Après plusieurs restaurations échouées ayant causé des dommages considérables à des œuvres historiques, les conservateurs et défenseurs du patrimoine espagnol ont exprimé leurs inquiétudes sur le manque de régulations dans le domaine.
Après l’Ecce Homo, la statue de Saint-George et la Vierge Marie de juin dernier, une nouvelle œuvre vient de faire les frais d’un amateur : la statue d’une jeune femme, apposée à la façade d’une banque de Palencia depuis 1923, arbore un nouveau visage plus que douteux.

Antonio Guzmán Capel, un artiste peintre local, a publié une photo de l’œuvre sur ses réseaux sociaux en s’interrogeant sur l’identité du responsable. L’image n’a pas tardé à faire le tour du Web, attirant l’attention de l’Association espagnole des professionnels de la conservation et de la restauration (ACRE).
La statue, qui regardait autrefois les passants de la Calle Mayor en souriant, a des traits méconnaissables, un nez tordu et des orifices placés au niveau du front en guise de regard. Selon l’ACRE, « ce travail n’a pas été effectué par des conservateurs professionnels, mais par des personnes non qualifiées, sûrement des maçons ».

Les qualificatifs « tête de patate » et « personnage de dessin animé » ont déjà été utilisés par les médias, et si la situation a un aspect comique, elle démoralise les experts qui réclament, une fois encore, la mise en place de lois par l’État pour encadrer les restaurations futures. Aujourd’hui, la loi espagnole autorise quiconque souhaite se lancer dans la restauration d’une œuvre jugée désuète, au risque de l’endommager définitivement.
L’identité du responsable de ce nouveau scandale demeure inconnue.
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