Le Concorde fait des merveilles à Toulouse

Le commissaire-priseur n’a posé son marteau que vers 23h, a révélé La Dépêche. Une vente commémorant le cinquantenaire du premier vol Concorde, effectué le 2 mars 1969 au départ de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, s’est soldée avec 98% de lots vendus, sur quelque 700 lots proposés. 

Le Concorde fait des merveilles à Toulouse

Le Concorde, avion de ligne supersonique construit par l’association de Sud-Aviation et de la BAC, a été le premier avion civil à être équipé de commandes de vol électriques analogiques. L’appareil était doté d’une aile delta, dite « gothique » et de turboréacteurs à post combustion qui avaient été préalablement développés pour le bombardier britannique Avro Vulcan. 

L’assemblage du premier prototype, le Concorde 001, débute à Toulouse en 1966 et se termine un an et demi plus tard, lorsque l’avion sort des hangars sous l’immatriculation F-WTSS (« TSS » signifiant transport supersonique). Le 2 mars 1969, Toulouse accueille le vol inaugural de l’appareil, qui survole la ville pendant 29 minutes avec André Turcat aux commandes. 

Premier vol de Concorde, 2 mars 1969, image ©Wikimedia Commons
Premier vol de Concorde, 2 mars 1969, image ©Wikimedia Commons

Les premiers vols commerciaux commencent le 21 janvier 1976, avec deux départs quasi-simultanés depuis Paris et Londres, et cessent en novembre 2003. La production Concorde compte 20 exemplaires, dont 6 non commerciaux. 

Pour célébrer le 50e anniversaire de l’envol du « bel oiseau blanc », le musée Aéroscopia a accueilli la dispersion de la première partie du catalogue proposé par la maison Marc Labarbe, soient près de 130 pièces de collection Concorde. 

Maquette du COncorde signée par André Turcat, image ©Etude Labarbe
Maquette du COncorde signée par André Turcat, image ©Etude Labarbe

La foule de collectionneurs, de fans d’aéronautique et d’anciens employés du groupe était telle que la salle a rapidement atteint sa capacité maximale. « Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que je faisais du 34 lots à l’heure », a révélé le commissaire-priseur. Une cadence ralentie par le nombre d’enthousiastes prêts à faire monter les gains, auquel s’ajoutaient les enchérisseurs en ligne. 

Affiche Concorde, ©Etude Labarbe
Affiche Concorde, ©Etude Labarbe

Le lendemain, deuxième acte. Dans la salle des ventes de Saint-Aubin, à Toulouse, l’affluence n’était pas moindre, et le commissaire-priseur a déclaré avoir vu des acheteurs présents lors de ses précédentes ventes aéronautiques. 

Le public comptait également de jeunes ingénieurs dans l’aéronautique ou le spatial, décidés à s’approprier une part du mythe. Un fabricant de couteau Laguiole, qui avait acquis des petits bouts de Concorde chez Marc Labarbe en 2007, est venu y vendre ses couteaux à 300 euros pièce.  

Illustration « Retour de Concorde », ©Etude Labarbe
Illustration « Retour de Concorde », ©Etude Labarbe

Ce sont cependant les pièces souvenirs qui ont rencontré le plus de succès. Un cadran s’est envolé à 3 000 euros, soit dix fois sa mise à prix, un hublot a atteint les 2 500 euros, contre une estimation de 300 euros, tandis qu’une sonde de température s’est vendue au quintuple de son prix de départ, pour 1 050 euros. Le lot star de la vacation, une montre de vol, repartira au poignet d’un acheteur qui s’est délesté de 7 000 euros (frais inclus). 

Porte-documents souvenir Concorde, ©Etude Labarbe
Porte-documents souvenir Concorde, ©Etude Labarbe

Cette vente marathon de maquettes, pièces détachées, affiches, instruments de bord, ou encore mobilier conçu à partir de pièces d’avion, a prouvé que même 15 ans après sa disparition, le mythe du Concorde perdure.

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