Le guide des ventes Lempertz

Durant les traditionnelles ventes de printemps organisées par la maison colonaise Lempertz, comprenant près de 8 sessions d’enchères, davantage de catégories d’objets, et des milliers de lots, dur de faire la part des choses. Nous avons déniché pour vous quelques lots à surveiller de près.

Le guide des ventes Lempertz

Lempertz tiendra, du 16 au 18 mai, et du 31 mai au 1er juin, ses ventes de printemps. Un évènement qui requiert une expertise de haute-voltige, puisque les plus belles sélections de lots y sont rassemblées, mettant à l’honneur divers catégories allant de l’orfèvrerie aux arts décoratifs, des peintures de maîtres à la photographie, en passant par l’art moderne et contemporain. 

Après une vente inaugurale de près de 300 pièces de haute joaillerie le 16 mai à 16h00, les arts décoratifs seront à l’honneur dès le lendemain avec entre autres, une sélection de porcelaines issues des plus grandes manufactures, de l’argenterie fine, et une merveille napoléonienne.

En provenance d’une collection bavaroise, on retrouvera cette remarquable tasse de porcelaine parisienne datant de la fin du XVIIIe siècle. Attribuée à La Courtille, la tasse, pourvue de sa soucoupe, est ornée d’une scène mythologique où les figures de Vénus et Cupidon évoluent dans un décor végétal. 

Tasse en porcelaine et sa soucoupe, Paris, fin XVIIIe, attribuée à La Courtille, image © Lempertz
Tasse en porcelaine et sa soucoupe, Paris, fin XVIIIe, attribuée à La Courtille, image © Lempertz

Ce set d’argenterie parisien comprend 297 pièces en argent doré portant la marque de la Maison Cardeilhac et d’Erneste Cardeilhac (pour les couverts à dessert). Daté aux environs de 1910, l’ensemble est paré de fabuleux détails de style Rococo. 

Maison Cardeilhac, ensemble d'argenterie de 297 pièces, vers 1910, image © Lempertz
Maison Cardeilhac, ensemble d'argenterie de 297 pièces, vers 1910, image © Lempertz

Ce buste de Napoléon, identique à l’exemplaire conservé au Musée national de céramique à Sèvres, est incisé d’un « II », une indication présumée de la 2e année de la République, et aurait été réalisé d’après un modèle de Louis Boizot. Daté de 1793, le buste a été réalisé au cours de l’année ou Napoléon fut proclamé « Général de Brigade », le 22 décembre.

Buste de Napoléon en porcelaine de Sèvres, 1793, probablement d'après un modèle de Louis Simon Boizot, image © Lempertz
Buste de Napoléon en porcelaine de Sèvres, 1793, probablement d'après un modèle de Louis Simon Boizot, image © Lempertz

La deuxième session dédiée aux arts décoratifs se tiendra dans l’après-midi du 17 mai, avec un catalogue consacré à un ensemble d’objets hors du commun, et revêtant une grande importance historique. Une sélection de rares mortiers provenant de la collection Schwarzach passera sous le marteau, et notamment ce modèle de Puy-en-Velay (région Auvergne-Rhône-Alpes), réalisé en 1609 pour un monastère. Ce modèle en bronze à patine marron comprend des représentations du Christ et de la Vierge à l’enfant, une inscription en latin, ainsi que des poignées en forme d’agneaux émergeant de chaque côté.

Mortier pour un monastère, Le Puy-en-Velay, 1609, image © Lempertz
Mortier pour un monastère, Le Puy-en-Velay, 1609, image © Lempertz

Les arts seront à l’honneur le 18 mai à 11h00 et à 14h00, avec les catalogues de peintures de maîtres et d’œuvres du XIXe siècle. 

À commencer par L’Enfance de Bacchus, une œuvre du peinte bruxellois Jean Daret. Né en 1613, Daret a manifestement été influencé par le travail de Nicolas Poussin dès ses débuts, lors d’un voyage effectué à Rome entre 1634 et 1635. Installé à Aix-en-Provence après avoir suivi les pas des peintres néerlandais de l’époque, Daret a œuvré au sein de l’hexagone pendant la majorité de sa carrière, et a réalisé les fresques du Palais de Vincennes, l’un de ses chefs-d’œuvre.

