Né en 1925 à Herencia (Ciudad Real), Agustín Úbeda étudie aux Beaux-Arts de San Fernando, avant de recevoir une bourse d’études de l’Institut Français et de la Fondation Juan March pour rejoindre la fameuse École de Paris. Au cours de sa scolarité, il effectue de nombreux voyages entre la capitale française et l’Espagne pour renforcer ses connaissances et découvre l’œuvre de nombreux artistes qui deviendront une source d’inspiration comme Marc Chagall, Eugenio Hermoso ou Joaquín Valverde Lasarte. C'est également à Paris qu'il s'éloigne de sa peinture de jeunesse (influencée par le style de son professeur Daniel Vázquez Díaz et de Benjamín Palencia) et s'imprègne du style baroque poétique et expressionniste qui identifie la peinture de Chagall et de Picasso.

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Fervent admirateur de Francisco de Goya, Úbeda développe progressivement des œuvres empreintes de lyrisme, de sensualité et d’ironie. Il est persuadé que la peinture est à la fois esthétique et intellectuelle et son style se fait si distinct qu’il ne peut être attribué à d’autres. Entre surréalisme et lyrisme, il adopte des éléments qui deviendront récurrents dans son langage plastique, comme les oiseaux ou les bâtiments juxtaposés. Ses natures mortes, ses portraits et certains de ses paysages sont construits, déconstruits, composés de blocs géométriques qui s'agencent harmonieusement dans des compositions colorées.

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Bien qu’il réside en France, il conserve une forte présence en Espagne et participe à de nombreuses expositions. En 1957, il reçoit le prix de la Jeune Peinture Française et le Grand prix de la Peinture de l’Académie des Beaux-Arts en 1982.
Certaines de ses œuvres ont figuré dans l’exposition « Ten Teachers » en 1992, un événement dédié à l'expressionnisme figuratif tenu à la galerie Orfila de Madrid. Le travail d’Úbeda fait aujourd’hui partie du patrimoine espagnol et ses toiles sont visibles dans de nombreux musées internationaux, de Madrid à San Diego, en passant par Paris et Genève.

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Les paysages représentent une part importante de son œuvre et sont parfois exécutés dans un style à part. En effet, le peintre confère à certains panoramas une atmosphère particulière, mystérieuse et presque inquiétante. Plaines vallonnées en premier plan, striées ou hachurées, peuvent laisser entrevoir un petit village au loin, tandis que le ciel menaçant occulte la lumière, voire les couleurs. La composition est traitée presque systématiquement comme une pyramide et donne l'impression qu'une pente vertigineuse sépare le spectateur de l'horizon. Lorsqu'elles sont présentes, les petites constructions des villages s'empilent et s’accumulent pour déboucher sur le clocher d’une église.

Úbeda enseigne à l’École de San Fernando avant d’être nommé professeur du département des Beaux-Arts en 1980, dont il deviendra le président en 1987. Le peintre s'est éteint au cours de l’année 2007, laissant derrière lui une œuvre importante pour le patrimoine espagnol.
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Version actualisée d'un article publié le 14 mai 2018




