Le 8 décembre dernier, la maison colognaise Lempertz a écrit un nouveau chapitre de l'histoire des enchères en Allemagne, lors de la dispersion de la collection de l'entrepreneur brêmois Hinrich Bischoff, décédé en 2005.
L'objet phare de la vacation n’était autre que La Fillette au brasier, une œuvre tardive du peintre baroque français Georges de La Tour (1593-1652), dont l'estimation avait été fixée entre 3 et 4 millions d'euros.
La Fillette au brasier appartient à la série d'œuvres la plus célèbre de Georges de La Tour : ses tableaux nocturnes. Seuls 48 tableaux nocturnes sont connus du peintre et ont assis sa réputation comme l’un des caravagistes les plus talentueux de l’histoire. L’œuvre était également la dernière scène de nuit encore en mains privées et, fait assez inhabituel pour De La Tour, porte la signature de l'artiste.

En tombant pour 3,6 millions d'euros (4,34 millions frais inclus), le marteau a fait du chef-d’œuvre le tableau le plus cher de l'artiste, mais aussi le tableau de maître ancien le plus cher jamais adjugé en Allemagne.
Le dernier record d'enchères pour Georges de La Tour avait été établi il y a près de 29 ans jour pour jour chez Christie's, lorsque Le vielleur aveugle (Le vielleur au ruban) avait été cédé pour 1,9 million de livres sterling (2,6 millions d'euros).
La dernière apparition de La Fillette au brasier sur le marché remonte à 1975. L’œuvre a été vendue à Hinrich Bischoff chez Christie's Londres pour 17 850 livres (équivalent aujourd'hui à environ 151 000 livres / environ 168 000 euros), soit une augmentation de prix de plus de 2 500 %.
Le tableau le plus cher de l'histoire des enchères en Allemagne (toutes époques confondues) a été vendu chez Grisebach en 2018 : Tête de femme en gris et bleu (Egyptienne) de Max Beckmann de 1942 a remporté 5,5 millions d'euros (frais inclus).
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