Richard Orlinski au cœur d’une affaire de fraude fiscale

L’artiste contemporain Richard Orlinski, sculpteur des stars, a été accusé de fraude fiscale par son ancien collaborateur. Une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravé » a été ouverte par le Parquet national financier.

Image © ArtLife
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Chouchou du show-business, l’artiste, DJ et humoriste Richard Orlinski a séduit grâce à ses œuvres animalières en résine ultra-colorée, qui lui ont valu le surnom de « sculpteur des stars ». Sa popularité dans le milieu de l’art contemporain, en revanche, n’a pas toujours été au zénith. Accusé de contrefaçon par plusieurs artistes, Orlinski avait été condamné en 2010 pour avoir contrefait une table lumineuse d’Yves Klein, et relaxé en 2014 de parasitisme. 

Selon Le Parisien, le sculpteur français Richard Orlinski est une nouvelle fois au cœur de la tourmente : les accusations de son ancien collaborateur, Antony Gébrier, ont poussé le Parquet national financier (PNF) à ouvrir une enquête préliminaire sur l’artiste pour « blanchiment de fraude fiscale aggravé ». Gébrier, personnage trouble et agent d’Orlinski de 2009 à 2017, aurait fourni des documents bancaires et des échanges de courriels aux autorités pour appuyer ses dires. 

Image via journalduluxe.fr
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Début juillet, la galerie, les bureaux, le domicile et la banque de l’artiste ont fait l’objet d’une perquisition par l’Office central de la lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales.

L’ex-collaborateur affirme avoir racheté la société Rigurosa, situé en Espagne, pour le compte d’Orlinski, et d’y avoir ouvert un compte en banque. Cette entreprise de décoration aurait servi de société écran, recevant de nombreux virements depuis deux autres entreprises de Richard Orlinski. Cet argent, toujours selon les accusations de Gébrier, aurait servi à acheter des lingots d’or auprès d’une firme belge, lesquels auraient été transportés à Paris, puis échangés contre des espèces. Cette opération aurait permis à l’artiste d’éviter l’imposition française sur plusieurs milliers d’euros. 

Seul bémol, pour avoir contribué à ces pratiques frauduleuses, l’agent encourt lui-même des poursuites. Gébrier a participé, pendant près de 7 ans, à la commercialisation des œuvres du sculpteur à travers une société appelée St’Art Gallery, devenant partie prenante du système d’évasion fiscale qu’il dénonce, a rapporté Le Parisien. Selon l’avocat de l’artiste, Me Patrick Klugman, Richard Orlinski est victime de chantage : il aurait été menacé par son ancien « apporteur d’affaires » de révéler des informations confidentielles sur son activité professionnelle. L’avocat se dit prêt à contre-attaquer. 

Image © Château des Pères
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« La collaboration entre mes clients et Antony Gébrier a duré peu de temps et s’est avérée ruineuse » a commenté l’avocat, avant de poursuivre, « celle-ci a consisté à tenter de gérer un individu qui s’est rapidement révélé affabulateur et maître chanteur. Il n’y a pas un mot exact dans les divagations dont Antony Gébrier a souhaité se servir pour se faire remettre d’importantes sommes d’argent. Faute d’avoir réussi, il a été les dénoncer de manière calomnieuse à l’autorité judiciaire ». 

Après plusieurs accrocs en 2017, les deux protagonistes avaient signé un protocole à Paris le 1er mars 2018. Antony Gébrier, qui se sentait lésé sur certaines ventes passées, avait alors reçu 928 453 euros de compensation pour la commercialisation des œuvres, dont pour solde de tout compte, une sculpture panthère estimée à 195 000 euros. Le document stipule également que l’apporteur d’affaires s’engage « à ne jamais divulguer aucune information sur la situation personnelle et professionnelle » de l’artiste. 

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