Réalisé en 1904, le diadème qui sera proposé chez Christie’s à Genève en mai prochain était destiné à Alexandra de Hanovre, en vue de son union avec le grand Duc de Mecklembourg-Schwerin, Frédéric-François IV. 

En tant que fervente admiratrice et collectionneuse d’objets Fabergé, la mère du Grand Duc, la Grande Duchesse Anastasia Mikhailovna de Russie, a proposé à son fils de faire appel à l’atelier du célèbre joaillier pour la confection de son cadeau de mariage, prévu pour le 7 juin 1904. 

Les modalités de la confection ont été, selon les archives, négociées dans une correspondance entre le cabinet officiel de Mecklembourg-Schwerin et Eugène Fabergé. Une missive datée du 10 mai offre la possibilité de réaliser « un diadème de diamants pour 10 000 roupies ou un diadème d’aigue-marine et de diamants pour 7 500 roupies ». 

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Une autre encore fait référence à une série de dessins que Fabergé avait fait parvenir à la Grande Duchesse afin d’obtenir l’aval de son fils. Les croquis représentant l’éventuelle section supérieure du diadème ont cependant été perdus, et à seulement deux semaines du mariage, Eugène Fabergé restait sans instructions précises sur l’aspect final du bijou. 

Après avoir réclamé les croquis pour la deuxième fois, Fabergé a déclaré être dans l’incapacité de livrer le diadème dans un délai aussi restreint, soit le 7 juin, comme le cabinet l’avait requis. 

La Princesse Alexandra de Hanovre s’est donc vue dans l’obligation, le jour de son mariage, de porter la traditionnelle couronne nuptiale hanovrienne, un joyau conservé dans la famille depuis un siècle qui avait été commandé en 1761 par le Roi George III d’Angleterre, pour la Reine Charlotte de Mecklenburg-Strelitz. 

Alexandra de Hanovre a reçu le diadème Fabergé, son cadeau matrimonial personnel, quelque temps plus tard. À l’époque de leur union, les deux jeunes promis étaient âgés de 21 et 22 ans. Le diadème à la provenance historique n’a pas été révélé au public depuis plus d’un siècle. 

Cette pièce de haute-voltige est dotée de détails pensés spécialement pour l’événement princier. Une frise de myosotis (appelés « forget-me-not » en anglais, signifiant, « ne m’oublie pas ») entrelacée de rubans incarne l’amour vrai et éternel, tandis que les flèches font référence à la figure de Cupidon, à l’engagement et à l’affection. Neuf pierre aigue-marine taillées en poire surplombent le diadème, dont la structure est parsemée de diamants plus modestes. 

Proposée pour la première fois aux enchères, cette merveille signée Fabergé est estimée entre 200 000 et 300 000 euros. 

Le diadème le plus cher jamais vendu aux enchères appartenait à la femme de Napoléon III. Il a été adjugé en 2001 chez Sotheby’s pour 12,8 millions de dollars.

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