Une peinture murale, découverte lors de travaux de restauration de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, a révélé un dessin présumé de la main du peintre et graveur allemand Albretch Dürer, réalisé au-dessus de la porte de la boutique de souvenirs. Si le croquis est authentifié, il permettra aux historiens d’ouvrir un nouveau chapitre dans la vie de l’artiste, qui n'était jusque-là pas connu pour avoir visité Vienne. La cathédrale gothique a été construite entre 1137 et 1160.

Dissimulé sous un amoncellement de poussière et de saleté, le croquis a été examiné par les experts, qui ont pu dater sa création en 1505. L'œuvre a été réalisée sur du plâtre humide et prend la forme d'un triptyque dont l'aile gauche illustre Sainte Catherine, la droite, Sainte Marguerite, tandis que Léopold III duc d'Autriche figure au centre. Ce dernier était, comme les deux autres sujets représentés, un saint patron en Autriche. Sous les trois personnages, le cadre de l'autel apparaît. D’après les experts, la représentation de Léopold III, ainsi que le cadre inférieur, auraient été réalisés par un artiste différent vers 1510.
La présence de Dürer en Autriche était encore inconnue des spécialistes, et ouvre une nouvelle parenthèse sur son histoire. En outre, on ne sait toujours pas pourquoi Dürer n'a pas achevé le croquis, dont la silhouette des personnages est simplement esquissée. Erwin Pokorny, l'un des experts, n’écarte pas l’hypothèse que son cercle ou son atelier puissent être à l’origine des dessins. D’abord sceptique à cause de l’improbable présence du maître allemand à Vienne, qui n’a jamais été documentée, l’expert a affirmé après un examen attentif que cette œuvre ne pouvait être que de la main de Dürer.

La seule fresque déjà connue de Dürer, achevée en 1521, se trouvait à l'hôtel de ville de Nuremberg mais n’a malheureusement pas survécu à la Seconde Guerre mondiale. Selon Pokorny, la question n'est plus de savoir si Dürer s'est bien rendu à Vienne, mais plutôt quand. L’expert suggère que Dürer a profité d’un voyage entre Nuremberg et Venise en 1505 pour rendre visite à son ami Conrad Celtis, un humaniste résidant dans la capitale autrichienne.

Beaucoup de questions se posent encore sur le rôle de Durer dans la réalisation de la fresque, et sur sa présence non-documentée à Vienne. Les recherches se poursuivent et seront publiées plus tard cette année dans la revue d'art et de conservation d'Autriche. La boutique de souvenirs pourrait également être déplacée pour permettre aux visiteurs d’admirer cette découverte.