Jean Daret, L'Enfance de Bacchus, huile sur toile, image © Lempertz
Jean Daret, L'Enfance de Bacchus, huile sur toile, image © Lempertz

On note également la présence d’une superbe huile sur cuivre de Jan Brueghel l’Ancien, datant de 1609. 

Le maître Claude-Joseph Vernet sera représenté avec l’une des œuvres de la série des Quatre moments de la journée. Installé à Rome et marié à l’anglais Virginia Parker, le studio de Vernet était un passage obligé pour les visiteurs de l’aristocratie anglaise. Après 1768, Vernet a peint plus de 80 tableaux pour des commanditaires britanniques, réalisant parfois près de huit toiles par commande. Cette toile s’inscrit dans une série illustrant les quatre moments de la journée, la scène prend place sur une côte au crépuscule. 

Claude-Joseph Vernet, Paysage côtier au crépuscule - de la série des Quatre moments de la journée, image © Lempertz
Claude-Joseph Vernet, Paysage côtier au crépuscule - de la série des Quatre moments de la journée, image © Lempertz

La session dédiée à la peinture du XIXe siècle, quant à elle, comprendra une huile sur toile de 1832 exécutée par l’artiste Micheal Neher. Dans cette vue d’une rue à Tivoli, Neher transforme une peinture architecturale atmosphérique en une veduta classique. La scène est animée par des groupes de personnages qui s’attèlent à leurs tâches, une scène typique de la vie quotidienne capturée au détour d’une rue de la Ville Éternelle. L'artiste est tout aussi méticuleux dans la représentation des costumes que dans celle de singeries des enfants espiègles.

Michael Neher, Une rue à Tivoli, 1832, image © Lempertz
Michael Neher, Une rue à Tivoli, 1832, image © Lempertz

Le 31 mai mettra la photographie à l’honneur. La session sera ponctuée par des chefs-d’œuvre de la discipline, des clichés saisis par, entre autres, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Édouard Boubat ou Elliott Erwitt. 

Robert Doisneau, L'aéroplane de papa, 1934, image © Lempertz
Robert Doisneau, L'aéroplane de papa, 1934, image © Lempertz
Édouard Boubat, Lella, Bretagne, 1947, image © Lempertz
Édouard Boubat, Lella, Bretagne, 1947, image © Lempertz

Cap sur l’art moderne et contemporain (les 31 mai et 1er juin) avec Église, Bretagne, une huile sur toile de Robert Delaunay datant de 1905, alors qu’il n’avait que 20 ans. Malgré son jeune âge, Delaunay faisant preuve d’une grande maturité dans le trait et dans l’immédiateté de la composition. En 1904 et 1905, Delaunay passe ses étés en Bretagne, peignant les paysages côtiers et le quotidien rural des habitants de la région. Les toiles réalisées pendant ces périodes représentent l’apogée de sa brève période impressionniste. 

Robert Delaunay, Église, Bretagne, 1905, image © Lempertz
Robert Delaunay, Église, Bretagne, 1905, image © Lempertz

On termine avec une sculpture contemporaine réalisée par le maître de la « mécanique du hasard ». PROLETKUNST Nr. 3, de 1989, est caractéristique de son œuvre futuriste, ou les matériaux les plus insolites se muent pour former des silhouettes robotiques. La présente œuvre comprend une multitude d’objets trouvés, comme des pièces de métal, des objets du quotidien, des os, ou encore une roue en bois. Un petit moteur, en émettant une transmission, anime la sculpture, secouant les différentes parties dans une chorégraphie mécanique hasardeuse, et presque musicale.

Jean Tinguely, PROLETKUNST Nr. 3, 1989, image © Lempertz
Jean Tinguely, PROLETKUNST Nr. 3, 1989, image © Lempertz

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