anecdote, se fiancera avec le prince Rainier III avec un diamant Cartier au doigt. En parallèle, l’entreprise poursuit sa diversification, notamment en développant pour les hommes, le concept de la montre portée au poignet. Une idée de génie qui fera naître les modèles Santos et Tankdeux grands succès de la marque mis sur le marché au début du XXe siècle, et que l’on trouve toujours en boutique en 2019.

Cartier, montre modèle Santos, image via monochrome-watches
Cartier, montre modèle Santos, image via monochrome-watches

Dans les années 70, Cartier va marquer l’histoire de la mode à travers l’apparition des Must, une ligne de produits financièrement plus accessibles (petite maroquinerie, accessoires, sacs, stylos, parfums, etc.) qui va propulser la marque dans des boutiques plus modestes et l’aider à conquérir le cœur d’une nouveau clientèle. L’intuition, risquée sur le papier, se révèlera finalement excellente, au point que toute la profession va se mettre à en faire autant.

Les Must de Cartier, ensemble de voyage en cuir 9 pièces
Les Must de Cartier, ensemble de voyage en cuir 9 pièces

Pour l’enseigne, la fin du XXe siècle a également été marquée par le besoin de se réapproprier son histoire et ses plus belles pièces, comme les fameux bracelets réalisés pour le compte de l’actrice américaine Gloria Swanson. L’opération s’avèrera coûteuse mais également riche en conséquences positives, puisque les plus grands musées (le British Museum, le Metroplitan, le Grand Palais, etc.) lui ont depuis ouvert leurs portes, à l’occasion d’expositions spectaculaires, notamment à la fin des années 1990, quand Cartier fêta ses 150 ans d’existence.

Aujourd’hui en possession de 300 boutiques réparties dans 50 pays, présent dans près de 15 000 points de vente, Cartier demeure une référence mondiale de la haute joaillerie et maintient désormais son cap au sein du groupe suisse Richemont, dont il demeure le vaisseau amiral.

Cartier, « Love Bangles »
Cartier, « Love Bangles »

Son plus grand succès en ce début de XXIe siècle, elle le doit à ses designers qui, grâce à leur vitalité prodigieuse, renouvèlent sans cesse les collections en intégrant l’émergence d’une nouvelle géographie du luxe, dans laquelle l’Asie, mais surtout la Chine, joue désormais un rôle majeur.

Avec cette nouvelle clientèle, le rêve n’a pas de limite, c’est pourquoi il n’est pas rare de voir des bijoux Cartier (qui nécessitent parfois jusqu’à 2 000 heures de travail par pièce) dépasser les 50 000 euros à la vente. À côté de cela, Cartier propose toujours des premiers prix à 400 euros et tout une gamme de produits semi-luxueux, afin de couvrir l’ensemble du spectre et toucher à tous les publics.

Cartier, pendule « mystérieuse », vendue pour 1,5 million d'euros en 2016
Cartier, pendule « mystérieuse », vendue pour 1,5 million d'euros en 2016

Le succès se ressent également dans l’engouement suscité auprès des enchérisseurs. Depuis quelques années, le phénomène a même tendance à prendre des proportions vertigineuses. À Paris en 2016, une pendule « mystérieuse » en onyx et or émaillé blanc, datant de 1921, a ainsi trouvé acquéreur pour plus de 1,5 million d’euros. Un record pour ce type d’objet qui vient s’ajouter à celui réalisé un an plus tôt à Genève, avec un rubis birman d’une extrême rareté, monté sur une bague Cartier et adjugé à 27,3 millions d’euros chez Sotheby’s. La preuve en est que les bijoux de l’enseigne restent éternels et ce, malgré les turbulences politiques et les crises monétaires qui secouent notre monde.

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