Dites bonjour à SKINNY, le dinosaure d’Heathrow !

« SKINNY », c’est le nom que les paléontologues ont octroyé au squelette de ce sauropode de 13 mètres de long, découvert en 2012. Le spécimen est actuellement exposé au cœur de l’aéroport d’Heathrow, à Londres, et rejoindra la capitale française en juin pour passer sous le marteau d’Aguttes.

Dites bonjour à SKINNY, le dinosaure d’Heathrow !

Âgé de 150 millions d’années, SKINNY fait sensation dans le monde de la paléontologie. Découvert en 2012 dans le Wyoming, aux USA, le spécimen de 13 mètres de long par 6 mètres de haut est un cousin de l’imposant Diplodocus. Considéré comme la « Rolls-Royce du dinosaure », SKINNY a fait l’objet de nombreuses études comparatives, sans qu’une correspondance d’espèce ne puisse être trouvée, et à ce jour, doit encore être nommé scientifiquement. 

Identifié comme un sauropode diplodocidé, SKINNY appartiendrait à un nouveau genre de diplodocidé. Le squelette est particulièrement bien préservé, avec plus de 90 % d’os d’origine, et possède la caractéristique unique d’exhiber des impressions de peaux : « C’est la première fois que de telles empreintes cutanées se retrouvent directement associées à des éléments de squelette chez un sauropode. SKINNY constitue un merveilleux sujet d’étude scientifique car la présence de ces « tissus mous » représente la seule preuve directe de l’apparence réelle des dinosaures vivants », a déclaré Eric Mickeler, expert renommé en paléontologie. 

Fragments de peaux visibles sur le squelette SKINNY, image © Aguttes
Fragments de peaux visibles sur le squelette SKINNY, image © Aguttes

La valeur d’un squelette de dinosaure étant déterminée par le pourcentage d’os natifs du spécimen et la qualité de leur fossilisation, SKINNY est supérieur à de nombreux squelettes connus à ce jour, y compris le Diplodocus du milliardaire Carnegie, qui avait été reconstruit à partir de fragments de plusieurs spécimens. 

Chaque squelette présenté par Eric Mickeler est donc accompagné d’un dossier complet assurant sa traçabilité, comportant, entre autres, les relevés de chaque os trouvé sur le terrain et la carte ostéologique du squelette remonté. Le label Eric Mickeler Fossil, créé par l’expert, est un certificat de qualité qui garantit une unicité dans la provenance des os. Mickeler a par ailleurs été l’un des premiers à avoir présenté des squelettes de dinosaures aux enchères, et milite pour préserver la transparence de ce marché, qu'il juge en plein essor.

SKINNY trônera donc fièrement au milieu du terminal de l’aéroport londonien d’Heathrow jusqu’au 3 juin, avant d’être rapatrié vers Paris, où il sera mis aux enchères chez Aguttes avec une estimation fixée entre 1,5 et 2 millions d’euros. Sa structure en inox, développée par la société Paleomove Laboratory, permettra au squelette d’être présenté dans diverses positions, après une légère intervention technique. 

Une partie du produit de la vente sera reversée en faveur de la protection des grands singes. Rappelons qu’Aguttes avait orchestré la vente du théropode du Jurassique à la Tour Eiffel en juin 2018, décrochant l’adjudication la plus importante de ces 20 dernières années pour un squelette de dinosaure (2,02 millions d’euros frais inclus), et avait permis d’aider les associations environnementales Sea Sheperd et The Cheetah Center. 

Cartes ostéologiques des deux profils de SKINNY présentant en rouge les os authentiques, image © Aguttes
Cartes ostéologiques des deux profils de SKINNY présentant en rouge les os authentiques, image © Aguttes

Le sauropode prendra donc bientôt le tunnel sous la manche pour regagner la France. Loin de s’inquiéter de l’impact du Brexit sur sa traversée, Mickeler a même confié : « Au pire, il aura quelques heures de retard. Mais j’ai prévu de la marge ». 

Si vous êtes de passage à Londres, dites bonjour à SKINNY, car qui sait où son prochain propriétaire l’emportera.

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