Depuis des siècles, la numismatique fait voyager les archéologues, les historiens et les nombreux collectionneurs. Au cours de ces dernières années, l’agrégateur Barnebys a comptabilisé plusieurs centaines de milliers de recherches pour des pièces de monnaie ou des billets de banque sur l’ensemble de ses plateformes. L’intérêt des collectionneurs est tel que la catégorie figure aujourd’hui parmi les dix plus recherchées par les utilisateurs.
De l’art de résister au temps
Intimement liée à l’histoire du commerce et des transactions, la monnaie en métal a vu le jour en 650 avant J.-C., au bord de la Mer Egée. Créée par les Grecs d’Asie mineure pour stopper la pratique du troc, la monnaie n’est pas seulement devenue un objet de convoitise, d’investissement et de pouvoir. Au fil des siècles, les gens se sont mis à les collectionner, faisant de la numismatique un merveilleux moyen d’évasion mais aussi une science indispensable à l’archéologue et à l’historien.
C’est précisément à partir du XVIe siècle que les historiens ont commencé à s’intéresser aux pièces de monnaie antiques, dont les plus anciennes, retrouvées par des archéologues, ont été frappées par Alyattes entre 610 et 560 avant J.-C., dans un mélange d’or et d’argent. Pendant des siècles, et dans quasiment toutes les civilisations, elles furent réalisées en métal précieux, ce qui explique pourquoi on les cachait et surtout, pourquoi elles ont su résister au temps qui passe…

À la fin XIXe siècle, le fait d’en collectionner les plus prestigieuses a pris de l’ampleur et l’intérêt qu’elles suscitent se propage alors aux monnaies contemporaines. A partir de là, des revues spécialisées voient le jour et favorisent la popularisation de la numismatique (du grec ancien numisma, « la monnaie ») qui était jusqu’ici, une activité plutôt réservée aux érudits, aux cercles bourgeois et aux rois. Par exemple, Louis XIV faisait confectionner spécialement des aiguilles d'or destinées à soulever ses monnaies rares enchâssées dans le velours des médailliers.
En parallèle, l’essor de la monnaie va créer un marché ouvert avec des intermédiaires, des vendeurs spécialisés, des cabinets d’expertises et développer des instituts monétaires dans chaque pays, comme la Royal Mint au Royaume-Uni, la Japan Mint et la Monnaie de Paris qui est née en 864 et figure parmi les plus vieilles entreprises du monde encore en activité. Côtés enchères, les ventes dédiées ne manquent pas, si bien qu’aujourd’hui, la catégorie des pièces de monnaie - et des billets de banque - est la 7ème catégorie la plus recherchée sur la plateforme française de Barnebys depuis sa création.
Un plaisir avant tout…
Vieille et noble passion, la numismatique demeure toujours d’actualité au XXIe siècle. Bien souvent, il s’agit d’une activité de loisir, semblable à un voyage spatio-temporel fait de raretés, de mystères et de curiosités. Il est vrai qu’à travers leurs petites « trouvailles », les amateurs ont la possibilité de côtoyer de suivre la petite histoire comme celle des personnalités célèbres, lesquelles renvoient à divers lieux et différentes époques, elles mêmes distinctes selon que le morceau de métal ait été frappé au marteau, au balancier ou à l’aide d’une presse, comme ça se fait aujourd’hui.

Certaines de ses pièces ont finit par être anoblies, du fait de leur caractère historique : c’est le cas, par exemple, des monnaies grecques, soignées à la perfection, des médailles de la Renaissance, des grands bronzes romains, ou plus spécifiquement du Napoléon de 20 francs (France, 1803), frappé avec de l’or pur, du Thaler de Marie-Thérèse (Autriche, 1741), considérée comme la première vraie monnaie internationale, et enfin du 1804 (États-Unis, 1804), dont la version en argent, éditée à quelques dizaines d’exemplaires, est l’une des pièces de monnaie les plus populaires sur le sol nord-américain.
Notons également que la passion englobe les médailles, les jetons mais aussi les pièces de fantaisie, comme les monnaies commémoratives ou celles liées à un thématique ou un événement précis, à l’image de celles produites en marge de l’inauguration d’un monument ou à l’occasion d’un événement, comme les Jeux Olympiques. Dans cette veine, la première pièce de collection en euro, émise en 1996 et rendant hommage à Rodin, s’apparente à une véritable œuvre d’art grâce à sa finesse d’exécution.
Les USA, King of Money
Outre-Atlantique, l’intérêt des collectionneurs prend une toute autre dimension : dans le top 10 des pièces les plus chères du monde, on trouve aujourd’hui huit exemplaires frappés aux USA, où on recense actuellement plus de 200 pièces historiques dont la valeur dépasse le million de dollars. La plateforme américaine de Barnebys, quant à elle, enregistre à ce jour plus de 350 000 recherches uniques dans ladite catégorie, la deuxième des plus consultées de la version étasunienne du moteur de recherche.

Comme dans toutes les collections, il arrive que certains se prêtent à des calculs sur la rentabilité de leurs pièces de monnaie. Dans cette catégorie-là, les prix peuvent effectivement s’envoler et offrir de très bons placements aux acquéreurs. En témoigne les détenteurs des exemplaires du Flowing Hair Dollar : malgré sa frappe grossière et son côté un peu naïf, cette pièce en argent produite à la fin du XVIIIe siècle par l’United States Mint est considéré comme un véritable trésor national. Représentant Miss Liberty, il n’en subsisterait qu’une centaine de pièces sur les quelques 200 000 frappées à l’époque. Ceci explique peut-être pourquoi en 2013, un exemplaire de la Flowing Hair Dollar appartenant au collectionneur Martin Logies été vendue à 10 millions de dollars US lors d’une vente aux enchères organisée à New-York par Stack's Bowers Galleries.
Les deux seuls pièces non américaine à se hisser dans ce classement sont un dinar en or du calife Umayyad (723, Arabie Saoudite), vendu à Londres en 2011 pour 6 millions de dollars US, et une pièce particulière d’un million de dollars produite en 2007 par la Monnaie royale canadienne. Un exemplaire de cette pièce unique en son genre, réalisée avec de l’or pur Troy à 99,999 %, a trouvé preneur à 4 millions de dollars US. C’était en 2010, lors d’une vente aux enchères publiques à Vienne, en Autriche.
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