« Cette découverte marque vraiment les esprits ! », s’est enthousiasmée Hilde de Clercq, directrice générale de l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA). « C’est l’occasion idéale pour souligner l’importance de l’inventaire du patrimoine bruxellois. »
Conservée dans le cabinet du magistrat de l’urbanisme depuis près de 60 ans, une œuvre jusqu’ici considérée comme une simple copie a été authentifiée comme un tableau du peintre baroque Jacob Jordaens (1593-1678). Elle représente sa plus ancienne version connue de « La sainte famille », un thème que le maître a repris dans trois autres tableaux aujourd’hui conservés dans les prestigieux Metropolitan Museum de New York, l'Ermitage de Saint-Pétersbourg et l'Alte Pinakothek de Munich.

C’est un moment d’émotion extraordinaire de découvrir une œuvre inédite de l’un des plus grands peintres baroques.
L’authentification de l’œuvre, qui représente plus d’un an de recherches approfondies, est le fruit de la collaboration scientifique entre l’IRPA, les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) et les experts internationaux du Jordaens Van Dyck Panel Paintings Project. Les analyses permettent aujourd’hui d’attribuer avec certitude cette œuvre à Jordaens, aux alentours de 1617-1618.

Un examen de dendrochronologie a également révélé que le bois utilisé provenait du même arbre que celui employé par Antoine van Dyck (1599-1641), renforçant « l’hypothèse émise que les jeunes Jordaens et Van Dyck étaient actifs simultanément dans l'atelier de Rubens », a précisé Joost Vander Auwera, conservateur et co-fondateur du Jordaens Van Dyck Paintings Project.
La sainte famille de Saint-Gilles va donc bénéficier, au sein de l’IRPA, d’une campagne de restauration d’un an financée par urban.brussels, le service public travaillant avec la Région Bruxelloise à l’origine de l’inventaire.

Comme l’a déclaré l’IRPA dans un communiqué, les vernis jaunis et les retouches assombries seront enlevés, tandis que le parquetage à l’arrière du panneau sera traité pour d’éviter d’éventuelles fissures ou pertes de peintures. Des analyses supplémentaires viendront compléter les connaissances autour de la technique picturale de Jordaens à ses débuts.
« C’est un moment d’émotion extraordinaire de découvrir une œuvre inédite de l’un des plus grands peintres baroques », a déclaré Constantin Pion, historien de l’art à l’IRPA. « Tout comme celui de vivre l’enquête scientifique fascinante qui a permis de révéler que cette Sainte Famille est une peinture de jeunesse et constitue un jalon important dans l’œuvre de Jacob Jordaens ».

Le tableau sera exposé au Musée royal des Beaux-Arts de Belgique fin 2021, après avoir retrouvé tout son éclat et ses couleurs d’origine. Il rejoindra ainsi l’une des plus importantes collections de Jacob Jordaens au monde.
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