Un beau catalogue de tableaux anciens comprenant des œuvres de grande qualité, dans certains cas inédites sur le marché, sera dispersé le 21 septembre 2021 à Gênes. Cet ensemble de peintures, parfait tant pour les nouveaux acheteurs que les collectionneurs chevronnés, sera présenté par la maison de ventes Wannenes.

Dans cette représentation de Jupiter (lot 125) peinte dans la première moitié du XVIIe siècle (entre la quatrième et la cinquième décennie), par un artiste probablement formé en France et familier de la scène artistique italienne, nous observons un style caravagesque véhiculé par une sensibilité classique d'origine bolonaise. L'attribution du tableau par le collectionneur à Philippe de Champaigne (Bruxelles, 1602 - Paris, 1674), a été jusqu’ici impossible à confirmer, mais permet néanmoins d'offrir un contexte culturel.

C’est à un peintre français du XVII-XVIIIe siècle que l’on doit cette belle toile représentant Philémon et Baucis (lot 151) qui, en plus d'être bien conservée, présente une excellente qualité dans le traitement des figures, des natures mortes et du décor, le tout enveloppé par une douce luminosité. Le thème représente l'épisode mythologique de Philémon et Baucis, tirée des Métamorphoses d'Ovide, une histoire à la gloire de l'hospitalité et de l'amour conjugal. Autrefois attribuée à Adam Elsheimer (Francfort-sur-le-Main, 1578 - Rome, 1610), l'œuvre fait preuve d'une précision à la flamande mais évoque aussi le réalisme des frères Le Nain, suggérant la signature d'un artiste de l'école française.

Le Titien a produit d'innombrables tableaux représentant Marie-Madeleine, combinant les idéaux classiques avec l'idée de la beauté féminine dans une image d'un impact émotionnel extraordinaire. Cette toile représentant la figure pieuse, réalisée par un peintre vénitien travaillant peut-être dans l'atelier de Titien, reprend la version que le maître a peinte entre 1530 et 1535 pour le duc d'Urbino Francesco Maria della Rovere (maintenant conservé à la Galleria Palatina de Florence), mais avec une coiffe plus ordonnée et une seule main reposant sur sa poitrine (lot 165).

Ce Portrait d’un homme de Luciano Borzone (Gênes, 1590 - 1645) est extrêmement fascinant : l'artiste y réalise une composition d'une extraordinaire modernité en représentant le sujet avec le regard détourné, comme si quelque chose ou quelqu'un avait capté son attention (lot 193, estimation), transgressant ainsi la règle iconographique de la célébration du sujet, dans la lignée du portrait de Vélasquez et de sa capacité à saisir l'homme en tant que tel. Le critique d’art Vittorio Sgarbi a même comparé le portrait présenté ici avec celui de Francesco Righetti peint par Guercino entre 1626 et 1628.

Une Annonciation intéressante datée de la neuvième décennie du XVIe siècle, d'abord attribuée à Annibale Carracci (Bologne, 1560 - Rome, 1609) puis à Ludovico Carracci (Bologne, 1555 - 1619), manque aujourd’hui d'une signature certaine. Les historiens sont en quête de preuves documentaires, d’une histoire de provenance ou de dessins préparatoires permettant de l'attribuer à la main de l'un des Carracci. La difficulté philologique est dictée par le fait que, dans ces années-là, Annibale, Ludovico et Agostino travaillaient en étroite collaboration et se remplaçaient souvent. La découverte de cette œuvre, qui suggère une genèse romaine, est donc d'un grand intérêt (lot 310).

Parmi les lots à ne pas manquer, il convient de mentionner la merveilleuse Nature morte avec bassin en argent et fleurs, cerises, prunes et grenade, qu'Alberto Cottino a attribué à Abraham Brueghel (Anvers, 1631 - Naples, 1697) (lot 311). Les caractéristiques de cette œuvre datant de la fin du XVIIe siècle sont l'exubérance décorative baroque, la représentation précise des fruits d'origine nordique et le cadre extérieur, typique de la nature morte capitoline de la seconde moitié du XVIIe siècle.



