« Le ballet est la plus intéressante forme d’art, qui, par miracle, a survécu en Russie alors qu’elle a disparu partout ailleurs », a déclaré l'écrivain et peintre russe Alexandre Benois. De 1914 à 1985, les plus célèbres opéras, ballets, contes russes et comédies musicales ont été présentés sur scène et au public, invitant artistes et plasticiens à contribuer à l’élaboration des décors, des mises en scène et des costumes. Le ballet s’est enraciné dans la culture russe de manière si significative qu’il est aujourd’hui indissociable de la scène artistique et de l’histoire du pays des tsars. 

Au cours du XIXe siècle, le ballet connaît un essor considérable et gonfle la réputation de nombreux compositeurs et chorégraphes, allant de Peter Tchaikovsky (compositeur des légendaires Lac des Cygnes et Casse-Noisette), au chorégraphe très controversé Vaslav Nijinski, qui génère les scandales les plus retentissants de l’histoire des Ballets Russes, avec L’Après-midi d’un faune et Le Sacre du Printemps

Les fondations du ballet moderne ont été posées en 1909, avec la création de la célèbre troupe par l'impresario Serge de Diaghilev. La compagnie entame alors une tournée européenne et internationale, avec une première saison tenue de mai à juin 1909 au théâtre du Châtelet. En 1911, Diaghilev rompt définitivement avec le Ballet Impérial et fait des Ballets Russes une compagnie privée, indépendante, qui s’installe à Monte-Carlo, Paris et Londres, sans attache particulière avec un seul théâtre.  

Forte de ce succès, la compagnie fait appel au talent des artistes avant-gardistes pour les projets de décors et de costumes. L’habillement et la mise en scène deviennent dès lors des éléments de plus en plus importants dans l’élaboration des représentations lyriques et théâtrales, même après la dissolution des Ballets Russes en 1929, année du décès de Djagilev.

La Principauté de Monaco a fortement contribué à établir la notoriété de la troupe, en accueillant chaque année une nouvelle « Saison des Ballets Russes de Monaco », et ce pendant plus d’un demi-siècle. Depuis son implantation dans la Principauté en 1910, la tradition a perduré, notamment avec la création du Grand Ballet de Monte-Carlo en 1947, par le Marquis de Cuevas. En 1975, l’Académie de Danse Princesse Grace ouvre ses portes, suivie par la Compagnie des Ballets de Monte-Carlo par S.A.R. la Princesse Caroline de Hanovre, qui opère depuis plus de 30 ans. 

Près de 300 œuvres graphiques, composées d’aquarelles, de dessins et de gouaches issues d’une collection privée seront mises à l’encan le mardi 2 avril prochain chez l’Hôtel des Ventes de Monte-Carlo. Avec une histoire si étroitement liée à la tradition des ballets, la dispersion d’une telle collection sur le sol monégasque est « hautement symbolique », comme l’a confié la maison de ventes. 

De grands artistes tels que Bakst, Benois, Exter, Koustodiev, Meller, Petritski, Lanceray, Federovski, Golovine, Gontcharova, ou encore Meller seront représentés, et ce qui fait la richesse de ce corpus d’œuvres, c’est aussi la présence de plusieurs artistes ukrainiens qui, malgré les restrictions du régime totalitaire, ont réussi à perpétrer la tradition des Ballets Russes. 

Organisée en collaboration avec l’expert Cyrille Boulay, la vente d’HVMC inaugurera une nouvelle saison d’Art russe en beauté. Le 2 avril 2019 à 15h00. 

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