La maison MJV Soudant tiendra, le 31 janvier prochain, une vente d’arts décoratifs comprenant plus de 470 lots. Les experts, qui ont concocté une fine sélection d’objets d’art, de mobilier, de tableaux et d’antiquités, font la part belle à la création belge et française à travers des œuvres signées Jules Wabbes, Charles Catteau, Damien Colcombet ou encore Degas.

L’architecte et décorateur Gustave Serrurier-Bovy sera représenté avec pas moins de quatre lots. Principal représentant de l’Art nouveau en Belgique, Serrurier-Bovy est considéré comme un précurseur du mouvement moderne et du design. Après un séjour en Angleterre qui lui fait découvrir le mouvement Arts and Crafts, il expose un cabinet à l'Exposition de la Libre Esthétique à Bruxelles en 1894 et rencontre un succès immédiat.

Serrurier-Bovy a milité pour la simplicité dans le domaine de la décoration, défendant fermement l’accès à la création pour tous. Dès 1902, il se détourne de la production artisanale, qu’il juge trop lourde et coûteuse, et se tourne vers l’industriel. Sa collaboration avec l’architecte parisien René Dulong donne naissance, en 1903, à la société « Serrurier & Cie », qui a produit certaines de ses plus belles œuvres connues à ce jour.
La maison de ventes aura le plaisir de présenter quatre de ses créations, soient une paire de vases, une table à allonges, une série de quatre chaises « Marguerite » et un plateau Art nouveau en cuivre.

D’abord propriétaire d’un magasin d’antiquités et d’objets anciens qui a attiré une clientèle friande de ses conseils en décoration, le designer bruxellois Jules Wabbes a ouvert un Bureau d’études d’architecture et de design industriel en 1951. Après quelques commandes pour des magasins, il s’est très vite spécialisé dans l’aménagement de bureaux, de bateaux, d’habitations privées et de logements étudiants.
Il créer ses premiers meubles à lattes (qui lui vaudront une médaille d’or à la XIe Triennale de Milan de 1955), en 1952 et dans un souci de durabilité, opte pour du bois massif, un matériau solide mais susceptible de craquer s’il n’est pas habilement exploité. En parallèle de ses projets d’aménagement, Wabbes fonde sa propre société d’édition, Le Mobilier Universel, pour assurer une production régulière et une meilleure diffusion de ses modèles.
Des chantiers navals aux ambassades, en passant par des bars et des bâtiments administratifs de premier ordre, Jules Wabbes a laissé derrière lui une œuvre aussi variée qu’ambitieuse. Son travail lui a permis de travailler avec des architectes de renom comme André Jacqmain et Henry van de Velde. Il sera représenté lors de la vente avec une paire de lampes en marbre noir réalisée vers 1970, à la fin de sa carrière.

Pièce de qualité muséale, cette exceptionnelle pendule lanterne d'époque Louis XV est référencée et illustrée dans l'ouvrage de René Schoppig intitulé L'horloge française à poids. Sa période artisanale du XVIè siècle au début du XIXème, où onze pages lui sont consacrées.
La pendule à quarts et carillon est dotée d’un mécanisme composé de 11 cloches et 17 marteaux, d’un cadran en laiton moulé à l'effigie du Dauphin, et d’une double rangée de cartouches en émail.

Formé pendant la période Art nouveau, le céramiste franco-belge Charles Catteau a très vite été sensibilisé à l’idée que l’art devait embellir la vie quotidienne et être accessible au plus grand nombre. Il s’est véritablement illustré au cours du mouvement Art déco, créant des vases en grès très réputés aux décors stylisés tirés de la faune et de la flore.
Il rejoint la manufacture Boch-Kéramis en 1907 et sera responsable de l’atelier décoration pendant la majeure partie de sa carrière, jusqu’en 1946. La liberté créative dont il bénéficiait lui a permis de s’essayer à tous les genres et de connaître un succès retentissant, allant même jusqu’à remporter un Grand prix lors de l’Exposition universelle de 1925. Les créations de Catteau ponctueront la vacation à cinq reprises, avec de superbes vases en grès aux décors de biches et de cerfs, de kangourous et aux motifs abstraits.

On termine avec une sculpture de l’artiste rennais Damien Colcombet, un important groupe en bronze à patine brune représentant une famille d’éléphants. Colcombet est un sculpteur animalier contemporain qui s’inscrit dans la lignée de l’école française de la sculpture réaliste du XIXe siècle.
Connu pour ses bronzes d’animaux sauvages et domestiques, il s’est consacré exclusivement à la sculpture en 2012 et possède déjà des dizaines d'œuvres exposées en France et à l’étranger. En 2013, à la demande de la Fondation Saint-Irénée de Lyon, il s'est écarté de son thème de prédilection pour réaliser une statue de Sainte Irénée, dont un exemplaire a été offert au pape François. Titulaire de plusieurs distinctions, Colcombet a réalisé une sculpture monumentale (Girafe et girafon) pour le Parc de la Tête d’Or à Lyon, installée en 2017.
Outre ces quelques œuvres, le catalogue comprend également un dessin de Degas, un petit Tondo sur cuivre et une table basse de Félix Agostini. Le 31 janvier à 13h.



