« La vie est belle, et cette œuvre est encore plus belle que la vie », a dit un jour Kees van Dongen, l’artiste néerlandais connu pour avoir immortalisé des belles femmes dans un style dramatique et moderne. Né à Rotterdam en 1877, Van Dongen a étudié l'art aux Pays-Bas avant de s'installer à Paris à l'âge de 20 ans. Il survit grâce à des petits métiers, comme l’illustration humoristique de journaux de la capitale française, et rencontre Augusta « Guus » Preitinger, une étudiante de l'académie des beaux-arts qu’il épousera en 1901.

En 1904, l'important marchand parisien Ambroise Vollard demande à Van Dongen de participer au Salon des Indépendants, où plus de 2 000 œuvres de plusieurs centaines d’artistes, dont Matisse et Robert Delaunay, sont exposées.

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L'année suivante, sa pratique évolue vers le Fauvisme et l’Expressionnisme, avec des œuvres aux palettes vives et contrastées et aux contours cernés. Van Dongen participe à l'exposition controversée du Salon d'automne de 1905, alors que son langage visuel, similaire à celui de plusieurs de ses contemporains, bouscule la scène artistique au point de poser les bases d’un nouveau mouvement. Le Fauvisme est lancé. C’est notamment l'utilisation radicale de la couleur par des artistes comme Van Dongen et Matisse qui a inspiré au critique d'art Louis Vauxcelles l’appellation de « Fauves ».
La même année, Van Dongen s'installe au Bateau-Lavoir, un immeuble délabré de Montmartre où vivent de nombreux artistes en herbe (dont Picasso) qui deviendront les grands noms du XXe siècle.

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En 1910, van Dongen allonge progressivement la silhouette de ses personnages et se lance dans l’exercice du nu, une décision qui défoulera les critiques, choqués par l’aspect « scandaleux » de ses toiles. Il explore la représentation du corps féminin et la vie nocturne de Paris, peignant des danseuses, des artistes de théâtre et même des prostituées, gagnant ainsi le surnom de « peintre des maisons closes ». Il se fait peu à peu connaître comme le portraitiste du milieu mondain, et le restera pendant plusieurs décennies.

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Malgré des critiques acerbes, ses portraits sont étonnamment populaires auprès des femmes de la haute société. Son utilisation de couleurs presque pures et des techniques fauvistes et expressionnistes lui permettent de créer des femmes aux grands yeux sombres pleines de charme et de mystère. Sa représentation du regard, similaire sur tous ses portraits, a presque permis à ses sujets de devenir une seule femme, une représentation de la féminité selon Van Dongen. L’artiste a un jour décrit sa peinture comme « le plus beau des mensonges ».

Très demandé par la bourgeoisie et la haute société françaises, Van Dongen a peint certaines des femmes les plus célèbres du XXe siècle, notamment la danseuse Joséphine Baker en 1926 et l'actrice Brigitte Bardot en 1959.

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Pendant les neuf dernières années de sa vie, Van Dongen a vécu et travaillé à Monte-Carlo. Il est décédé à l'âge de 91 ans, le 28 mai 1968. Aujourd'hui, ses œuvres sont conservées dans des musées prestigieux du monde entier, notamment le Nouveau musée national de Monaco (qui possède une vaste collection), l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, le Centre Pompidou à Paris et le MoMA à New York. Ses tableaux se vendent également pour plusieurs millions d’euros aux enchères, le record ayant été établi à 13,8 millions de dollars pour Jeune Arabe chez Sotheby's en 2009.
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