Arles2016_affiche_festival

Cette 47e édition, qui se déroule du 4 juillet au 25 septembre 2016, s’articule autour de 3 grands thèmes : la photographie de rue, en présentant les maîtres du genre, Sid Grossman et Garry Winogrand, et les jeunes noms qui lui donnent un nouveau souffle, à l’instar du jeune photographe irlandais Eamonn Doyle avec son exposition « End » ou encore de Christian Marclay ; le grand Ouest américain et son folklore sont mis à l’honneur par Bernard Plossu, fasciné par l’histoire des Indiens d’Amérique qu’il tenta de retrouver au cours de ses nombreux voyages au Nouveau-Mexique, en Arizona, Californie et au Nevada ; le continent africain n’est pas en reste à travers trois expositions au ton résolument décalé, réunies sous le thème « Africa Pop », qui nous fait voyager du Mali au Nigeria à travers les clichés de Malick Sidibé, surnommé « l’œil de Bamako », restituant l’ambiance festive de la ville dans les années 1960, les photomontages de Maud Sulter juxtaposant les cultures africaine et européenne, enfin un aperçu de l’industrie de Nollywood, qui marque actuellement l’âge du cinéma.

Malick Sidibé, Regardez-Moi !, 1962. Avec L’aimable autorisation de l’artiste et de la Galerie Magnin-A, Paris. Malick Sidibé, Regardez-Moi !, 1962.
Avec L’aimable autorisation de l’artiste et de la Galerie Magnin-A, Paris.

Parallèlement à ces 3 thématiques, d’autres aspects de la photographie sont également mentionnés. À commencer par la photographie documentaire, à travers les approches de Yan Morvan dans son encyclopédie sur les théâtres de guerre, mais aussi celles d’Alexandre Guirkinger sur la ligne Maginot ou encore les célèbres clichés de Don McCullin sur les zones de combat.

La photographie utilitaire ensuite, ces clichés anonymes, extraits de leur contexte, retrouvés par hasard ou assemblés selon une caractéristique précise et qui deviennent dès lors simple illustration ou document du quotidien. Genre à part entière, ces « images pauvres » comme on les nomme, font l’objet de l’attention de Julie Jones, historienne de la photographie et sont au cœur d’un projet de Sébastien Lifshitz, réalisateur.

Don McCullin, Petit matin, West Hartlepool, comté de Durham, 1963. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Hamiltons Gallery, Londres. Don McCullin, Petit matin, West Hartlepool, comté de Durham, 1963.
Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Hamiltons Gallery, Londres.

La programmation de cette 47e édition des Rencontres d’Arles, entièrement dédiée à Michel Tournier, écrivain décédé en début d’année et fondateur du festival, avec le photographe Lucien Clergue et le conservateur Jean-Maurice Rouquette, est une nouvelle fois extrêmement riche. Nombre d’autres projets y prennent place (conférences, ateliers, rencontres, lectures…) avec ce même fil rouge depuis sa création : la révélation de talents. Les actions du festival abondent en ce sens, à travers prix, expositions, mais aussi depuis 2015, une résidence, tous consacrés à la jeune création afin de leur apporter soutien financier et visibilité, pour mener à bien leurs productions artistiques.

João Pina, Série "Procès". Bahía Blanca, Argentine, février 2012 Avec l’aimable autorisation de l’artiste João Pina, Série "Procès". Bahía Blanca, Argentine, février 2012
Avec l’aimable autorisation de l’artiste

Stéphanie Solinas (lauréate de la 1e résidence des Rencontres d’Arles), Sans titre (herbier), Le Palais de l’esprit, 2016. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. Stéphanie Solinas (lauréate de la 1e résidence des Rencontres d’Arles), Sans titre (herbier), Le Palais de l’esprit, 2016.
Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

L’édition 2016 ne pouvait pas ne pas évoquer les évènements tragiques qui ont secoué la France en 2015. Sous la forme de deux expositions, elle rappelle la journée tragique du 11 septembre 2001 à travers des photographies d’archives et rend hommage aux victimes de Charlie Hebdo dans une série de photomontages, aspect trop souvent oublié du journal au profit des dessins, qui firent les grandes heures du journal satirique.

Reeve Schumacher, #1, série Nothing but Blue Skies, 2016. Avec l’aimable autorisation de l’artist Reeve Schumacher, #1, série Nothing but Blue Skies, 2016.
Avec l’aimable autorisation de l’artist

Professeur Choron, Hara Kiri n° 225, juin 1980. Avec l’aimable autorisation de la collection Marc Bruckert/Thomas Mailaender. Professeur Choron, Hara Kiri n° 225, juin 1980.
Avec l’aimable autorisation de la collection Marc Bruckert/Thomas Mailaender.

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