La maison parisienne Rossini met l’accent sur l’art ancien avec une belle vente de tableaux, mobilier, instruments de musique et objets d’art. Le catalogue totalise 216 lots parmi lesquels on retrouve des œuvres de Floris van Schooten, Ary Bitter et même du luthier Louis Nicolas Vissenaire. Tour d’horizon.
Tableaux anciens
La vacation s’ouvrira sur un ensemble de 65 tableaux et œuvres graphiques des écoles flamandes et hollandaises, espagnoles, italiennes et françaises, avec un accent particulier pour les écoles du nord.

Floris van Schooten est un peintre néerlandais du siècle d’or très prolifique (il a produit une centaine d'œuvres entre 1617 et 1644), surtout connu pour ses peintures de natures mortes. Il a prêté ses lettres de noblesse au genre de la nature morte culinaire, aussi appelé « Banketje », dépeignant des compositions de fruits et de légumes, d’ingrédients frais prêts à être cuits ou des restes de repas manifestement bourgeois. À travers ses diverses œuvres, van Schooten a permis aux historiens d’acquérir une meilleure compréhension des techniques culinaires hollandaises du XVIe siècle.
Nature morte aux fruits sur un entablement, qui sera présentée lors de la vente, est une composition qui constitue un travail caractéristique de l’artiste et qui aurait été peint à Harlem entre 1630 et 1640. On peut la rapprocher de trois toiles actuellement conservées au Rijksmuseum d’Amsterdam, au Château Royal de Warsaw, et dans la collection Hohenbuchau du Musée Liechtenstein.

L’école flamande sera représentée avec (entre autres) une composition du XVIIe siècle reprenant La Vierge allaitant l’Enfant, l’une des variantes iconographiques de la peinture chrétienne du thème de la Vierge à l’Enfant. Cette représentation, où la Vierge est immortalisée dans un moment d’intimité, a été exploitée par de très nombreux peintres, dont la production comprend des centaines d'œuvres.

Diane et ses nymphes au repos surprises par des satyres est une huile sur cuivre attribuée à Jan Brueghel Le Jeune et au peintre et décorateur de mobilier flamand Hendrick van Balen. Les deux artistes ont travaillé ensemble pour la première fois en 1620, avant que Brueghel n'entreprenne son voyage en Italie en 1622, qui sera écourté par la mort de son père lors de l'épidémie de choléra de 1625. Van Balen, également passé par l’Italie, a ouvert son atelier de gravure à Anvers.
Lorsque le partenariat entre les deux artistes reprend, van Balen produit certaines des œuvres de Brueghel dans son atelier et ils travaillent ensemble sur d’importantes compositions. Leur collaboration a pris fin en 1632, à la mort de van Balen. On leur connaît par exemple Massacre des enfants innocents, une huile sur toile pour laquelle van Balen a réalisé les personnages, tandis que Brueghel Le Jeune a placé la scène dans un village flamand contemporain.
L’œuvre présentée ici reprend une composition de même dimension réalisée par van Balen et Brueghel l’Ancien, conservée au musée de Dresde.

Petit tour du côté de la France avec une huile sur toile de l’école de Philippe Champaigne, peintre et graveur classique français d'origine brabançonne. La Sainte Face à la couronne d’épines était l’un des thèmes de prédilection de l’artiste, qui a réalisé pas moins de cinq compositions sur la Sainte Face du Christ, ainsi qu’une version similaire à celle de la vente, cette fois-ci réalisée sur bois et dans des dimensions légèrement plus petites.
Arts décoratifs
La catégorie des Arts décoratifs sera consacrée à la production du XXe siècle et comprendra des œuvres de Jacques Adnet, Émile Monier, Ary Bitter, Jean Rouppert ou encore Edmond Lachenal.

À commencer par une paire de serre-livres du sculpteur français Ary Bitter. Réalisée en bronze à patine vert antique nuancée et posée sur une base en acajou, la paire de pachydermes a vu le jour vers 1939, alors que l’artiste reçoit une commande importante du Fond National d’Art Contemporain pour trois gargouilles destinées à une fontaine monumentale à Pithiviers.
Bitter a reçu la médaille d’argent au Salon des Artistes Français de 1921 et la médaille d'or en 1924.

Il convient de noter un motif décoratif en céramique à décor de la déesse Junon exécuté par Edmond Lachenal et J. Costet. Le céramiste Lachenal, né dans la seconde moitié du XIXe siècle, s’est démarqué pour son innovation technique et pour avoir mis au point un type d’émail mat aux tons pastels, veloutés et givrés. La qualité exceptionnelle de ses créations n’était pas seulement perceptible dans les expositions ou les articles de presse, mais à travers l’acquisition de ses travaux par d’autres grands artistes de son temps.
Haute époque
La spécialité Haute Époque comprend 22 lots, dont plusieurs sculptures religieuses en bois. Parmi elles, se distingue un élément de retable d’une mise au tombeau, réalisé en Allemagne du Nord à la fin du XVI siècle.

Sur la pièce en chêne sculpté et polychromé, le corps du Christ est déposé dans le tombeau par Joseph d'Arimathie et Nicodème de part et d'autre de la Vierge, qui tient la main de son Fils. Derrière elle se tiennent Saint-Jean et les trois saintes femmes.
Instruments de musique
On termine ce tour d’horizon avec une réalisation de Louis Nicolas Vissenaire. Violoniste et luthier à Lyon, fils cadet de Louis Vissenaire I, Louis Nicolas a repris l'affaire de son père avec son frère aîné, Louis Vissenaire II, vers 1870. Les œuvres signées des frères Vissenaire présentent un travail sensiblement supérieur à celui de leur père, et leur vaudront le titre de Luthiers du Conservatoire. Rossini aura le plaisir de présenter un beau violon daté de 1871, soit aux débuts de Louis Nicolas dans l’atelier familial.

La sélection d’instruments se compose de 47 lots, avec une grande majorité d’instruments à cordes, d’archets, ainsi que d'une clarinette et d'un saxophone.
La vente se déroulera le 8 avril à 14 h à la Salle Rossini, sous réserve du maintien de l’autorisation du gouvernement. Pour toutes les informations relatives aux mesures de sécurité sanitaire en vigueur, nous vous invitons à consulter le site de la maison de ventes.



