Les estampes modernes pour détenir les œuvres de grands artistes
Nombreux sont les peintres du XXe siècle à figurer parmi les artistes majeurs de l’histoire de l’art : Pablo Picasso, Henri Matisse, Juan Miró, Andy Warhol, Lucian Freud, Francis Bacon, Zao Wou-Ki, Jean-Michel Basquiat… Leurs tableaux sont inabordables, atteignant souvent plusieurs millions d’euros, et parfois même plusieurs dizaines de millions d’euros. Si vous n’êtes ni millionnaire ni milliardaire, il faut vous tourner vers leurs estampes tirées à plusieurs dizaines ou centaines d’exemplaires. Elles valent beaucoup moins. Prenons l’exemple de Francis Bacon. En 2013, un grand triptyque de l’artiste, Trois études pour Lucian Freud, se vendait 105,9 millions d’euros. Le 18 novembre dernier, une lithographie triptyque, Trois études pour un autoportrait, trouvait preneur dans une vente aux enchères parisienne pour 18 200 euros. Ce prix est plus que raisonnable par rapport à un tableau, d’autant plus qu’il s’agissait d’une très belle épreuve caractéristique de l’œuvre de l’artiste.

En fait, le prix d’une estampe dépend de la notoriété de l’artiste, du sujet, du format, de l’état de conservation, de la qualité d’impression et du nombre de tirages. Si certaines d’entre elles, notamment de rares épreuves de Picasso, atteignent des prix élevés, bien d’autres constituent une niche abordable dont 75 à 85 % des lots sont vendus à moins de 2 000 euros. Les prix varient généralement entre 1 000 et 30 000 euros (pour les plus belles pièces). Même Picasso n’est pas toujours hors de prix. Dans un mémoire sur le marché de l’estampe effectué pour l’École du Louvre, Charlotte Levavasseur signalait ainsi que « 60 % des quelque 9 000 pièces de l’artiste vendues en 10 ans s’étaient négociées à moins de 5 000 euros ». Et ces prix raisonnés valent pour tous les grands noms du XXe siècle !
Les recommandations d'Aladin
Évaluer les qualités d’une estampe n’est pas à la portée de tous. Il faut une certaine expérience pour apprécier l’impression, l’état général, les défauts, et surtout détecter les faux. Vous devez donc vous fournir exclusivement dans les galeries et les maisons de ventes ayant pignon sur rue, et fuir les ventes entre particuliers et sur les sites Internet généralistes ; les faux y étant nombreux. Privilégiez les estampes dont le nombre d’exemplaires est le plus faible. Leur rareté est gage de valorisation de votre investissement.

Les conseils d’Alexandra Schwartz, directrice de Pace Master Prints à New-York
« Les estampes représentent les obligations et non les actions du marché de l’art. Elles prennent de la valeur avec le temps, mais leurs prix ne fluctuent pas. Vous ne revendrez pas une estampe avec profit quinze minutes après son achat. En revanche, si vous effectuez une belle acquisition et que vous êtes patient, vous en tirerez un jour un bénéfice ».
Article rédigé par Aladin Antiquités, le magazine des chineurs et des collectionneurs depuis 1987.

