Le dessin a pratiquement doublé son estimation de base, lors d’une vente aux enchères tenue chez Bonhams à New-York, le jeudi 2 mai 2019. L’œuvre intitulée The Cell, Robben Island, qui n’avait jamais été rendue publique, fait partie des 22 dessins réalisés par l’ancien président sud-africain en 2002 dans le cadre d’une activité thérapeutique sur son incarcération. 

Présenté en salle des ventes avec une estimation comprise entre 60 000 et 90 000 dollars, le croquis représentant les barreaux de la cellule nº5 de Robben Island a été adjugé pour 112 575 dollars (100 600 euros). Les barreaux du minuscule compartiment dans lequel Mandela est resté enfermé pendant 18 longues années de sa vie sont représentés en violet, tandis qu’une clé repose dans la serrure de la porte.

Nelson Mandela, The Cell Door, Robben Island, image © Bonhams Nelson Mandela, The Cell Door, Robben Island, image © Bonhams

Giles Peppiatt, directeur du département d’art africain moderne et contemporain chez Bonhams, a décrit l’œuvre comme « l’une des plus poignantes et importantes » de l’ancien président, démontrant « son esprit indomptable dans une honnêteté et une clarté caractéristique ». 

Bien que dix autres dessins de Mandela avaient été lithographiés afin de lever des fonds pour la Mandela Foundation, l’œuvre The Cell Door, Robben Island, était très chère à son auteur. Sa fille Makaziwe, qui a décidé de mettre le croquis en vente, a déclaré : « cette œuvre avait une importance particulière pour lui car c’était un rappel constant qu’il ne pouvait oublier ce qui semblait inoubliable, et qu’il ne devait pas prendre la liberté pour acquis ». 

Le prix Nobel de la paix accepte de poser dans la cellule où il a passé 18 de ses 27 années d'emprisonnement. Robben Island, Afrique du Sud, 1994, image © Jürgen Schadeberg
Le prix Nobel de la paix accepte de poser dans la cellule où il a passé 18 de ses 27 années d'emprisonnement. Robben Island, Afrique du Sud, 1994, image © Jürgen Schadeberg

La cellule nº5, aujourd’hui un lieu de pèlerinage ayant reçu la visite de Bill Clinton et de Barack Obama, est exiguë. Dans Long Walk to Freedom, son récit autobiographique, Mandela a écrit : je pouvais marcher d’un bout à l’autre en trois pas ». 

Selon la maison de ventes, le dessin était la première œuvre de la main de Mandela à apparaître sur le marché des enchères. Makaziwe a révélé que la peinture était une façon pour son père de se relaxer, mais aussi et surtout, de donner un sens à son passé tumultueux. Il s’était effectivement tourné vers une activité artistique dans un but thérapeutique, après sa retraite officielle du poste de Président de l’Afrique du Sud en 1999. 

La vente, une première de Bonhams pour l’art africain contemporain à New-York, a décroché 6 nouveaux records du monde, et comprenait des œuvres d’Irma Stern, Demas Nwoko, Alexander Skunder Boghossian, et de Christo Coetzee.