Vincent van Gogh naît en 1853 à Zundert. Il est issu d’une famille de notables active dans le marché de l’art. Après un passage rapide dans une galerie, il s’oriente vers la carrière de pasteur, mais il échoue aux examens. Fervent mystique, van Gogh est déjà habité par des visions qui resurgiront dans ses meilleures toiles.

Vincent van Gogh, Autoportrait, 1887, image © The Art Institute Chicago
Vincent van Gogh, Autoportrait, 1887, image © The Art Institute Chicago

En 1878, il décroche une mission évangélique auprès des mineurs du Borinage. La vocation artistique naît dans la misère et le charbon : il représentera le petit peuple indigent et oublié de tous. Loin des futurs champs de blé, le premier van Gogh est un notoire producteur de croûtes. Ses dessins de paysans s’inscrivent dans la veine du réalisme social (Garçon coupant l’herbe avec une faucille, 1881). Certaines œuvres sont très mauvaises. D’autres témoignent d’un traitement original des formes et des perspectives. L’ambiance est noire, comme la misère qu’il peint.

Vincent van Gogh, Garçon coupant l’herbe avec une faucille, 1881, image via Wikipedia
Vincent van Gogh, Garçon coupant l’herbe avec une faucille, 1881, image via Wikipedia

Van Gogh est alors influencé par Millet, Lhermitte, Delacroix et les Flamands. Il réalise des natures mortes, des paysages et des vedute rappelant Dürer ou Vermeer (Les Toits de la Hague vus depuis l’atelier, 1882). Son langage pictural se développe progressivement. Les Mangeurs de pommes de terre (1885) valent presque un mauvais Le Nain. Sans horizon dans le Nord, le peintre s’installe à Paris en 1886 où il rejoint son frère Théo, marchand d’art.

Vincent van Gogh, Japonaiserie- Oiran, après Kesaï Eisen', 1887, image via artvan-Gogh
Vincent van Gogh, Japonaiserie- Oiran, après Kesaï Eisen', 1887, image via artvan-Gogh

Il rencontre les impressionnistes Toulouse-Lautrec, Degas, Pissarro et Gauguin. Fidèle à ses habitudes, il travaille sans relâche. Insatisfait, il recopie piètrement les antiques du Louvre. Il peint le portrait de son fournisseur, le Père Tanguy (1887). Avec Théo, il collectionne les estampes japonaises et s’enrichit des lectures de Charles Blanc. Van Gogh réalise également une vingtaine d’autoportraits au jus de chique et de bitume. Déjà apparaît le motif du chapeau comme une revendication (Autoportrait au chapeau de feutre, 1887). Au total, le peintre réalise plus de 200 toiles durant son séjour dans la capitale.

Vincent van Gogh, Le Café de nuit, 1888, image via  OverstockArt
Vincent van Gogh, Le Café de nuit, 1888, image via OverstockArt

En février 1888, Van Gogh déménage à Arles. Sur les pas de Signac et de Monticelli, sa palette s’ouvre à la lumière du Sud. Il utilise des crayons gras, de la craie noire, et découvre un type de roseau qu’il taille en plume. Son dessin hachuré s’anime d’une vivacité inédite (Le Rocher de Montmajour avec des pins, 1888). Il peint la campagne arlésienne (La Moisson, 1888) et l’ambiance nocturne de la ville. Le Café de nuit (1888) illustre cette science des couleurs fauves et des perspectives déviées qui semblent naturelles chez lui.

Il peint également les Tournesols (1888), la Nuit Étoilée (1888), la famille du Facteur Roulin (1888) et trois versions de la chambre qu’il occupe dans la Maison Jaune. C’est là qu’il cohabite un temps avec Gauguin, mais l’expérience tourne court. Van Gogh montre des signes croissants de faiblesse mentale. Un soir, il tente d’entailler son colocataire avec un rasoir, et se coupe ensuite l’oreille, comme pour se punir. Gauguin s’enfuit et prévient son frère, Théo. À la suite de cet événement, Vincent est interné.

Vincent van Gogh, Autoportrait à l'oreille coupée, 1889, image via The Courtauld Institute of Art Vincent van Gogh, Autoportrait à l'oreille coupée, 1889, image via The Courtauld Institute of Art

Sitôt dehors, il peint l’Autoportrait à l’oreille coupée (1889). Mais désormais, van Gogh fait peur. Même la population locale se méfie de lui. En mai 1889, il quitte Arles après avoir réalisé plus de 300 œuvres.

Revenu dans le Nord, van Gogh s’installe à Auvers-sur-Oise. Il crèche à l’auberge Ravoux dans une piaule minable louée un franc la nuitée. Il peint le portrait du Docteur Gachet (1890), un amateur d’art, réputé pour soigner les maladies nerveuses. La posture du notable se rapproche d’une célèbre Melancholia

Vincent van Gogh, Portrait du Dr. Gachet, 1889, image via Wikipedia
Vincent van Gogh, Portrait du Dr. Gachet, 1889, image via Wikipedia

En deux mois seulement, van Gogh peint 80 tableaux. Du matin au soir, il arpente la campagne avec des kilos de matériel sur le dos. Les ciels et les champs se transforment en vagues, en mouvements de forces telluriques déferlant sur la toile (Champ de blé aux corbeaux, 1890). Les vues du village d’Auvers sont peut-être les plus magistrales (L’Église d’Auvers, 1890).

Le 29 juillet 1890, van Gogh se tire une balle en pleine poitrine au milieu d’un champ de blé. Il meurt peu après dans les bras de son frère Théo, à l’âge de 37 ans. Pouvait-il vraiment faire mieux ? Il est l’un des rares à avoir cerné ce ralentissement de l’action de l’homme propre aux toiles des grands maîtres.

Vincent van Gogh, L'Allée des Alyscamps, 1888, image via BBC
Vincent van Gogh, L'Allée des Alyscamps, 1888, image via BBC

« Suicidé de la société », van Gogh incarne plus que tout autre le mythe de l’artiste maudit. À la médicalisation de son art répond l’esthétisation de sa folie. Avec le temps, la biographie est devenue hagiographie.

Sur le marché, ses œuvres atteignent des prix exorbitants. En 2015, L’Allée des Alyscamps (1888) s’est vendue 66 millions de dollars (Sotheby’s New-York). Face à la frénésie, on brûle de retrouver des œuvres inédites. 

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