Les maîtres font leur show chez Dorotheum

Les prochaines ventes de la maison Dorotheum seront consacrées, entre autres, à de fabuleuses œuvres de grands maîtres et à la peinture du XIXe siècle. Après la vente de « Lucrèce » en octobre dernier, Dorotheum présentera une seconde toile de la peintre baroque Artemisia Gentileschi.

Les maîtres font leur show chez Dorotheum

Du 29 avril au 2 mai, la Dorotheum organisera sa « Classic Week », une semaine d’enchères exclusivement consacrée à la peinture classique et aux antiquités de haute voltige. Plusieurs maîtres européens ont été annoncés à la vente, tels que la peintre baroque Artemisia Gentileschi, Elisabetta Sirani, Abel Grimmer ou encore les flamands Frans Francken II et Ambrosius Francken II.

Artemisia Gentileschi, Marie Madeleine en extase, avec la contribution (à l'arrière-plan) d'Onofrio Palumbo, vers 1640, huile sur toile, image © Dorotheum Artemisia Gentileschi, Marie Madeleine en extase, avec la contribution (à l'arrière-plan) d'Onofrio Palumbo, vers 1640, huile sur toile, image © Dorotheum

Lors de la vacation de tableaux anciens du 30 avril, les maîtres flamands et italiens seront à l’honneur, avec en tête de file, une œuvre majeure d’Artemisia Gentileschi. L’évènement fait écho à la vente de la toile Lucrèce en octobre 2018, pour laquelle Dorotheum avait enregistré une adjudication de 1,8 million d’euros. Marie-Madeleine en extase, estimée entre 450 000 et 680 000 dollars, remonte aux années 1640, alors que l'artiste était au sommet de sa gloire et résidait à Naples. Tandis que Gentileschi s’est attelée à la représentation de la figure biblique dans un style caravagesque, le paysage visible à l'arrière-plan a, quant à lui, été exécuté par le peintre napolitain Onofrio Palumbo.

Elisabetta Sirani, La découverte de Moïse, avec la contribution de Giovanni Andrea Sirani, début des années 1660, huile sur toile, image © DorotheumElisabetta Sirani, La découverte de Moïse, avec la contribution de Giovanni Andrea Sirani, début des années 1660, huile sur toile, image © Dorotheum

Elisabetta Sirani, une autre artiste majeure de l'ère baroque, a peint La découverte de Moïse vers 1660, en collaboration avec son père et professeur, Giovanni Andrea Sirani. La peintre était si populaire de son vivant qu'elle a pu fonder sa propre école de peinture, et a même été admise dans la Guilde de Saint-Luc, dans sa ville natale de Bologne.

Bartolomeo Manfredi, Le martyre de Saint-Barthélemy, huile sur toile, image © DorotheumBartolomeo Manfredi, Le martyre de Saint-Barthélemy, huile sur toile, image © Dorotheum

La peinture du Caravage, pionnier de la peinture baroque, était axée sur la maîtrise d’un clair-obscur dramatique, et après sa mort prématurée en 1610, a continué d’inspirer de nombreux artistes. Tout comme Artemisia Gentileschi, Bartolomeo Manfredi, dont l’œuvre Le martyre de Saint-Barthélemy sera présentée à la vente, a fait perdurer la grandeur de son prédécesseur. En vérité, Manfredi fut l'un des premiers artistes à adopter le style du Caravage et à le transmettre à la génération d’artistes suivante.

Frans Francken II et Ambrosius Francken II, La traversée de la mer Rouge, huile sur bois, image © DorotheumFrans Francken II et Ambrosius Francken II, La traversée de la mer Rouge, huile sur bois, image © Dorotheum

La peinture biblique flamande sera également représentée, avec La traversée de la mer Rouge, une huile sur bois réalisée vers 1630 par les frères anversois Frans Francken II et Ambrose Francken II. Tous deux élèves de leur père, Frans Francken I, les peintres ont adopté un style relativement similaire, et se sont spécialisés dans la production de tableaux petit format à thèmes allégoriques ou mythologiques. Frans Francken II, le membre de la fratrie le plus réputé, a ouvert l’un des ateliers les plus prospères de la ville, et fut nommé maître de la guilde des peintres d'Anvers.

