Un compendium d’œuvres de la plus haute qualité, exécutées par les fameux grands maîtres de la peinture, seront sur le devant de la scène lors de la prochaine vente aux enchères de la maison italienne Cambi. Cette vente dédiée aux tableaux anciens aura lieu le jeudi 16 décembre au château Mackenzie à Gênes.

En tête de liste de cette vente, le Portrait d’un gentilhomme en armure d’Antoine van Dyck, est une version en buste d’un portrait bien connu qui s’est vendu à Sotheby’s à Londres (le 9 décembre 2015) et qui est supposé représenter le noble génois Stefano Raggio.
On estime que van Dyck créait des versons en buste de ses sujets pour pouvoir plus tard réaliser ses peintures en pied, cela afin d’éviter que ses modèles aient besoin de rester debout trop longtemps. La posture et les vêtements étaient ensuite notées et ainsi faciles à reproduire. Quant à la datation de cette œuvre, le fait que ce jeune noble porte une armure indique que le tableau a été réalisé en 1625-1626, période à laquelle la noblesse génoise s’est engagée dans la défense du territoire lors de la guerre contre les troupes savoyardes.

Faisons un arrêt du côté d’Anvers, où deux œuvres méritent que l’on s’y attarde. La première est une délicate Madone à l’Enfant avec sainte Anne, présentée dans un précieux cadre de bois laqué et doré.
La seconde œuvre est un triptyque illustrant la Sainte famille et des anges, une huile sur panneau très détaillée.

Toutes deux sont de magnifiques peintures attribuées à des artistes de la célèbre école d’Anvers du XVIe siècle, à l’époque où la ville était un centre culturel, artistique et économique de premier ordre.

De retour en Italie, nous découvrons un impressionnant tableau du peintre vénitien spécialiste des paysages, Michele Marieschi, Vue du Grand Canal avec l’entrepôt des Turcs. Peut-être moins connu que ses contemporains Canaletto et Guardi, le style et le travail de Marieschi se distinguent néanmoins par une utilisation des couleurs plus prononcée, une perspective plus sombre et la présence de petites silhouettes dans ses œuvres. Ici, Marieschi a mélangé des teintes rose pâle, beige et marron avec son coup de pinceau caractéristique, qui capture ainsi la lumière mouvante de Venise dans une atmosphère recréée d’une main de maître.

La célèbre école Napolitaine a connu son apogée et est devenue l’une des principales écoles européennes de peinture aux XVIIe et XVIIIe siècles. À cette même époque, elle a affirmé sa pleine indépendance stylistique avec des résultats particulièrement significatifs dans la portraiture. Le Portrait de l’homme de lettres figurant dans le catalogue de Cambi est un excellent exemple de la maîtrise des artistes de cette école.

Dernier lot mais non des moindres, La Déposition du Christ, de Giulio Clovio, miniaturiste de la Renaissance, attire notre attention. Cette peinture est une tempera sur parchemin réalisée avec des couleurs douces et ayant un puissant impact émotionnel. Sans surprise, Vasari a décrit Clovio comme étant le meilleur miniaturiste de son temps, tandis que ses contemporains l’avaient surnommé le « Michel-Ange de la miniature ».
