Le 15 juillet prochain, l’art abstrait mènera la danse chez Cambi. Pour cette vacation dédiée à l’art moderne et contemporain, la maison fera défiler les œuvres de grands artistes italiens et internationaux, d'Emilio Scanavino à Hans Hartung, en passant par Enzo Mari, Richard Lin et Georg Baselitz.

Parmi les œuvres les plus importantes, on note cette huile sur masonite d'Emilio Scanavino, réalisée en 1953.
L’artiste s'est formé à Gênes et s'est consacré, au début de sa carrière, au paysage et aux scènes quotidiennes. L'expérience la plus fondamentale de son parcours a été son voyage à Paris, dans la deuxième période d'après-guerre, au cours duquel il a assimilé les éléments stylistiques cubistes et l'influence de l'art abstrait. Dans les années 1950, il fréquente le célèbre atelier de céramique de Tullio d'Albisola, où il rencontre Fontana, Baj, Dova, Crippa, Jorn, Lam et de nombreux autres artistes qui inspirent sa pratique et avec qui il se lie d’une amitié sincère. En 1953, année de création de l'œuvre présentée chez Cambi, Scanavino gravite autour du groupe milanais des spatialistes, sans pour autant le rejoindre formellement.

L’œuvre The Long and the short, de l’artiste minimaliste taïwanais Richard Lin, est une étonnante huile sur toile et aluminium où les tons de blanc et de gris se superposent dans une composition géométrique. Architecte de formation, Lin retranscrit ce penchant dans ses œuvres, ainsi que dans ses choix de matériaux, généralement orientés vers le plastique et le métal. Les œuvres de Lin sont en étroite corrélation avec le travail et la recherche plastique de Donald Judd, et plus largement avec le minimalisme américain.
Du côté de l'abstraction allemande, Hans Hartung et Georg Baselitz se démarquent du catalogue, le premier avec trois œuvres, le second par le biais d'une belle aquarelle sur papier de 1977.

L'œuvre T1975-R39, exécutée en 1975 par Hartung, est une acrylique sur bois aux nuances de terracotta, de noir et de bleu. La composition, sobre mais élégante, est typique du style graphique du peintre.

L'aquarelle de Baselitz, quant à elle, est réalisée selon son concept d’« ordre détruit », qu’il définit à l’issue de la Seconde Guerre mondiale : « Je suis né dans un ordre détruit, dans un paysage détruit, entre des personnes détruites, dans une société détruite. Je ne voulais pas rétablir de l’ordre. J'en ai assez vu du soi-disant ordre. J'ai été obligé de tout remettre en question, d'être “naïf”, de recommencer. »

L’œuvre Structure est signée par le grand designer italien Enzo Mari, l'un des plus grands théoriciens du design italien et international. Alessandro Mendini a un jour dit de lui :
Mari n'est pas un designer, si ses objets n'existaient pas là, je ne m’en soucierais pas vraiment. Mari est notre conscience, à nous tous, la conscience des designers, et c’est ça qui compte.
L'œuvre, composée de tôles assemblées en plexiglas, provient d'une collection privée bolonaise.
Le catalogue dédié à l'Art Moderne et Contemporain compte plus de 240 œuvres, et rassemble également quelques lots issus de deux collections importantes : la Collection Stellatelli, dédiée à la génération d'artistes qui ont fait leurs premiers pas à Milan dans les années 1990, comme Frangi, Papetti, Petrus, Pigantelli et Velasco ; et la Collection Borroni, assemblée par l'entrepreneur et grand amateur d'art Eugenio Borroni, provenant de la « Borroni Factory », une référence pour les jeunes artistes, collectionneurs et passionnés. Bon nombre de photographies, dont des œuvres de Mario Giacomelli, Nino Lo Duca, Peter Beard et Shirin Neshat seront également présentées dans la journée.
La vente se clôturera par une section consacrée à la bande dessinée.
Le rendez-vous est fixé aux 15 et 16 juillet à Milan, l'exposition sera ouverte du 10 au 14 juillet.
