La saison estivale marque le début des enchères les plus prestigieuses de l’année à Monaco, alors que le pays accueille les collectionneurs internationaux les plus avertis. Cette clientèle de plus en plus variée constitue le fer de lance du Rocher et nombreux sont ceux qui se laissent prendre au jeu des enchères.
Si l’Hôtel des Ventes de Monte-Carlo ne lésine pas sur la qualité de ses lots tout au long l’année, c’est pour le plus grand plaisir des amateurs de belles choses que la barre montera d’un cran en juillet. La maison s’emparera du Café de Paris du 18 au 21 pour six ventes d’exception reprenant les spécialités très ciblées de la saison, comme la haute joaillerie, l’horlogerie et la maroquinerie, et complétera son programme par des sessions dédiées à l’archéologie et à l’art moderne (pensez pièces muséales et sculptures monumentales).

Les 18 et 19 juillet feront la part belle à la joaillerie, avec un total de 360 lots répartis sur deux sessions. Parmi les lots phares, un collier collerette en or gris serti de diamants rond et navettes, retenant des cristaux de neige sertis de diamants et terminés de diamants poires plus importants. Le poids total des pierres de cette merveille s’élève à 76,44 carats.
À noter également, une bague en or gris centrée d’une exceptionnelle tourmaline triangulaire pesant 13,44 carats. La pierre, accompagnée de son certificat GIA attestant de sa couleur « greenish blue », est entourée de diamants baguette disposés dans un motif rayonnant.

Du côté des bijoux de créateurs, on retrouve une exceptionnelle bague René Boivin réalisée d’après un dessin de Juliette Moutard, orfèvre employée par Jeanne Boivin à la mort de son mari, qui a donné un nouveau souffle aux conceptions de la maison. Le bijou est serti d’un important diamant rond d’environ 9 carats, porte le poinçon de l’orfèvre Boivin, et sera présenté avec un certificat de Madame Françoise Cailles datant de 1935.

Enfin, la vente sera ponctuée par une bague en or jaune centrée d’un cabochon de rubis ayant appartenu au grand acteur et chanteur lyrique russe Feodor Chaliapine. Émigré à Paris dans les années 1920, Chaliapine a écumé les grandes scènes parisiennes, de l’Opéra Garnier au théâtre du Châtelet, en passant par l’Opéra-Comique. Le bijou provient directement de sa descendance.
Le 20 juillet sera consacré à la maroquinerie de luxe et aux montres. Le nom Hermès, représenté ici à travers un large éventail d’accessoires, de sacs, de porcelaines et de verres, sera rejoint par des signatures non moins prestigieuses comme Chanel, Prada, Céline ou encore Bvlgari.

Les modèles Birkin et Kelly, incontournables des enchères, seront proposés en plusieurs couleurs et matériaux, avec notamment un exceptionnel sac Kelly de 1962 orné d’une reproduction de la peinture Impossible Interviews-n°6, du caricaturiste Miguel Covarrubias. L’œuvre représente l’impossible interview entre Greta Garbo et Calvin Coolidge (président américain de 1923 à 1929), paru en mai 1932 dans le magazine Vanity Fair.

La session dédiée à horlogerie présentera une belle sélection de montres gousset, montres vintage, pendulettes, ainsi que de très beaux garde-temps issus des plus grandes maisons. Parmi eux, un exceptionnel modèle Celestial, symbole de la grande tradition Patek Philippe des montres astronomiques affichant sur le cadran une carte céleste mobile. Cette merveille d’ingénierie permet d’observer, à tout instant, la configuration exacte du ciel nocturne dans l’hémisphère nord, avec le mouvement apparent des étoiles, ainsi que la position de la lune et ses phases au cours du cycle lunaire. Une ellipse délimite l’ouverture de ciel visible au-dessus de Genève (et de toutes les villes situées sur la même latitude), tandis que les deux aiguilles indiquent l’heure légale.

À noter également, une montre Breguet Tourbillon Messidor pour homme en or rose 18k dotée d’un cadran squelette, d’un index rose formant les heures et d’un mouvement à remontage mécanique calibre B558SQ2.
Le 21 juillet, les enchères se poursuivront avec un catalogue d’archéologie, et notamment une pièce digne des plus grands musées : une importante paire de bracelets torques en or massif datant de l’Âge du Bronze, soit près d’un millier d’années avant notre ère. Ouverts en demi-cercles, les deux bijoux présentent une forme d’arc très épais et se terminent par une paire de volutes plates placées symétriquement. La forme générale de ces bijoux rappelle celle des fameux bracelets torques dont la création a débuté dès le 2nd millénaire en Europe du Nord, avant de se développer dans le reste du continent avec les Celtes.

Les colliers et bracelets torques en or étaient considérés comme symbole ultime du pouvoir princier et avaient une forte signification pour les Celtes, qui n’importaient jamais de bijoux des cultures voisines afin de renforcer leur identité. Porté par les vivants, ce type de bijoux faisait également acte de monnaie d’échange pour leur propriétaire dans la prochaine vie, si bien que bon nombre d’entre eux ont été découverts dans des tombes. Si plusieurs modèles suivant la même typologie sont aujourd’hui conservés dans les musées, la structure, l’esthétisme et la qualité d’exécution de cette rare paire de bracelets dépasse de loin celles des exemplaires connus.

La série de vente se clôturera le 21 juillet par un somptueux catalogue d’art moderne, et particulièrement de sculptures. En effet, HVMC aura le plaisir de présenter un superbe ensemble de 71 bronzes d’Edgar Degas provenant d’une collection privée européenne. Ce corpus d’œuvres parsemé de bustes, de danseuses, de scènes quotidiennes et de chevaux est un très bel exemple du répertoire de l’artiste, dont on retient surtout la période thématique prolifique sur les petits rats de l’Opéra de Paris.

Salvador Dalí sera représenté avec quatre grandes sculptures, dont un Minotaure de 1981 et une épreuve du célèbre Rhinocéros habillé en dentelle. Cette œuvre en question est le résultat de deux obsessions du surréaliste espagnol : le tableau La Dentellière de Vermeer, et la corne de rhinocéros, un « objet » dont la perfection, le galbe et la symbolique sexuelle ne l’ont pas laissé indifférent. Après un passage au Louvre pour reproduire la toile de Vermeer et une visite au zoo de Vincennes pour admirer l’animal, Dalí a finalement réalisé en 1956 une sculpture combinant ses deux passions, dont un exemplaire monumental est conservé à Marbella.

Enfin, I Grandi Archeologi, une sculpture monumentale de Giorgio de Chirico en provenance d’une collection particulière sera présentée. L’œuvre a été réalisée avec l’autorisation d’Isabelle de Chirico, la fille de l’artiste, d’après le plâtre original de 1968.
L’intégralité des ventes se tiendra au Café de Paris, Salon Bellevue, du 18 au 21 juillet. Pour toute information relative aux mesures sanitaires liées au Covid-19, ainsi que les horaires des expositions, nous vous invitons à visiter le site de la maison de ventes.
