La maison Artcurial vous invite à Marrakech ce samedi 28 mai pour la deuxième édition d'« Un Printemps Marocain », une vente en deux chapitres où les grands noms de l'orientalisme rejoindront les artistes modernes et contemporains de l'Afrique septentrionale. Partons à la découverte de cette région du monde au travers de l’Histoire de l’art.

L’orientalisme est un courant littéraire et artistique né au XVIIIe siècle en Europe occidentale et qui s’est poursuivi longtemps après. Ce mouvement s’inspire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, un ailleurs imaginé ou visité que les artistes représentent sous tous les styles possibles. L’un de ces artistes est le peintre français Eugène Girardet, qui a visité le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et bien d’autres pays. Campement nomade, Biskra (1879) a ainsi été inspiré de ses nombreux voyages. Le savoir-faire dont témoigne cette huile sur toile est le même qui a permis à Girardet d’être exposé au Salon de Paris et à l’Exposition universelle de 1900, ses œuvres sont par ailleurs conservées dans divers musées, dont le musée d’Orsay.

Repos à l'ombre, Bou-Saâda (1888) est une huile sur toile témoignant de la précision et de la maîtrise du peintre Étienne Dinet, les tons doux et chauds répliquant une scène plus vraie que nature. Étienne Dinet est un autre peintre orientaliste très influent de son époque. Il a passé la majorité de sa vie en Algérie et s’est converti à l’islam, après quoi il a adopté le nom de Nasr ad Dine. Il a acquis une très grande renommée ces dernières années, notamment pour son superbe coup de pinceau et son travail de la lumière donnant naissance à des tableaux débordant de vie.

Jacques Majorelle est un autre peintre orientaliste français plus tardif. Il s’installe à Marrakech (sa villa Majorelle étant d’ailleurs très connue), amoureux du pays et souhaitant lui rendre hommage, il cherche l’authenticité plutôt que l’exotisme. À partir des années 1930, il produit de nombreux nus de personnes noires, comme ici, avec Les amies endormies (environ 1933-1934). Il est reconnu pour ce type de peintures et sa façon de traduire les tons de peaux au moyen de rehauts métalliques. Trois autres peintures de Jacques Majorelle figurent également au catalogue.

L’orientalisme a traversé les âges et se rencontre même dans la peinture de Jacques Azema, artiste français qui a passé la majeure partie de sa vie au Maroc et qui s'est principalement illustré pour ses gouaches. Ses traits géométriques et ses aplats de couleur créent un espace étrange où l’ombre et la lumière sculptent les corps semblables à des statues, et on y constate une ressemblance avec le travail de Chirico. Enfin, c’est la sensualité des corps qui domine ses peintures, comme avec cette gouache sur carton de 1971, Hammam.
Quittons les peintres orientalistes pour nous tourner vers les peintres contemporains marocains. Innovateurs et émérites, ceux-ci repoussent les limites de l’art contemporain.

Jilali Gharbaoui est un peintre marocain non-figuratif. Influencé par l’impressionnisme et l’expressionnisme allemand, il s'est rapidement tourné vers l’abstrait. Il reçoit le Premier Prix lorsqu’il est exposé au San Francisco Museum of Modern Art, voyage au Japon, en Allemagne et au Mexique et rencontre les informels par le biais d’Henri Michaux. Cette huile sur toile Sans titre de 1966 est représentative de son œuvre : les gestes du pinceau, la couleur, le rythme de la peinture illustrent une quête perpétuelle de la lumière, comme dans les toiles hollandaises qu’admirait l’artiste. Les mouvements imprégnés d’un sentiment puissant rappellent également l’état mental fragile de l’artiste, qui influençait également son processus créatif.

Enfin, terminons par le nom incontournable de l’art contemporain marocain, Mohamed Melehi. Son voyage aux États-Unis lui fait découvrir l’art optique et c’est là qu’il change totalement sa palette de couleur et intègre la « figure de l’onde », sa marque de fabrique. La peinture Flamme de 1969 représente une part de l’Histoire de l’art inestimable puisqu’elle retrace un moment important dans la carrière du peintre : elle marque le début de sa célèbre série des Flammes. Cette série de peintures concentre l’essence de son œuvre et cette peinture « inaugurale », une œuvre unique et exceptionnelle, apparaît pour la première fois aux enchères. « Nous sommes très heureux de présenter cette œuvre historique et muséale de Mohamed Melehi, Flamme, réalisée en 1969 et restée inconnue du public jusqu’à ce jour », a commenté Olivier Berman, Directeur d'Artcurial Maroc.
Ne manquez pas cette deuxième édition très attendue d'« Un Printemps Marocain », le 28 mai à l'hôtel La Mamounia, à Marrakech.



