La collection assemblée par les membres de l’éminente famille Rothschild, et en particulier par le Baron Gustave de Rothschild, sera dispersée en 57 lots chez Christie’s. Comprenant des œuvres d’art, des peintures anciennes et du mobilier à la provenance exceptionnelle, la collection a été conservée dans les diverses résidences de la famille.
La vente reflète « le goût Rothschild », une esthétique qui a influencé de nombreux intérieurs européens et américains depuis le XIXe siècle, et qui fait perdurer la tradition de la collection établie au temps de la Renaissance et de l’ère Baroque.
« Le nom Rothschild est synonyme de collection de haut niveau, beaucoup d’œuvres parmi les plus importantes au monde ont une provenance Rothschild. Leur illustre nom s’ajoute à ceux des extraordinaires propriétaires de ces chefs-d'œuvre, de Louis XV à Marie-Antoinette, et de William Beckford au prince Demidoff. Cette vente est une commémoration du savoir-faire et de la collecte passionnée, et nous sommes très fiers que ces chefs-d’œuvre nous aient été confiés », a déclaré Charles Cator, le président de Christie’s International.

Un bureau en acajou à dorures, commandé spécialement par la reine Marie-Antoinette, sera l’un des chefs-d’œuvre présentés lors de la vente. Cette table à écrire datée aux environs de 1780 porte la marque du garde-meuble de la reine, qui a été apposée sur toutes ses pièces de mobilier personnelles après 1784.
L’objet aurait été commandé pour le Petit Trianon, aussi considéré comme son « palais des plaisirs », un bâtiment à l’écart des fastes de la cour que la reine s’est attelée à décorer selon ses propres goûts, et dans lequel se tenaient des fêtes excessives aux mœurs discutables.

Pour la création de ce bureau, et de beaucoup d’autres pièces de mobilier de la cour, Marie-Antoinette a fait appel à Jean-Henri Riesener, un ébéniste français d’origine allemande connu pour ses décors riches et son utilisation de bronzes dorés d’une grande finesse. C’est Riesener, avec l’aide de l’intendant du Garde-Meuble de la Couronne, Pierre-Élisabeth de Fontanieu, qui a fait évoluer le style Louis XV vers le style Louis XVI.
Reçu maître en 1768, Riesener commence à fournir la famille royale (en particulier Marie-Antoinette) de ses meubles de style néo-classique l’année suivante. Il est nommé « ébéniste ordinaire du roi » en 1774, et travaillera pour la cour jusqu’en 1784. L’ébéniste s’illustre surtout pour ses commodes, qui prendront le nom de « Commodes Louis XVI de Riesener », bien que sa production comprenne diverses créations remarquables. Comme en témoigne le bureau de Marie-Antoinette, Riesener traitait toutes ses pièces comme de véritables œuvres d’art, dessinant lui-même les bronzes et ornementations, qui par leur finesse et leur qualité d’exécution, relèvent presque de l’orfèvrerie. Le bureau royal possède une estimation haute d’un million de livres sterling.

La collection comprend également une exceptionnelle paire de cabinets en marqueterie flamands, commandés à Anvers en 1713 pour le deuxième fils du Grand Dauphin et petit-fils de Louis XIV, le roi Philipe V d’Espagne. Ces deux exemplaires font partie d’un ensemble de quatre cabinets commandés pour le souverain espagnol à l’atelier d'Henrick Van Soeast, l’un des fabricants les plus prestigieux de Flandres, qui travaillait dans le respect des traditions de la marqueterie néerlandaise.
Les deux cabinets en écaille de tortue aux dorures époustouflantes sont estimés entre 1,5 et 2,5 millions de livres.
Image d'en-tête : © Myrabella / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0
