C’est dans une capitale française en pleine effervescence que Christie’s à présenté la vacation Paris Avant-Garde, un florilège regroupant « le meilleur du XXe siècle » qui a attiré des collectionneurs venus des 5 continents et de 28 pays différents. La vente s’inscrit dans le cadre de la quatrième Christie’s FIAC Week Sales, un rendez-vous « aujourd’hui ancré dans le calendrier du marché de l’art », ont affirmé les experts.
Outre la dispersion d’une collection européenne privée et du passage de quelques œuvres majeures de Picasso, Zao Wou-Ki ou encore Soulages, les collectionneurs ont assisté à l’adjudication de Parc des Princes, une toile monumentale réalisée par Nicolas de Staël en 1952 qui s’est envolée pour 20 millions d’euros, établissant ainsi le nouveau record du monde de l’artiste.

Le tableau avait été conservé par les descendants du peintre depuis sa mort en 1955 et apparaissait pour la toute première fois sur le marché. Adjugée à 20 millions d’euros, un montant pile dans la fourchette de l’estimation fixée entre 18 et 25 millions d’euros, la toile repartira chez un acheteur européen privé, dont l’identité n’a pas été révélée. Le précédent record de l’artiste avait été établi par Nu debout en 2018 chez Christie’s à New York pour 11 millions d’euros.
Parc des Princes représente un tournant dans la carrière de l'artiste, lorsqu'il était alors divisé entre abstraction et figuration.
La toile de 2 par 3,5 mètres est considérée comme le chef-d’œuvre de la série des Footballers, réalisée par de Staël au printemps 1952, après avoir assisté au match France-Suède avec sa femme au célèbre stade parisien. « De Staël fut si subjugué par l'intensité du jeu qu'il passa toute la nuit dans son studio, à traduire son expérience sur la toile », a confié Christie’s. Une série de 24 toiles consacrées au football a résulté de cette expérience, et pour Pierre Martin-Vivier, directeur du département XXe siècle de Christie's, « Parc des Princes représente un tournant dans la carrière de l'artiste, lorsqu'il était alors divisé entre abstraction et figuration. »
Nicolas de Staël, en tant que pionnier de l’abstraction, n’était pas tant intéressé par les performances physiques des joueurs de foot, mais plutôt par les couleurs et les formes créées par leurs mouvements sur la pelouse du stade. La toile a été exposée pour la première fois au Salon de mai 1952, recevant les éloges de la critique et propulsant la carrière de Staël d’un même élan.

En tout, Parc des Princes n’a été exposé qu’une dizaine de fois : à New York en 1953, au Musée National d’Art Moderne de Paris en 1965, Saint-Paul de Vence en 1972, au Grand Palais en 1975, Londres et Madrid en 1991 et enfin au Centre Pompidou en 2003.
Dans une lettre adressée à son ami le poète René Char le 10 avril 1952, Nicolas de Staël confiait : « Entre ciel et terre, sur l'herbe rouge ou bleue une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert, en toute invraisemblance. Quelle joie ! René, quelle joie ! Alors, j'ai mis en chantier toute l'équipe de France, de Suède et cela commence à se mouvoir un tant soit peu ».
Le total de la vente Paris Avant-Garde s’élève à 46,3 millions d’euros, la collection privée européenne a réalisé à elle seule 5,5 millions d’euros, avec pour lot clé Mousquetaire de Picasso, adjugé à 3,4 millions. Le masque Baoulé issu de la collection Helena Rubinstein a trouvé preneur pour 946 000 euros, soit trois fois son estimation.
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