La vente évènement de l’univers des Lalanne se tiendra en octobre prochain chez Sotheby’s. Les œuvres de leur résidence-atelier de Fontainebleau, réalisées par le duo et dont ils avaient choisi de s’entourer au quotidien, y seront proposées. François-Xavier et Claude Lalanne ont développé un univers atypique fondé sur une vraie complémentarité. Chouchous des grands créateurs de mode, artistes respectés et bien entourés (César, Magritte, Tinguely, Boubat et Nikki de Saint-Phalle comptaient parmi leurs amis), ils ont su s’imposer sur la scène artistique mondiale, tout en conservant simplicité et honnêteté dans leur pratique. Les formes végétales, animales et minérales ont dominé l’intégralité de leur œuvre, faisant émerger un vocabulaire plastique d’un nouveau genre.
1. Les moutons de François-Xavier sont une référence à Homère
Les célèbres Moutons de laine de François-Xavier sont en fait inspirés d’un passage de l’Odyssée, l’épopée grecque composée au VIIIe siècle av. J.-C. par Homère. Présentées à l’origine avec le titre Pour Polyphème, les sculptures de l’artiste font référence au moment ou Ulysse et ses camarades aveuglent le cyclope Polyphème et s’échappent de sa grotte en s’accrochant au ventre de son mouton géant.
2. Claude a inspiré l’album de Serge Gainsbourg
L’album L’Homme à tête de chou découle d’un coup de foudre de Gainsbourg pour une sculpture de Claude (du même nom), qu’il croise dans une galerie au hasard et achète sur le coup. La statue, un homme assis dans le plus simple appareil avec un chou à la place de la tête, lui a inspiré l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre, un album sorti en 1976 acclamé par la critique.

« J’ai croisé L’homme à tête de chou à la vitrine d’une galerie d’art contemporain. Quinze fois je suis revenu sur mes pas puis, sous hypnose, j’ai poussé la porte, payé cash et l’ai fait livrer à mon domicile. Au début il m’a fait la gueule, ensuite il s’est dégelé et m’a raconté son histoire. Journaliste à scandale tombé amoureux d’une petite shampouineuse assez chou pour le tromper avec des rockers. Il la tue à coups d’extincteur, sombre peu à peu dans la folie et perd la tête qui devient chou… ».
Claude Lalanne, quant à elle, avait commenté : « Ça faisait à peine cinq jours que je l’avais terminée et déjà elle partait. J’étais ravie que ce soit lui qui l’achète parce que je l’admirais beaucoup. Plus tard, il m’a téléphoné pour me demander si j’accepterais qu’il mette la statue sur la pochette de son prochain album. J’étais d’accord et, pour me remercier, il m’a invitée au studio d’enregistrement pour me faire écouter l’album L‘Homme à tête de chou avant qu’il ne sorte ».

3. L’art des Lalanne était pensé pour être utilisé
Pour les Lalanne, l’art devait faire partie du quotidien. C’est cette idée qu’ils ont, dans leurs œuvres communes comme dans leurs sculptures personnelles, essayé de retranscrire. Leurs créations étaient donc à la fois sculpturales et fonctionnelles, jusqu’aux moutons de François-Xavier, qui peuvent servir de tabourets. « J’ai pensé qu’il serait amusant de remplir ce grand salon avec un troupeau de moutons », avait-il confié, « il est, après tout, plus facile d’avoir une sculpture dans son salon qu’un vrai mouton, et c’est encore mieux si on peut s’asseoir dessus ».

4. François-Xavier descendait de la vodka avec Brancusi
À son arrivée à Paris, à l’âge de 18 ans, Francois-Xavier installe son studio impasse Ronsin, dans le quartier bouillant des artistes parisiens. Il rend régulièrement visite à son voisin, Constantin Brancusi, avec une bouteille de vodka et un paquet de cigarettes. Brancusi le présente au cercle des surréalistes, et aura une grande influence sur son œuvre, au même titre que Man Ray et Max Ernst. Claude et François-Xavier se sont rencontrés lors de l’une des expositions de Brancusi, en 1952.
5. Leurs premières œuvres ont été très critiquées
« Il nous ont complétement ignorés. Pour eux, créer des sculptures qui ont une utilité était insensé ». La critique n’a pas toujours été tendre avec les Lalanne, comme l’a souligné Claude en 2013 à propos de leur première exposition. Bien que leurs premières œuvres n’aient pas été reçues chaleureusement, le couple d’artiste a toujours refusé de se plier aux normes du monde de l’art. Une décision qui leur a bien servi, car seulement quelques années plus tard, leurs œuvres atypiques avaient envahi les galeries et remplissaient les pages des magazines.

6. François-Xavier était gardien au Louvre
Le premier travail de François-Xavier à son arrivée à Paris était au Louvre. Il y était gardien, et passait son temps à étudier les artefacts égyptiens conservés dans les collections. Les statues de rhinocéros, de babouins, de chats ou encore d’hippopotames ont grandement influencé son travail.

