Peintures, sculptures, céramiques, design… les experts de la maison Rossini ont soigneusement sélectionné des œuvres de grands noms offrant un vaste panorama de l’histoire de l’art, allant des débuts de l’Art nouveau à aujourd’hui. Avec 228 lots de haut vol, les collectionneurs pourront retrouver, le 18 novembre prochain, des œuvres de Zao Wou-Ki, Loiseau, Giacometti, Jouve et Perriand, ainsi que des pièces de célèbres manufactures comme la cristallerie Daum à Nancy. C’est parti pour un tour d’horizon.

Incontestable lot phare du catalogue, Sans titre, 27.10.1992 est une huile sur toile de Zao Wou-Ki, artiste franco-chinois élu à l’académie des Beaux-Arts en 2002 et décoré par la France à plusieurs reprises pour sa contribution à l’art du XXe siècle. Zao Wou-Ki rejoint Paris, alors centre de la vie artistique mondiale, en 1948 pour côtoyer la scène bouillonnante forgée par les artistes de l’École de Paris et embrasse pleinement leur influence. C’est au début des années 1950, après une rencontre avec Paul Klee, que Zao Wou-Ki se tourne vers l’abstraction et développe peu à peu le style qu’on lui connaît aujourd’hui. Sa peinture, située au croisement de l’art occidental et de l’avant-garde européenne, est empreinte d’une gestuelle forte et d’une originalité sans pareille qu’il explorera tout au long de sa vie.
La toile proposée ici, réalisée en 1992, évoque un paysage montagneux doté d’une subtile palette de jaunes, de bleus, d’orangés et de roses. Ponctuée de transparences et d’effets de lumière, la scène est enveloppée d’un halo chaleureux et joue avec les éléments naturels, invitant le spectateur à y projeter son imaginaire.

Place au peintre postimpressionniste considéré comme le continuateur de Pissarro et de Monet : Gustave Loiseau. Connu pour travailler, comme ses prédécesseurs, les mêmes paysages en série sous différents jours pour en saisir les impressions changeantes, Loiseau a aiguisé sa touche pour capturer les vibrations lumineuses de ses paysages à la perfection. Il sera représenté lors de la vente avec Les bords de l'Eure en été, une grande toile de 1901 encore inédite aux enchères. Pourvue de touches de couleur pure, de reflets miroitants et d’un contraste coloré parfaitement maîtrisé, ce tableau, véritable célébration de la nature, regroupe toutes les qualités de Gustave Loiseau.

L’œuvre Chevaux éventrés, de 1936, est signée par André Masson, peintre majeur du mouvement surréaliste aussi connu pour son approche du dessin automatique. Masson n’a eu de cesse, à travers son œuvre, de questionner la barbarie humaine et les horreurs de la guerre, tout en explorant plusieurs techniques après sa rupture avec le surréalisme au début des années 1930. L’année 1936 marque le déclenchement de la guerre d’Espagne, alors que Masson se rapproche des anarchistes en Catalogne et côtoie des artistes et des intellectuels Européens. L’œuvre Chevaux éventrés, qui n’est pas sans rappeler ses autres compositions sur les atrocités de la guerre, est une preuve de plus que Masson, peut-être plus que beaucoup d’autres artistes, avait l’anticonformisme chevillé au corps.

Pour les amateurs de sculpture, on retrouve le chef-d’œuvre Chat maître d'hôtel, deuxième version, un bronze à patine brune qui marque la collaboration entre deux grands esprits du XXe siècle, les frères Diego et Alberto Giacometti, et le mécène Aimé Maeght. En effet, cette sculpture a vu le jour suite à la demande de Maeght pour orner l’intérieur d’une cage à oiseaux pour la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence. L’œuvre, d’abord dessinée par Alberto, a ensuite été transposée et réalisée en sculpture par Diego. Réunissant humour, esthétique et utilité, cette œuvre est une sculpture emblématique portant la griffe de deux grandes figures de l’histoire de l’art moderne.

Toujours dans la lignée surréaliste, mais avec un penchant dadaïste, on retrouve Max Ernst, un artiste parmi les plus polyvalents du siècle qui a exploré de nombreux médiums sans jamais vraiment en revendiquer un seul. C’est d’ailleurs grâce à Alberto Giacometti qu’Ernst a adopté une pratique sculpturale, après lui avoir rendu visite dans son atelier en Suisse, en 1934. Inspiré par le travail de son contemporain, Ernst a par la suite été l’un des seuls artistes à s’essayer à la sculpture surréaliste. On le trouve au sein du catalogue avec Janus, un extraordinaire bronze à patine brune nuancée de vert mesurant 43,5 cm de hauteur.

On termine ce tour d’horizon avec le roi de l’affiche et le fer-de-lance du mouvement Art nouveau, Alphonse Mucha. Les affiches commerciales et publicitaires de Mucha sont aujourd’hui ancrées dans la mémoire collective, et en plus d’avoir inspiré plusieurs éléments du langage visuel de la pop culture (notamment les affiches de super-héros), elles incarnent l’esthétique si inventive du début du XXe siècle. Cette affiche lithographique pour Amants, comédie de M. Donnay, pièce accueillie par le Théâtre de la Renaissance, a été réalisée en 1895, l’année même où Mucha a vu sa carrière décoller grâce à la commande spéciale de la grande tragédienne Sarah Bernhardt pour sa pièce Gismonda.
Outre la peinture et la sculpture, la maison Rossini proposera plusieurs pièces de design emblématiques signées par Jean Prouvé et Charlotte Perriand (entre autres), un bel ensemble de céramiques de Georges Jouve (comprenant un pichet, un cendrier et des bas-reliefs), ainsi que plusieurs créations de la cristallerie Daum.
La vente se tiendra le mardi 18 novembre prochain chez Rossini à Paris. Les expositions publiques ouvriront leurs portes dès le samedi 15 novembre.
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