… Dora Maar apparaît comme l’une des photographes les plus originales de son temps, une véritable pionnière dans le milieu du XXe siècle.
Un trésor photographique exceptionnel sera présenté pour la première fois au public les 27 et 28 juin prochains chez la maison Artcurial. La vente, intitulée « Dora Maar, inédits, fonds photographique », dévoilera l’œuvre d’Henriette Theodora Markovitch, plus connue sous le nom de Dora Maar, une artiste très accomplie trop souvent et simplement considérée comme « la muse de Picasso ». Bien qu’elle ait passé neuf ans de sa vie aux côtés du peintre cubiste, elle a livré, comme nous le dévoile le catalogue, un travail très personnel ponctué des thèmes qui lui étaient chers.

C’est à travers 750 clichés répartis en 356 lots que la maison Artcurial nous propose de redécouvrir cette artiste, et particulièrement sa carrière de la fin des années 1920 à la fin des années 1940. L’intégralité des photographies présentées a été conservée par la succession de Dora Maar et apparaît pour la toute première fois aux yeux du public.
« La redécouverte d’un ensemble aussi conséquent de négatifs et de tirages contacts d’époque représente un apport considérable à la connaissance de l’œuvre photographique de Dora Maar », a déclaré l’expert Antoine Romand dans un communiqué diffusé par la maison de ventes. « Certains sujets inédits permettront de combler des lacunes et d’apporter de nouvelles pièces au puzzle dans l’analyse de cette production photographique ».

On devine ainsi, à travers les centaines de clichés, le goût prononcé de Dora Maar pour le surréalisme (une période dont on lui retient notamment les emblématiques Sans titre (Main-coquillage) de 1934, et Portrait d’Ubu de 1936), mais aussi pour les nus et les natures mortes utilisés dans ses collages. Habituée de l’atelier d’André Lhote (où elle côtoie des artistes comme Cartier-Bresson et Braissaï) et grande amie d’André Breton, Maar s’est naturellement immergée dans la scène surréaliste, enchaînant les succès et participant à plusieurs expositions du mouvement. On retrouve également dans le catalogue de nombreuses scènes de rue à caractère social, allant des portraits de mendiants ou de travailleurs, de promeneurs ou d’enfants.

Ses années passées aux côtés de Picasso sont documentées dans des portraits encore méconnus du grand public, capturés à Mougins, à Antibes ou encore dans l’appartement parisien de Maar, rue de Savoie. Dans ces clichés pris entre 1936 et 1943, on décèle l’admiration qu’elle portait à Picasso et à son travail, mais aussi les étapes de leur vie commune. Dora Maar ne s’est peut-être véritablement affirmée en tant que peintre qu’après sa rupture avec Picasso, mais sa pratique photographique, elle, n’a jamais été mise en pause et n’est restée dans l’ombre de son partenaire que dans une moindre mesure.

Comme l’a déclaré Bruno Jaubert, directeur du département Impressionniste et Moderne chez Artcurial, « si Dora Maar a partagé neuf ans de sa vie aux cotés de Picasso, elle a su de manière magistrale créer une œuvre personnelle en totale indépendance, dans un médium que n’a jamais abordé Picasso, la photographie. À ce titre, Dora Maar apparaît comme l’une des photographes les plus originales de son temps, une véritable pionnière dans le milieu du XXe siècle. »

Chaque lot sera présenté sous la forme d’un négatif original, de son épreuve contact d’époque et d’un tirage moderne (30 x 40 cm) réalisé exceptionnellement pour la vente. Incontournable pour les amateurs d’art moderne et de photographie, cette vente mettra en lumière l’œuvre d’une figure montante de l’avant-garde artistique qui a documenté, avec goût et sensibilité, les grands bouleversements du XXe siècle. Les 27 et 28 juin prochains chez Artcurial.
En attendant, retrouvez tous les lots d’Artcurial sur Barnebys !
