C’est la première fois qu’une création de Guo Pei arrive sur le marché des enchères, et c’est Sotheby’s qui aura l’honneur de faire tomber le marteau. Le 29 octobre à Londres, lors de la vente Gold : The Midas Touch, une robe de mariée traditionnelle en or de l’illustre couturière chinoise sera proposée avec une estimation comprise entre 500 000 et 700 000 livres sterling.
Ce n'est peut-être pas une antiquité, mais c'est une œuvre d'art. Sa valeur réside dans le savoir-faire traditionnel et la culture qu’elle évoque.

Cinq années de labeur ont été nécessaires à sa création. Ce chef-d’œuvre couture a été méticuleusement cousu à la main avec du fil d’or et incrusté d’éléments précieux. La « Robe de mariée traditionnelle en or » (嫁衣) vient directement de l'atelier de Guo Pei à Pékin. C’est une occasion inouïe d'acquérir une pièce issue des collections de Pei, qui ne travaille que sur commande spéciales.
Guo Pei fait partie de la première génération de couturiers formés en Chine. Elle a fait son entrée sur la scène internationale lorsque la chanteuse Rihanna a choisi de porter l'une de ses créations au Met Gala de 2015 : une robe jaune à la traîne spectaculaire qui a stupéfait le gratin du show-business et les médias. L’or et le jaune ont toujours été essentiels à l’œuvre de Guo Pei, des couleurs qui étaient auparavant réservées à l’empereur pendant la dynastie Qing.

« Le partenariat avec Sotheby’s est très spécial pour moi. Sotheby’s est connu pour ses ventes aux enchères de haut niveau d’antiquités et de chefs-d’œuvre précédemment portés ou détenus par des personnes légendaires, ou faisant partie d’une collection rare. »
« Notre robe de mariée traditionnelle en or sélectionnée pour la vente, en revanche, est une toute nouvelle création proposée pour la première fois aux enchères. Ce n'est peut-être pas une antiquité, mais c'est une œuvre d'art. Sa valeur réside dans le savoir-faire traditionnel et la culture qu’elle évoque. Je pense que notre partenariat est une réponse à l’avenir de la Couture – qui sera bientôt considérée comme un art et c’est ce partenariat qui aura ouvert la voie. » , a commenté Pei.

La couturière a utilisé une trentaine de techniques issues des quatre coins du monde pour agrémenter la robe. Brodés sur de la peau de mouton, les motifs tridimensionnels donnent au vêtement tout son relief et sa matière.
Certains ornements font référence à la tradition nuptiale, comme le « Double Poisson » qui agrémente le devant de la jupe. Le motif symbolise la bénédiction de « Jinyu Mantang » (traduit par « que l’or et le jade remplissent votre maison »), une expression chinoise utilisée pour bénir un couple sur le point de se marier.

Des nuages de bon augure ponctuent également la surface de la robe, promesses d’harmonie et de bonheur conjugal dans la culture chinoise. Les calebasses tissées parmi les motifs représentent la richesse et la bonne fortune, tandis que les pivoines sont un signe de chance, de bonheur et de prospérité. Un nœud délicatement noué représente le couple enlacé dans le bonheur, et enfin, l’image du Dragon et du Phénix, symbole final de Yang et de Yin de la cosmologie et de la mythologie chinoises, promet un mariage fructueux.

Guo Pei participera à la sélection d'œuvres de cette deuxième édition de Gold : The Midas Touch, une vente mettant à l’honneur le seul métal qui a poussé l'humanité à bâtir des empires et à détruire des dynasties depuis des millénaires. Les lots seront exposés du 25 au 29 octobre à New Bond Street aux côtés de trois autres créations de Pei, y compris la célèbre robe « Xiao Jin » (non-disponible à la vente).
