Rassemblée sur plusieurs décennies par un couple de passionnés dans les années 1980 à Florence, une remarquable collection de peintures de maîtres sera présentée chez Rossini le 9 juin prochain. L’ensemble comprend près de 70 tableaux des écoles italiennes et flamandes, dont des peintures religieuses, des natures mortes et des paysages retraçant deux siècles d’histoire. Tour d’horizon.

Premier lot majeur, ce portrait de Martin Luther signé par l’atelier de Lucas Cranach l’Ancien, peintre et graveur de la Renaissance allemande. Cranach et Luther étaient des amis intimes (chacun était d’ailleurs le parrain des enfants de l’autre), et Cranach, converti à l’idéologie luthérienne, a activement participé à la création de l’iconographie protestante. La figure du célèbre théologien et professeur est apparue plusieurs fois dans l’œuvre du peintre, comme en témoignent le tableau de la vente ainsi que les portraits réalisées autour de 1520-1525 à l’exemple de celui conservé au musée de Bâle.

Giovanni Pietro Rizzoli, dit Giampietrino, était un élève de Léonard de Vinci qui a largement contribué à la diffusion du travail de son maître en réinterprétant nombre de ses compositions. On lui connaît notamment une copie de La Cène, conservée à la Royal Academy of Arts de Londres, ainsi qu’un Salvator Mundi autrefois attribué à De Vinci. Artiste très prolifique, Giampietrino a produit de nombreux retables et madones similaires à cette Marie-Madeleine repentante, qui sera présentée le 9 juin.

Plus rare dans la sélection, cette superbe scène mythologique à l'atmosphère caravagesque attribuée à Pietro Paolini, actif à Venise et à Rome au XVIIe siècle. La toile reprend le thème d’Hercule et Omphale, que l’on retrouve notamment dans un célèbre tableau de Rubens (1603). Hercule, condamné à une année de servitude par l’oracle de Delphes, est acheté comme esclave par Omphale, et effectue à son service de nombreux exploits pour nettoyer le royaume des monstres. Il existe plusieurs interprétations de leur amour, et le détournement de la figure héroïque d’Hercule, une réflexion sur l’inversion de la domination homme/femme, a fasciné bon nombre d’artistes.

Ce Portrait en buste de gentilhomme est de la main du peintre modénois de la Renaissance tardive, Nicolò Dell’Abate. Formé par le sculpteur Antonio Begarelli, puis élève et collaborateur d'Alberto Fontana, Dell’Abate s’est illustré pour ses décorations dans sa région, faisant preuve d’une grande originalité dans le paysage et la scène de genre. Plus connu en France sous le nom de Nicolas Labbé, l’artiste s’est fait un nom dans l’Hexagone au cours des années 1550, alors qu’il devient le principal collaborateur de Primatice à Fontainebleau. Il a travaillé, entre autres, sur la salle de bal, la galerie d'Ulysse, la chapelle de Guise ou encore la chambre du roi. Les œuvres qu’on lui connaît aujourd’hui témoignent, en dépit de l’influence de son collègue, d’un don personnel pour le paysage et le traitement de la couleur. Il reste aux yeux des historiens l’une des personnalités dominantes de l'école de Fontainebleau.
Les amateurs pourront également retrouver les œuvres de Jacopo Confortini, Balthasar Wigand, Joost de Momper ou du Tintoret. La vacation comprendra une belle sélection de dessins, de mobilier ancien et d’objets d’art décoratifs. Le 9 juin à 14h.

La journée du vendredi 12 juin sera étincelante : un catalogue de bijoux, de montres et d’argenterie comprenant un total de 192 lots sera présenté à 14h30. La vacation s’ouvrira sur un ensemble de bijoux du XIXe siècle, avant de poursuivre sur une somptueuse sélection de bagues en diamants, parmi lesquelles se démarque une bague en or jaune et platine ornée d’un diamant taille brillant pesant 5,37 carats.

La maison Marchak, fondée à Kiev en 1878, sera à l’honneur avec une remarquable bague de cocktail datée des années 1980. Cette merveille en or jaune et platine est flanquée d’un saphir rectangulaire de 13 carats dans un triple entourage de diamants taille brillant. Josef Marchak, a été, comme Fabergé, l’un des meilleurs joailliers de l’Empire russe et nommé Bijoutier de la Cour Impériale. La luxueuse maison a survécu à la révolution russe grâce à Alexandre Marchak, le fils de Josef, qui a fui le pays à la mort de son père pour établir ses quartiers à Paris, rue de la Paix. Profitant de l’énergie des années folles, Alexandre a intégré des collections inspirées du style art déco, de la faune et de la flore, qui sont devenues emblématiques de la griffe.

La maison Fabergé n’est d’ailleurs pas en reste, et ponctuera la vente avec une belle jardinière en argent portant le poinçon d’orfèvre « K. Fabergé » et la marque du privilège impérial. Conçue à Moscou entre 1908 et 1917, la jardinière repose sur quatre pieds griffe et comporte un décor finement ciselé de deux chevaux ailés, d’une guirlande végétales et de têtes de griffons.

À la frontière de l’horlogerie et de l’objet d’art, cette étonnante montre à coq Memento Mori est une véritable vanité à porter sur soi. Conçu dans le goût de la renaissance en forme de tête de mort, ce rare garde-temps est une représentation allégorique de la fatalité et des vacuités humaines. Le boîtier est orné de motifs bibliques représentant la nativité à l’intérieur, des scènes allégoriques à l’extérieur, tandis que le cadran présente des motifs feuillagés.

On termine avec un modèle de l’enseigne Chopard, une montre bracelet de smoking en or gris 18 carats et diamants. Le boîtier ovale abrite un cadran serti de diamants taille brillant.
Une saison d'enchères qui s'annonce bien pour la maison de ventes. Rendez-vous le 9 juin à 14h et le 12 juin à 14h30 pour découvrir le reste de la sélection concoctée par les experts. Retrouvez le calendrier des ventes sur le site de Rossini ou parcourez les lots sur Barnebys !