Abel Grimmer, Loggia élégante avec la demande en mariage d'Isaac à Rebecca, 1616, huile sur bois, image © Dorotheum 
Abel Grimmer, Loggia élégante avec la demande en mariage d'Isaac à Rebecca, 1616, huile sur bois, image © Dorotheum

 Abel Grimmer, autre représentant de l'école d'Anvers, a illustré la demande d’Isaac à Rebecca, un récit de l'Ancien Testament qu'il a ici mis en scène auprès d'une loggia luxueuse. Ce travail témoigne des multiples talents du peintre, qui dans une seule œuvre, a combiné un paysage naturel, un décor architectural, et des figures humaines. 

Gauche : bracelet Cartier / Droite : broche en diamant Cartier « Temple » n ° 3105, images © DorotheumGauche : bracelet Cartier / Droite : broche en diamant Cartier « Temple » n ° 3105, images © Dorotheum

Le 29 avril, une sélection de bijoux et de peintures du XIX siècle sera dispersée, et comprendra, entre autres, de la joaillerie de haute qualité, dont ce bracelet en platine et en or blanc serti de diamants, pesant un total de 50 carats. En outre, et on ne peut plus dans le thème de la « Classic Week », Dorotheum proposera une broche en diamants de l’enseigne de luxe Cartier conçue sous la forme d’un temple grec.

Petrus van Schendel, Marché nocturne de Rotterdam, huile sur bois, image © Dorotheum 
Petrus van Schendel, Marché nocturne de Rotterdam, huile sur bois, image © Dorotheum

 La peinture du XIXe siècle comporte des sources d’inspiration diverses et variées, allant de scènes de genre, paysages urbains à paysages ruraux et figures animales. Le Marché nocturne de Rotterdam de Peter van Schendel dégage une atmosphère extraordinaire, en marge des compositions traditionnelles de l’époque. La lumière lunaire contraste avec l’éclat de la flamme de la bougie et du feu, bien que leurs tonalités soient diamétralement opposées. 

Eugene von Blaas, Secrets, huile sur bois, image © DorotheumEugene von Blaas, Secrets, huile sur bois, image © Dorotheum

 Les scènes de vie intimes vénitiennes étaient pour Eugene von Blass ce que les canaux étaient pour le maître du panorama Canaletto : un thème de prédilection. Von Blaas est considéré comme le fondateur de la peinture de genre vénitienne, et son œuvre Secrets comme l’une des images les plus emblématiques de la fin du XIXe. 

Des canards sur le lac, Alexander Koester, huile sur toile, image © DorotheumDes canards sur le lac, Alexander Koester, huile sur toile, image © Dorotheum

Dans le tableau Canards sur le lac d’Alexander Koester, surnommé « Enten-Koester » (« Canard-Koester ») en raison de son adoration pour l’animal à plumes, un troupeau de canards se tient prudemment au bord du lac, tandis que certains s’y aventurent.

La semaine s'achèvera le 2 mai par une session dédiée aux antiquités et au mobilier. Il convient de noter quelques pièces reflétant l'enthousiasme des artistes européens pour les créations d'Extrême-Orient au XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Meissen, Éléphant avec Mohr, piédestal en bronze doré, 1860-1880, image © DorotheumMeissen, Éléphant avec Mohr, piédestal en bronze doré, 1860-1880, image © Dorotheum

Cette remarquable horloge ornementale en porcelaine et bronze doré a été réalisée entre 1860 et 1880 et porte la griffe de la célèbre manufacture de Meissen.

Wilhelm Hejda, vitrine Art Déco de style japonais, signée et datée, Vienne 1924, image © Dorotheum Wilhelm Hejda, vitrine Art Déco de style japonais, signée et datée, Vienne 1924, image © Dorotheum

 Enfin, cette vitrine Art Déco de style japonais, réalisée en 1924 par Wilhelm Hejda à Vienne, possède un corps en bois de placage Makore couronné par une pagode dorée. Derrière la porte vitrée se trouve un somptueux panneau à décor exotique. 

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