Les pointures de l’art moderne et contemporain arrivent chez Rossini

De Kandinsky à Jean Fautrier, d’Albert Marquet à Erro, en passant par les sculpteurs Pompon et François Vandenberghe, la sélection d’art moderne et contemporain concoctée par les experts de Rossini offre un large panorama de styles, de médiums, de courants, et de pointures de l'histoire de l'art.

Les pointures de l’art moderne et contemporain arrivent chez Rossini

Wassily Kandinsky ne débute sa carrière de peintre qu’à l’âge de 30 ans, alors qu’il s’installe à Munich pour entrer aux Beaux-Arts. Sa maturité et son intellectuel lui permettent de progresser rapidement, et le poussent à intégrer une dimension théorique à sa pratique, et au domaine de la peinture en général.  

Après s’être consacré à l’abstraction au début des années 1910, Kandinsky rentre en Russie et voue son énergie au développement de la politique culturelle du pays, qui se remet de la révolution de 1917. Il se rapproche naturellement des arts primitifs et folkloriques, et embrasse l’influence de la peinture d’icônes, tout en y apportant une touche de modernisme et une pointe d’abstraction. 

Wassily Kandinsky, Madone à l'enfant, circa 1917, image © Rossini
Wassily Kandinsky, Madone à l'enfant, circa 1917, image © Rossini

Durant cette période, il peint une série d’huiles sous verre, dont une Madone à l’enfant aux couleurs vibrantes, aujourd’hui conservée au musée National d’Azerbaïdjan à Bakou. L’aquarelle de 1917 (circa) qui sera présentée chez Rossini le 25 juin prochain n’est autre que le modèle qui a servi à la réalisation de cette œuvre. 

« Moi, je travaille beaucoup l’aquarelle. C’est un travail minutieux et j’apprends pour ainsi dire l’art de bijoutier. Ça m’aidera pour les grands tableaux, qui se forment peu à peu dans mon cœur. » Wassily Kandinsky, lettre à Gabriele Münter, Moscou, 1916

Albert Marquet, La Seine à Rolleboise, huile sur carton toilé, image © Rossini
Albert Marquet, La Seine à Rolleboise, huile sur carton toilé, image © Rossini

Fort de son amitié avec Henri Matisse, le peintre bordelais Albert Marquet se lance corps et âme dans la cause du mouvement fauve, et ne se laissera guère influencer par le postimpressionniste. Hormis quelques portraits et nus, Marquet se consacre surtout à la peinture de paysages (souvent dépeints en surplomb), et affectionne particulièrement la présence de l’eau dans ses compositions, comme en témoigne La Seine à Rolleboise, l’huile sur carton toilé du catalogue de Rossini. Ses séries de paysages font penser à celles des peintres impressionnistes, mais contrairement à celles-ci, sont simplifiées, flanquées de contours nets et d’aplats de couleurs volontairement restreintes.

Jean Fautrier, La boîte en fer blanc, 1956, huile sur papier marouflé sur toile, image © Rossini
Jean Fautrier, La boîte en fer blanc, 1956, huile sur papier marouflé sur toile, image © Rossini

Le peintre figuratif Jean Fautrier s’est illustré comme l’un des représentants les plus importants du courant de l’art informel, et comme un pionnier de la technique de haute pâte. Après plusieurs traumatismes dus aux conflits mondiaux, qui ont mis une halte à sa production, Fautrier recommence à peindre en 1954. Il brosse des tableaux d’inspiration plus structurée où s’entremêlent stries, lignes colorées et grilles, dans des compostions qui rappellent les peintures abstraites, comme on l’observe dans La boîte en fer blanc, de 1956.  Néanmoins pour Fautrier, l’abstraction ne veut pas dire « hors de la réalité », mais « dans » celle-ci. 

Hans Hartung, Composition, 1952, technique mixte, image © Rossini
Hans Hartung, Composition, 1952, technique mixte, image © Rossini

Le père du tachisme, Hans Hartung, bénéficie de sa première exposition personnelle à Paris en 1947 à la Galerie Lydia Conti, qui le propulse sur le devant de la scène parisienne de l’époque. On parle de lui comme du précurseur de l’Action Painting, et en 1952, année où l’œuvre Composition a été réalisée, une rétrospective de son travail est organisée au musée de Bâle. À partir de 1961, le procédé du grattage apporte un vent nouveau à sa peinture, et le poussera à inventer de nombreux outils, comme des balais de genêts, des sulfateuses, tuyaux d’arrosage et autres bizarreries.

ERRO, Wonderwoman, 1989, peinture sur toile, image © Rossini
ERRO, Wonderwoman, 1989, peinture sur toile, image © Rossini

Wonderman est une toile de 1989 signée par celui à qui l’on doit le mouvement de la Figuration narrative en France, l’islandais Erro (ou Erró). L’artiste a renoncé à sa propre imagerie pour créer des collages flamboyants dotés d’une esthétique pop, et parsemés d’images issues de la culture de masse américaine. Deux autres œuvres, 40 visages et Maison de retraite, seront également présentées lors de la vente. 

On termine sur une superbe sélection de bronzes animaliers, comprenant, entre autres, les artistes François Vandenberghe, François Pompon, Olivier Couteau, Pierre Chenet ou encore Constantin Cristesco. 

François Vandenberghe, Hommage aux Bugatti, bronze à patine terre d'Afrique avec défenses en bronze stratifié, n°8/8, image © Rossini
François Vandenberghe, Hommage aux Bugatti, bronze à patine terre d'Afrique avec défenses en bronze stratifié, n°8/8, image © Rossini

L’univers de François Vandenberghe gravite autour de la figure de l’éléphant, qu’il a rencontré et côtoyé alors qu’il résidait au Gabon, pendant 27 ans. Si son œuvre comporte d’autres représentations d’animaux, comme les rhinocéros, l’éléphant reste son sujet favori. Il met l’animal en scène dans des allégories masquées par une apparence très réaliste. Vandenberghe fait toujours preuve d’une grande introspection, recherchant les postures et attitudes les plus justes, détruisant les œuvres qui ne lui conviennent pas. Deux œuvres, Hommage aux Bugatti, et Variation autour de Corne d'Argent, ont rejoint le prestigieux catalogue. 

La vente se tiendra chez Rossini le 25 juin prochain à 14h30.

Retrouvez tous les lots de Rossini ici !

 

Publicité
Publicité