Sotheby’s a dispersé la collection de l'héritière et collectionneuse allemande Erika Pohl-Ströher, qui se composait majoritairement de tableaux anciens et de portraits miniatures. Comprenant 193 lots, la vacation a totalisé 3,8 millions d’euros.
Le coup de marteau le plus surprenant de la vente concerne une peinture de l’artiste et religieuse Orsola Maddalena Caccia, une nature morte aux oiseaux représentant des volatiles et leurs aliments préférés (escargots et insectes) sur un fond brun. Présentée avec une estimation entre 11 000 à 17 000 euros, l’huile sur toile a fait l’objet de 49 offres et s’est finalement envolée pour 244 000 euros.

Outre la différence entre son estimation et son prix d’adjudication (supérieur de 500 %), ce résultat pulvérise également le record de Caccia de manière significative : Vases de fleurs sur une table, son œuvre la plus chère jusqu’à la semaine dernière, avait atteint 32 500 euros en 2016, chez la maison viennoise Dorotheum.
Orsola Maddalena Caccia (1596-1676) était une représentante du maniérisme, un courant artistique qui cherchait à rompre délibérément avec l'exactitude des proportions, la réalité de l’espace ou l'harmonie des couleurs. Née Theodora Caccia du peintre Guglielmo Caccia, elle a passé son enfance à Moncalvo, dans la région du Piémont. Après son entrée au couvent des Ursulines de Bianzè en 1620, aux côtés de ses cinq sœurs, elle a reçu le nom d'Orsola Maddalena. Ce n’est que lorsque son père a fondé un nouveau couvent à Moncalvo qu’elle est retournée sur son lieu de naissance, où elle est devenue abbesse.

Orsola Maddalena Caccia s’était initiée à la peinture dans l’atelier de son père. À la mort de ce dernier, quelques mois après la fondation du couvent de Moncalvo, ses filles ont hérité de son matériel de peinture, mais seule Orsola Maddalena est devenue une artiste à succès.
Elle est surtout connue pour avoir réalisé des scènes religieuses et des natures mortes, deux genres qui étaient perçus comme les plus acceptables pour une femme artiste au XVIIe siècle.
À lire également : Artemisia Gentileschi, entre souffrance et passion

Les toiles de Caccia sont très rares sur le marché des enchères, et le sujet des oiseaux dans son corps de travail l’est encore plus. L’apparition de cette œuvre unique, couplée au regain d'intérêt pour les maîtres anciens et les femmes artistes observés récemment, expliquent ce nouveau prix record.
Retrouvez toute l’actualité du monde de l’art et des enchères ici !



