Les merveilles du Bauhaus sont à saisir 

L’école du Bauhaus sera à l’honneur très prochainement chez Grisebach. Inscrite dans le programme des prestigieuses ventes de printemps de la maison berlinoise, la vacation regroupe plus de 200 œuvres, objets et pièces de mobilier signées par les figures majeures de la célèbre institution. 

Les merveilles du Bauhaus sont à saisir 

Grisebach tiendra, du 29 mai au 1er juin, sept ventes de prestige dédiées à l’art du XIXe siècle, à la photographie, à l’art moderne et contemporain, et à la production de la mythique école du Bauhaus, qui a fêté son centenaire en avril dernier. 

Cylindres, sphères, rectangles, angles droits et courbes. Signé par Naum Slutzky pour l’architecte hambourgeois Fritz Block, ce service en argent et en ébène de 1927 est une véritable conception architecturale transposée dans le domaine de l’argenterie. Fritz Block rencontre Slutzky en 1925, alors que ce dernier travaille sur la création d’une lampe, et lui commande un service l’année suivante, bien que Slutzky ait une expérience limitée dans le placage d’argent (il était orfèvre et maître artisan du Bauhaus). Plusieurs idées et concepts architecturaux de Block sont disséminés dans le service, qui est rapidement devenu un objet culte dans le cercle des architectes d’Hambourg.

Naum Slutzky, service à thé pour Fritz Block, image © Grisebach Naum Slutzky, service à thé pour Fritz Block, image © Grisebach

Le peintre et photographe hongrois László Moholy-Nagy a pris la tête du cours préliminaire et de l’atelier du métal au Bauhaus en 1923, sous l’invitation de Walter Gropius. Il joue un rôle important dans la publication des « Bauhausbücher » (série de livres du Bauhaus contenant les théories de Mondrian, Malevitch, Klee, Kandinsky etc.), dont il assure aussi la mise en page, tandis que ses toiles de l’époque se présentent comme des organisations d’éléments géométriques évoluant dans un espace tridimensionnel. Expressionist Composition est une huile sur plexiglas incisé de 1946, dans laquelle plusieurs lignes tracées en pointillés se chevauchent et se rencontrent pour former d’autres figures. 

László Moholy-Nagy , Expressionist Composition, 1946, image © GrisebachLászló Moholy-Nagy , Expressionist Composition, 1946, image © Grisebach

La très célèbre « Lampe Bauhaus », comme l’appelaient sobrement les critiques d’art dès 1928, est une création de Wilhelm Wagenfeld qui symbolise véritablement les ambitions et les idéaux de l’école, comme peu d’autres objets l’ont fait. En plus de ses lignes formelles, la combinaison de matériaux tels que le verre, le fer, et le laiton nickelé avec le mécanisme d’une lampe électrique s’inscrit dans l’esprit de la modernité de l’époque. Pour réaliser la lampe, Wagenfeld se serait inspiré du maître incontesté de la forme et enseignant de l’atelier du métal, László Moholy-Nagy. La lampe, produite en seulement quelques exemplaires en 1933, a été adoptée par tous les grands architectes modernistes, tels que Bruno Taut, Adolf Loos, Ludwig Mies van der Rohe, ou Walter Gropius. 

Wilhelm Wagenfeld, « Lampe Bauhaus», image © GrisebachWilhelm Wagenfeld, « Lampe Bauhaus», image © Grisebach

Marianne est l’une des figures majeures de l’atelier du métal, au sein duquel elle a produit près de 70 œuvres. Tout comme sa célèbre théière, ce cendrier en laiton incarne l’essence de son travail, basé sur l’utilisation de formes géométriques simples adaptées à une fabrication en série, et inspiré par le cubisme. Elle succède à Moholy-Nagy à la tête de l’atelier du métal en 1928, où elle restera un an et engendrera d’importantes négociations avec l’industrie. Brandt est la seule femme a avoir été maître de l’atelier du métal du Bauhaus. 

Marianne Brandt, cendrier en laiton, image © GrisebachMarianne Brandt, cendrier en laiton, image © Grisebach

La vente ORANGERIE bauhaus forever! se tiendra le 30 mai à 14h00. 

La semaine de vente recèle d’autres chefs-d’œuvre de l’art moderne et contemporain, comme cette nature morte du peintre et graphiste allemand Max Pechstein. Représentant de l’expressionnisme allemand, sa production comprend surtout des portraits, des paysages et des natures mortes parfois inspirés de motifs exotiques des Palaos. Cette toile de 1913 est tirée d’une période où Pechstein s’est particulièrement intéressé à l’art africain et océanien. Dans cette nature morte, on retrouve un tabouret camerounais sur lequel reposent divers fruits, ainsi qu’un vase bleu à motifs. 

Max Pechstein, Stilleben in Grau, 1913, image © GrisebachMax Pechstein, Stilleben in Grau, 1913, image © Grisebach

Red in the Deepest Sound fait partie de la série d’œuvres qu’Ernst Wilhelm Nay a réalisé à partir des années 1950. Ces toiles agissent comme un prolongement de ses « images rythmiques », créées en réponse à des mélodies. 

Ernst Wilhelm Nay, Red in the Deepest Sound, 1962, image © Grisebach
Ernst Wilhelm Nay, Red in the Deepest Sound, 1962, image © Grisebach

La vente d’art contemporain (31 mai) sera ponctuée d’une œuvre remarquable de Gerhard Richter. L'artiste allemand, connu pour ses œuvres abstraites axées sur la matérialité de la peinture, sera représenté sept fois au cours de la vente. 

La série d’œuvres de 1996 sur le thème Fuji est très demandée par les collectionneurs, car elle possède une structure extrêmement complexe et subtile. En utilisant une petite raclette comme principal outil pour apposer et étaler la peinture, Richter a délibérément fait entrer le facteur du hasard dans son travail. Ses toiles, bien que produites en série, diffèrent les unes des autres et revêtent un aspect unique.

Gerhard Richter, Fuji, 1996, image © Grisebach
Gerhard Richter, Fuji, 1996, image © Grisebach

Les ventes de Grisebach se tiendront du 29 mai au 1er juin, l’intégralité des catalogues est à retrouver dès maintenant sur Barnebys.