Les peintres français et de l’École de Paris figurent en bonne place dans le catalogue de cette vente. Certaines des plus belles œuvres de Jacques Majorelle, Maurice Estève, Arman, Bernard Buffet et André Beaudin seront présentées chez Bukowskis les 17 et 18 novembre. Ces pointures de l’art moderne seront également rejointes par de grands noms scandinaves tels qu’Axel Einar Hjorth, Gösta Adrian-Nilsson et Josef Frank. Plongeons dans le vif du sujet avec quelques lots incontournables.

Avant de se réfugier en Suède en 1933, Josef Frank a travaillé à Vienne pour la société Haus & Garten, où il a commencé à tapisser des armoires avec différents textiles. En 1937, quelques années après avoir commencé à travailler pour la firme Svenskt Tenn, il a conçu sa première armoire recouverte d'affiches florales, qui a amorcé la création d’autres pièces tapissées de cuir et de cartes.

Un très bel exemplaire, le cabinet Plan de Paris à vol d’oiseau, sera présenté lors de la vente. Le meuble est flanqué du plan de Paris du cartographe français Georges Peltier. Peltier a dessiné le plan détaillé de Paris tel qu'il était en 1920, un ouvrage qui lui a pris vingt ans et 30 000 heures de travail. Ce n’est pas surprenant, étant donné que chaque petite rue et chaque site emblématique, comme la Tour Eiffel et la Bastille, y sont représentés. Neuf éditions différentes de la carte ont été publiées entre 1920 et 1985, et l'une d’entre elle a fini sur l'armoire de Josef Frank.

Au début de sa carrière, Maurice Estève a puisé son inspiration non seulement dans l’œuvre des maîtres anciens, mais aussi dans celle des pionniers du modernisme. À une quarantaine d’années, ce peintre autodidacte s’est détourné de la figuration pour laisser sa créativité s’exprimer dans des compositions aux motifs et au rythme tout à fait uniques. Le tableau Le Guetteur (1951), qui sera présenté lors de la vente, en est un bel exemple : Estève, récemment libéré du style de ses débuts, a peint sans motif prédéterminé et a rempli la toile de formes de sa propre invention.

La table ovale Mora, en pin sculpté noir et ocre, témoigne de la capacité du designer Axel Einar Hjorth à créer des meubles aux formes tout à fait unique, qui restent néanmoins imprégnés de son style et d'un savoir-faire exceptionnel. La table de la vente porte le numéro de série « C22246 », ce qui suggère que c'est cet exemplaire particulier qui a été exposé pour Nordiska Kompaniet lors de l'exposition de Stockholm de 1930, dans la « salle des choses plus chères ».

En 1918, l’exposition Sjömanskompositioner de Gösta Adrian-Nilsson, présentée à la Gummesons konstgalleri de Stockholm, a été décrite par beaucoup comme le point de départ du modernisme suédois. L'exposition comprenait un peu moins de vingt peintures à l'huile, dans lesquelles le thème le plus fréquent de l'artiste, le marin, était au centre. Dans l'œuvre cubiste Sjömän (Marins), Adrian-Nilsson a peint trois marins avec, en arrière-plan, des anges jouant des instruments à vent. Le corps en forme de S des personnages et la forte gamme de couleurs, dans laquelle les couleurs primaires rouge, bleu et jaune se côtoient, confèrent au tableau une perspective presque kaléidoscopique.

Après une erreur d'impression dans le catalogue d'une exposition à la Galerie Iris Clert à Paris, où la lettre « d » avait été ôtée de son nom, Armand Pierre Fernandez a décidé qu’il signerait désormais ses œuvres « Arman ». L'artiste français, qui faisait partie du groupe Nouveau Réalisme, opposé à l'art informel, a commencé à sculpter à la fin des années 1950. Il a exploré cette discipline par le biais de différentes séries dans lesquelles les objets sont sciés et coupés, écrasés ou brûlés. Arman a réalisé plusieurs œuvres monumentales, comme l'œuvre Espoir de Paix (1995) à Beyrouth, l’un des plus grandes sculptures du monde. Bukowskis aura le plaisir de présenter le tableau tridimensionnel Blue and blue rain de 1987, composé de tubes de peinture et d’épaisses coulures et de bouchons.
