Tendance Art Déco
Débutant dans le domaine de la joaillerie auprès des plus grands bijoutiers (Cartier, Boucheron, Aucoc) René Lalique (1860-1945) prend vite son indépendance et se démarque en utilisant des matériaux dans la fabrication de bijoux, comme le verre, l'émail, l'ivoire ou la corne. Lalique voue une profonde admiration au corps féminin et s’inspire fortement, sous l’émergence du mouvement Art Nouveau, des formes organiques de la nature et des corps féminins. Le décor de violettes et le fond bleu émaillé de cette plaque est donc typique du créateur. Si son entreprise fonctionne toujours, ses œuvres réalisées de son temps, à l’instar de cette rare plaque rectangulaire bombée en cuivre émaillé, sont aujourd'hui très recherchées par les collectionneurs et amateurs d’objets notamment Art Déco et Art Nouveau.

Nous poursuivons avec cette suite de trois vitraux créée par Louis Barillet autour de 1932-1935. C’est dans cette période que Louis Barillet participe au renouveau du vitrail français en repensant cet art dans l'esprit du renouveau esthétique Art déco. Il expose notamment à l’Union des artistes modernes (1929-1958), mouvement fondé par des artistes décorateurs et architectes tels que Jean Prouvé, Charlotte Perriand, Le Corbusier ou encore Pierre Jeanneret et Robert Mallet-Stevens. Le style de Louis Barillet se reconnaît par son utilisation de verres industriels comme on peut le voir sur cette suite vitraux. Son travail séduit des architectes tels que Robert Mallet-Stevens ou Paul Rouvière.

Design japonais moderniste
Architecte japonais et disciple de Le Corbusier dans les années 1930, Junzô Sakakura (1901-1969) a été le fer de lance du mouvement moderniste dans le design et l'architecture au Japon. Concepteur du Pavillon du Japon à l’Exposition internationale de Paris de 1937, il obtient à cette occasion le Grand prix d’architecture et devient ainsi le premier architecte japonais reconnu sur la scène internationale. Ayant vécu à Paris entre 1931 et 1936, il fait partie du cercle des continuateurs de Le Corbusier. Influence que l’on discerne parfaitement dans le design moderniste et minimaliste de cette paire de chaises en bois de hêtre contreplaqué éditées par Tendo Mokko, du modèle 3222.

Peinture orientaliste
Nous retrouvons dans cette toile de 1951 intitulée Rencontre sous les feuilles de palmes par Jacque Majorelle (1886-1962) tout l'univers du peintre. Son bleu emblématique, les femmes, le jardin, les palmiers ployant sous les dattes… Le tout dans un équilibre parfait. À partir de la fin XIX, des peintres occidentaux tels que Majorelle trouvent en Orient la lumière et la liberté qu'ils n'avaient pas chez eux. Animé par l'attrait du voyage, de l'inconnu et des couleurs chaudes méditerranéennes, l'artiste quitte rapidement sa France natale en 1907 où il a fait les Beaux Arts. À la suite de pérégrinations en Italie, en Espagne et en Egypte, il est finalement conquis par le Maroc et s’installe à Marrakech en 1917. Il est fasciné par la splendeur de ce pays et puisera son inspiration dans les kasbahs, les marchés, et les jardins typiquement marocains. Le tableau est signé, daté 1951 en bas à gauche, et porte une dédicace.

École de Paris des années 1950
Originaire de Moscou, Serge Poliakoff (1900-1969) fuit la capitale à l’éclatement de la révolution russe de 1917, abandonnant ses études à l'Académie des Beaux-Arts. Après un court séjour en Europe de l’Est d’abord où il se produit comme musicien de cabaret, il rejoint Paris en 1920. Il est d’ailleurs un artiste important de la « Nouvelle École de Paris » (celle des années 1950), soutenu par de grands critiques d'art de l'abstraction. Marqué par sa rencontre avec Sonia et Robert Delaunay autant que par celle avec Vassily Kandinsky, Serge Poliakoff associe dans sa peinture formes arrondies et angles droits, figures asymétriques, et couleurs vibrantes, des éléments caractéristiques de son travail.
Pour l’artiste, la matière prévaut sur la forme et l’obtention des bonnes nuances est primordiale (il ira jusqu’à mélanger ses propres pigments). La composition abstraite présentée ici, datée de 1959, dévoile un bleu riche et apaisant qu’il est tentant d’associer au ciel, à la mer, ou à une forme d’infini. Cette toile provient d’une collection privée française et est répertoriée dans les archives du comité Poliakoff.

Ce portrait de jeune femme à l'œil unique est typique du style de l’artiste chinois Sanyu (1901-1966). Né dans une famille possédant la plus importante soierie de la province du Sichuan (Chine), Sanyu montre très tôt des prédispositions précoces pour les arts plastiques et apprend la calligraphie et la peinture. Il effectue un court séjour au Japon avant de s’installer en France en 1923 dans le Montparnasse des années 20 où il se lie d’amitié entre autres avec Matisse. Il côtoie également les membres de l’avant-garde de l’École de Paris et fréquente l’Académie de la Grande Chaumière où il parfait sa formation. Sanyu, qui fait partie de la première génération de peintres chinois investissant la scène artistique française, choisit de résider sa vie durant dans la Ville Lumière. On retrouve dans son œuvre un mélange de raffinement et d’épuration de style asiatique avec les codes du modernisme occidental à la manière de certains des protagonistes de l’École de Paris, comme Brancusi ou Modigliani. Ce portrait aux tonalités paisibles et harmonieuses, représente avec finesse et élégance une jeune femme d’apparence asiatique sur un fond lisse et laiteux.
La vente proposera également un autre portrait de femme de profil par Sanyu, avec au dos une étude à l'huile de visage de femme.

Rendez-vous 174 rue du Faubourg Saint-Honoré pour l'exposition des œuvres à partir du jeudi 17 novembre, et pour la vente le mardi 22 Novembre 2022.
En attendant la vente, consultez le catalogue complet sur Barnebys !



