Au début du XVIIe siècle, le Japon était isolé du reste du monde et n'était plus gouverné par le Tennō (l'empereur), mais par les shoguns de la famille Tokugawa. De plus en plus influencé par les autres cultures, le pays a ouvert ses frontières dans les années 1850, permettant aux commerçants du monde entier d’affluer et de développer leurs entreprises.

Heinrich Friedrich Schoene (1838-1896) était l’un d’entre eux. Fils d'un chirurgien prussien, il s’installe au Japon en 1856 pour devenir marchand de soie. Deux ans après son arrivée dans l’Empire du soleil levant, il rencontre Tori Tanabe, de l’éminente famille Tokugawa, l’épouse en 1885 et emménage à Yokohama. Heinrich Schoene décède en 1896, Tori Tanabe l’année suivante, tandis que leur fille Anna grandit avec ses deux frères en Suisse. Aujourd’hui, la famille de Tori a perdu son influence, mais reste aisée.

La dot de Tori Tanabe, un véritable trésor comprenant 35 objets culturels, sera dispersée aux enchères lors d’une vente organisée par Zofingen le 15 novembre prochain. On y retrouve, entre autres, un étui à sutra portant l'emblème de la famille Tokugawa, une boîte octogonale traditionnelle conçue pour ranger les coquilles du jeu de « kai awase », et une horloge gravée de fins motifs floraux. Autre lot clé, un couple de poupées représentant le couple impérial, réalisées pour la fête annuelle Hina-Matsuri. Cette célébration a lieu le 3 mars, le jour consacré aux petites filles, au cours duquel les fillettes japonaises exposent de précieuses poupées sur des estrades.

Un ensemble de douze cuillères en argent plaqué or datant du début du XXe siècle, conçues à Moscou par Carl Fabergé, seront présentées dans leur boîte d’origine signée par l’orfèvre.

Cette paire de bécassines en faïence peinte entre 1748 et 1756 est une œuvre de Paul Hannong, directeur de la manufacture de faïence de Strasbourg à partir de 1732 et fils aîné de Charles-François Hannong, le fondateur de la société éponyme.

L’orfèvre de Bâle Andreas Braun est l’auteur de cette cafetière en argent au manche en bois noir. Réalisé vers 1750, l’objet est gravé d’une belle ornementation de style régence.

La vente aux enchères suivante (16 novembre) est consacrée aux sculptures, peintures, dessins et gravures, avec pour lot clé (entre autres) une sculpture de l’artiste suisse Edouard-Marcel Sandoz. Connu pour ses nombreuses boîtes, bouteilles, carafes ou ses services à thé, Sandoz était également un fervent admirateur de l’œuvre François Pompon. Si bien qu’en 1933, il fonde la société française des animaliers et se consacre à la sculpture animalière, comme en témoigne cette sculpture en bronze patiné représentant un fennec assis.

Le Christ et la Samaritaine au puits est l’œuvre d’un peintre flamand du XVIIe siècle, probablement l’artiste anversois Daniel Seghers, un élève de Jan Brueghel l’ancien spécialisé dans la représentation de guirlandes de fleurs.

Le peintre et graveur suisse Johann Jakob Biedermann, spécialiste du paysage, sera représenté lors de la vente avec trois œuvres, dont l’huile intitulée Ville et la forteresse d'Aarburg.

Représentant majeur de l'expressionnisme rhénan, Walter Ophey ponctuera la vacation avec Paysage d’été. L’œuvre qui porte l’estimation la plus élevée du catalogue n’est autre que Le joueur de mandoline, une huile sur toile de Giovanni Giacometti, dit « Gi.Gi. », réalisée en 1931, deux ans avant sa mort.

Rendez-vous du 14 au 16 novembre chez Zofingen, pour une série de ventes comprenant plus de 2700 lots. L'exposition est ouverte du 2 au 10 novembre.


