La vente était organisée à Nuremberg, ville célèbre pour les rallyes nazis qui y étaient tenus, et où les leaders du parti furent ensuite jugés pour crimes de guerre. La maison Weidler avait annoncé la dispersion de 31 tableaux d’Adolf Hitler, et de plusieurs objets lui ayant appartenu, incluant un vase et un siège en rotin tissé d’une croix gammée sur l’accoudoir.

La maison de ventes avait espéré une adjudication de 45 000 euros pour l’œuvre la plus chère. Des accusations remettant en cause l’authenticité des œuvres ont forcé Weidler à revoir le catalogue de leur vente, que le maire de la ville, Ulrich Maly, a décrit comme étant « de mauvais goût ». En Allemagne, la diffusion publique des symboles nazis est interdite par la loi, sauf dans des contextes éducatifs ou historiques. La maison de ventes aurait réussi à détourner les règles en pixélisant les images de son catalogue. 

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Face aux doutes, les autorités allemandes se sont saisi de 63 tableaux, dessins et aquarelles du dictateur, dont 26 étaient prévus pour la vente du 9 février, tandis que le reste était programmé pour une seconde vacation. Les 63 œuvres signées « AH » ou « A Hitler » font l’objet d’une vérification d’authenticité, mais surtout d’une enquête pour « suspicion de falsification de documents et tentative de fraude ». Selon Antje Gabriels-Gorsolke, la procureure générale de Nuremberg-Fürth, Weidler serait complice de l’opération et aurait proposé les œuvres à la vente volontairement. 

Les ventes des œuvres présumées de la main d'Adolf Hitler attirent souvent les controverses et les accusations. Le mois dernier, une maison berlinoise a subi l’intervention des autorités, qui se sont emparées d’une collection d’œuvres pour les mêmes raisons. 

Vase en porcelaine de Meissen vendu à 5 500 euros. Vase en porcelaine de Meissen vendu à 5 500 euros.

Des douzaines d’œuvres signées par le dictateur, souvent jugées de qualité médiocre par les experts, ont été vendues au cours de ces dernières décennies. En 2015, Weidler enregistrait l’adjudication de 12 tableaux attribués à Hitler pour un total de 400 000 euros, reportant des enchérisseurs venus d’Allemagne, de Chine, du Brésil, de France et des Émirats.

Certains déclarent acquérir les œuvres d'Hitler pour des raisons historiques, quand d’autres tableaux auraient été achetés par des groupes d’extrême droite qui idéalisent le régime. La vente d’objets commémorant les idéaux nazis reste à ce jour un sujet qui divise le monde entier.