6 lots à surveiller de près en mai

Le mois de mai nous réserve, comme chaque année, de belles surprises dans les salles de ventes. Parmi le florilège d’œuvres et d’objets d’art majeurs annoncé jusqu’ici, nous avons déniché quelques lots qu’il serait bon, pour diverses raisons, de surveiller de près.

6 lots à surveiller de près en mai

Amedeo Modigliani, Tête, 1911-1912

La réputation d’Amedeo Modigliani, maître de la sculpture moderne, repose presque uniquement sur une seule série d’œuvres, réalisée dans un élan de créativité, entre 1911 et 1914. Le corpus d’œuvres comprend près de 25 têtes taillées dans la pierre, que l’artiste a réalisé à Montparnasse, dans les années qui ont précédé la Première Guerre mondiale. Tête est un portrait captivant à la présence méditative, qui, comme les autres visages de la série, est empreinte d’une impression d’intemporalité et de calme. 

Cette œuvre de 1911-12 sera proposée chez Christie’s le 13 mai prochain lors de la vente d’art impressionniste et moderne. L’estimation se situe entre 30 et 40 millions de dollars.

Modigliani est le troisième sculpteur le plus cher au monde, derrière Brancusi et Giacometti, grâce à la vente d’une tête en pierre de 73 cm, adjugée chez Christie’s en 2014 pour 70,7 millions de dollars.

Amedeo Modigliani, Tête, 1911-1912, image © Christie's
Amedeo Modigliani, Tête, 1911-1912, image © Christie's

Louise Bourgeois, Spider, 1996

Il y avait longtemps que nous attendions l’apparition de l’une des célèbres araignées de Louise Bourgeois en salle des ventes. Une poignée de ses œuvres à huit pattes a été vendue en 2018, mais aucune d’entre elles n’égalait l’envergure et l’importance de Spider, une sculpture monumentale de 3.2 x 7,5 x 7 mètres qui sera adjugée chez Christie’s le 15 mai prochain, avec une estimation comprise entre 25 et 35 millions de dollars. 

Perchée gracieusement sur ses huit pattes dans une pose effrayante, Spider semble prête à attaquer à tout moment, tandis que l’un de ses membres s’étend vers l’avant, tâtant son environnement avec prudence afin d’atteindre sa proie. Déclenchant un panel d’émotions allant de rêverie enfantine à peur primaire, l’araignée est une création profondément personnelle pour Bourgeois, qui a associé l’arachnide à la figure maternelle.  

Bourgeois est la seconde artiste femme la plus cotée du marché (après Georgia O'Keeffe), l’une de ses araignées monumentales s’est envolée pour plus de 28 millions de dollars en 2015. Nouveau record en perspective ?

Louise Bourgeois, Spider, 1996, image © Christie's
Louise Bourgeois, Spider, 1996, image © Christie's

Pierre Legrain, Table de milieu, vers 1924

Le décorateur, illustrateur et ébéniste français Pierre Legrain s’est illustré dès le début des années 1920 dans un Paris régit par l’Art déco, en tant que décorateur principal des appartements du couturier Jacques Doucet, avant d’exposer au Salon des artistes décorateurs de 1921 et 1924. 

Il a contribué à l’aménagement du domicile de nombreuses personnalités, telles que Robert de Rothschild ou la princesse Grace de Grèce. Cette table de milieu, qui sera proposée par Artcurial le 21 mai prochain, est caractéristique de son corpus d’œuvres d’après 1921, soit après sa première participation au Salon des artistes décorateurs, et revêt des formes plus simples et géométriques, ainsi que des matériaux variés. 

Estimée entre 200 000 et 300 000 euros, elle provient de la maison de Marie Legrain (son épouse), et se compose de bois laqué, d’une dalle de verre bleu nuit, et d’un piètement à quatre jambes mi-cylindriques mi-hexagonales rehaussées de feuilles d’or blanc. 

Pierre Legrain, Table de milieu, vers 1924, image © Artcurial
Pierre Legrain, Table de milieu, vers 1924, image © Artcurial

Cecily Brown, Confessions of a Window Cleaner, 2000-2001

Cecily Brown, dont la cote se stationne à environ 6 millions de dollars suite à une adjudication chez Sotheby’s en 2018, reviendra le 16 mai prochain chez la maison britannique, et bousculera peut-être son classement. 

Confession of a Window Cleaner, une toile de 2000-2001, est l’incarnation même de l’univers de Brown, mêlant abstraction et allusions figuratives. Cette huile sur toile de 1,9 par 2,2 mètres prend son titre de la comédie érotique de 1974, réalisée par Val Guest, et témoigne du goût de Brown pour « l’art populaire dans sa vulgarité la plus pure ». 

À travers la sensualité avec laquelle Brown a recouvert la surface, l’œuvre évoque la présence de la figure humaine, avec ses rouges vifs, ses tons rosés, et ses riches nuances ocre, ce qui reflète parfaitement sa volonté de faire apparaître « une présence humaine sans avoir à la dépeindre complètement ». 

Cecily Brown, Confessions of a Window Cleaner, 2000-2001, image © Sotheby's
Cecily Brown, Confessions of a Window Cleaner, 2000-2001, image © Sotheby's

Cartier, cadre en néphrite de 1915

Ce cadre photo dérive de l’admiration de Louis et Pierre Cartier pour les créations de Fabergé, qui avait exposé une remarquable sélection d’objets décoratifs lors de l’Exposition Universelle de 1900 (à Paris). Les deux frères se sont donc inspirés du célèbre joaillier russe pour créer un objet d’art en harmonie avec les goûts du XVIIIe siècle. 

Avec ce cadre, le duo Cartier a su renouveler l’utilisation de matériaux orientaux et les fusionner avec les tendances artistiques et décoratives européennes. L’objet passera sous le marteau de la maison Phillips à Hong Kong le 27 mai, avec une estimation fixée entre 57 000 et 68 000 euros. 

Cartier, cadre en néphrite de 1915, image © Phillips
Cartier, cadre en néphrite de 1915, image © Phillips

Kehinde Wiley, Alegoria a lei do Ventre Livre, 2009

On termine avec Alegoria a lei do Ventre Livre, une œuvre de l’artiste américain Kehinde Wiley, qui a travers son travail, souhaite replacer l’homme noir au cœur de l’histoire. Wiley reprend des grands classiques de l’histoire de l’art et les recompose avec des personnages afro-américains imprégnés de culture hip-hop. 

En 2010, Wiley a réalisé le portrait de Barack Obama, qui est aujourd’hui conservé à la National Portrait Gallery de Washington. L’Hôtel des ventes genevois Piguet présentera, au cours de ses ventes de mai des 21, 22 et 23 mai, une huile sur toile de 2009 estimée entre 44 000 et 52 000 euros. 

Le record de l’artiste a été décroché en février dernier chez Phillips, avec Untitled (The World Stage : Brazil) pour 134 000 euros. 

Kehinde Wiley, Alegoria a lei do Ventre Livre, 2009, image © Piguet Hôtel des Ventes
Kehinde Wiley, Alegoria a lei do Ventre Livre, 2009, image © Piguet Hôtel des Ventes

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