La relation de confiance entre Artcurial et André Trigano remonte à 2016 : à l’occasion de la vente Rétromobile 2016 by Artcurial Motorcars, la maison avait assuré la dispersion des Citroën du collectionneur, soit 43 modèles couvrant la gamme du constructeur français de 1919 à 1972. Après le succès retentissant de cette vacation, Trigano renoue avec la maison de ventes pour se séparer du reste de sa collection. Pas moins de 170 voitures aussi remarquables que variées comprenant une trentaine de « sorties de grange » seront présentées lors d’une vente événement le 13 septembre à Gibel, près de Toulouse.
J'aimerais donner une autre vie à mes voitures. Il ne faudrait surtout pas qu'elles deviennent des objets inanimés !
Les amateurs verront défiler une collection d’une extrême diversité, où les modèles de grande diffusion se mêlent aux voitures les plus rares, reflétant les choix spontanés de Trigano au fil des ans. Voitures de première main, américaines, modèles en attente de restauration, automobiles anciennes…tout y est. « La collection d’André Trigano est certainement la collection la plus éclectique que nous ayons eue à présenter. Des voitures de toutes les époques, pour tous les goûts et pour tous les budgets composent cette collection unique d’un homme public et ancien pilote passionné », s’est enthousiasmé Matthieu Lamoure, directeur général d’Artcurial Motocars. La totalité des lots de la vacation sera présentée sans réserve.

Parmi les plus beaux modèles de la vente, on retrouve une Lamborghini 400 GT 2+2 de 1967, présentée dans un état irréprochable grâce à un entretien suivi depuis l’origine. Importante dans le monde de l'automobile, la 400 GT a constitué le premier jalon de l’histoire de la marque Sant-Agatha et n’a été produite qu’à 247 exemplaires (toutes versions confondues). Achetée neuve par André Trigano et affichant un kilométrage limité, cette pépite de l’histoire automobile est sans doute l’une des 400 GT les plus désirables du marché.

Présentée dans un état d’origine intouché, cette Rolls-Royce Phantom V Limousine James Young de 1962 affolera les collectionneurs. À sa sortie, la Phantom V était le modèle le plus prestigieux et le plus exclusif de la marque, celui qui était réservé aux chefs d’État, aux stars et aux plus aisés (la reine d’Angleterre en a connu deux officielles). Chaque exemplaire était exécuté selon les souhaits des clients et diffèrent donc légèrement dans la présentation ou la finition. Ce remarquable modèle du début des années 1960 est doté d’une finition extrêmement luxueuse, en particulier dans le compartiment arrière. Sur les quelque 823 Phantom V fabriquées de 1959 à 1968, seuls 217 exemplaires ont été carrossés par James Young, dont cette voiture. Autant de qualités qui ajoutent à sa rareté et à son prestige.

Une Renault 4 de 1967 peinte par Arman sera présentée avec seulement 875 km au compteur. Cette voiture unique a été personnalisée par le plasticien franco-américain à l’occasion d’un événement exceptionnel au profit de la Fondation pour la recherche médicale française. Comme à son habitude, l’artiste connu pour ses « accumulations » et ses « colères » n’a pas fait dans la demie-mesure : la Renault 4 est entièrement recouverte de dessins de Renault 4 et fait partie, en un sens, des toutes premières « Art Car », un genre rendu célèbre par Hervé Poulain.
« Je n'ai pas voulu transformer ma voiture en œuvre de musée. Elle reste utilisable par tous les temps. […] C'est ainsi qu'a été adoptée la décalcomanie, vernie et passée au four. Telle quelle, cette carrosserie est faite pour durer dix ans », avait déclaré l’artiste. Pari tenu, puisque cette œuvre semble avoir largement survécu à l’épreuve du temps. Un modèle d’exception pour les amoureux d’automobile et d’art.

André Trigano, porté par ses coups de cœur plus que par les tendances de l’époque, s’est également tourné vers des marques moins en vue, mais qui lui ont apporté plus de satisfaction. C’est le cas de cette Lancia B24 S Aurelia Convertible Pinin Farina, avec sa ligne à couper le souffle et sa tenue de route fluide, qui a été entièrement restaurée dans les ateliers de Trigano. « Je trouve cette Lancia extraordinairement belle et très en avance sur le plan technique », affirme le collectionneur. L’Aurelia était un modèle innovant dans l’histoire de la marque avec son moteur V6, le premier du genre installé sur une voiture de tourisme. Cette B24 S affiche 57 204 km au compteur et petite particularité, présente à l’arrière des feux Fiat 1500 Spider Pinin Farina des années 1950. Avis aux amateurs.
Si le nom Trigano vous semble familier, c’est sûrement grâce au célèbre slogan « Le camping, c’est Trigano ». En 1936, la famille a dessiné la fameuse tente Trigano pour une dame dont le mari travaillait chez Renault et qui souhaitait s’abriter à l’occasion des nouveaux congés payés. La passion d’André Trigano pour l’automobile, elle, s'est manifestée bien avant le succès familial. Suite à l’acquisition de sa première voiture après la Libération (une Citroën C4), Trigano a couru plusieurs rallyes, avant d’attraper le virus de la collection.

« Aujourd’hui je n’ai plus le courage de conduire et ne prends donc plus le volant le week-end comme j’en avais l’habitude. L’entretien de l’ensemble est exigeant et, donc, ces voitures que j’aimais tant risquent de rester statiques et de dépérir. Or une voiture qui ne roule pas, ce n’est plus une automobile, c’est un simple objet inanimé ». Le collectionneur souhaite transmettre sa passion en remettant ses trésors entre les mains de nouveaux propriétaires qui les chériront. « J'aimerais donner une autre vie à mes voitures. Il ne faudrait surtout pas qu'elles deviennent des objets inanimés ! »
La vacation évènement rendra hommage à une vie de collection et fera perdurer la passion en présentant l’un des ensemble les plus originaux et attachants de ces dernières années. Le 13 septembre à Gibel.



