Du 24 au 27 septembre, la maison de ventes zurichoise Koller ouvrira ses portes pour une série de dix ventes majeures totalisant près de 1 400 lots.
Les tableaux de maîtres assiéront le prestige de cette série d’enchères : le 27 septembre prochain, une sélection de peintures, dessins et œuvres sur papier signés par les grands maîtres de l’histoire de l’art sera dispersée. On y retrouve, entre autres, Portrait d’un fou, une œuvre réalisée vers 1550 par l’artiste flamand connu auparavant sous le nom de « Maître de 1537 », depuis lors identifié comme Frans Verbeeck. Reçu franc-maître de la guilde de Saint-Luc de Malines (sa ville d’origine) le 25 août 1531, Verbeeck en est doyen dès 1563-1565. Certains de ses contemporains admiraient son habileté à traiter à la détrempe des « diableries » dans la ligne de Jérôme Bosch, mais aussi des noces villageoises et autres allégories moralisatrices qui ont rendu son œuvre célèbre.

Portrait d’un fou ne fait pas exception : ici, le sujet semble expier une quelconque erreur par un geste et un sourire désolés. L'intensité de son expression et de son attitude est soulignée par un fond noir dénué de détails, un parti-pris rare dans les compositions du XVIe siècle.

Actif à une époque similaire à celle de Verbeeck, Pier Francesco di Jacopo Foschi a exécuté cette huile sur panneau à Florence, dans un style diamétralement opposé à celui de son collègue flamand. Dans Vierge et l'Enfant avec saint Jean-Baptiste, les figures sont représentées dans des couleurs délicates, presque irréelles, qui renforcent leur allure divine et les transportent au-delà du monde terrestre.

Ces deux peintures de 1694 signées par le peintre suisse Johann Rudolf Bys constituent un autre lot important. Né à Coire, Bys a vécu et travaillé à Prague à partir de 1689, est s’est illustré pour ses peintures sur bois et ses fresques influencées par le baroque italien et hollandais.

Le Portrait de Caroline Pichler et son frère, peint dans les années 1770 par Anton Hickel, s’inscrit dans l’histoire contemporaine de Vienne. Hickel s’est fait connaître en tant que portraitiste et peintre de la cour de Joseph II. Les enfants représentés ici sont issus d’une noble famille et l’éducation artistique rigoureuse dont ils ont bénéficié au sein du foyer a poussé la jeune Caroline Pichler à devenir une romancière, salonnière, et personnalité réputée de la scène viennoise.
La semaine d’enchères commencera dès le 24 septembre avec une session dédiée à la littérature et aux livres anciens. On retrouve notamment deux ouvrages extrêmement rares produits par le manufacturier lyonnais Joseph-Alphonse Henry, dont Les Laboureurs d’Alphonse de Lamartine. C’est le seul exemplaire original encore connu en mains privées.

Le deuxième livre notoire de la vente est un Livre de Prières sur soie tissé selon la technique jacquard, comprenant trois illustrations en pleine page, de nombreuses initiales et des bordures florales et figuratives. L’ouvrage est un témoin des améliorations apportées aux techniques d'édition dans les années 1880.
Outre la littérature, la journée du 24 septembre sera ponctuée par un chapitre consacré aux objets décoratifs et aux autographes. Le lendemain, la bijouterie sera à l’honneur, avant de laisser place, le 26 septembre, aux tapis, mobilier, à la porcelaine et l'argenterie.

On note la présence d’une pendule squelette rare, fabriquée à Paris à la fin du XVIIIe siècle. Le physicien et horloger munichois Sigmund Riefler sera également représenté avec un régulateur de précision en laiton et en verre daté de 1904.
Côté mobilier, on retrouve quelques modèles dits « exotiques », comme cette chaise pliante en noyer à décor floral datée de la dynastie des Nasrides, une dynastie Arabe fondée par Mohammed ben Naṣar, qui établit son pouvoir sur le royaume de Grenade en créant l'émirat de Grenade en 1237.

Cette table en palissandre incrustée d'ivoire richement décorée a été fabriquée à Goa, dans le sud-ouest de l'Inde, aux XVIIe et XVIIIe siècles, au centre de la colonie luso-indienne.

Le marathon de ventes se clôturera le 27 septembre avec un catalogue de tableaux du XIXe. Voici l’une des premières œuvres de Jean-Baptiste Camille Corot, créée lors de son séjour en Italie entre 1825 et 1828. Dans cette vue de Naples créée en plein air, on observe plusieurs éléments stylistiques qui ont forgé le vocabulaire plastique de l’artiste.
Toutes les ventes aux enchères auront lieu dans les locaux de Koller, Hardturmstrasse 102 & 121 à Zurich. Tous les objets y seront exposés du 19 au 23 septembre.


