Grands Maîtres : dans l’histoire de l’art, la catégorie des Grands Maîtres (ou « Old Masters ») fait référence aux artistes actifs en Europe avant et jusqu’à environ 1800.

Salvator Mundi de Leonardo da Vinci a été vendu chez Christie's pour 450,3 millions de dollars en novembre 2017, image ©Christie's Salvator Mundi de Leonardo da Vinci a été vendu chez Christie's pour 450,3 millions de dollars en novembre 2017, image ©Christie's

L’adjudication du Salvator Mundi de Léonard de Vinci, de 450 millions de dollars, a ébranlé le marché de l’art de manière considérable. Depuis plusieurs années, les prix les plus élevés observés sur le marché résultaient de ventes d’Art moderne et contemporain. En novembre 2017, le record de l’œuvre la plus chère du monde est attribué à une œuvre loin d’être qualifiée de moderne ou contemporaine. L’heureux propriétaire, le prince Bader bin Abdallah bin Farhan al Saud, achète le Salvator Mundi afin de l’exposer au Louvre d’Abou Dhabi dès septembre 2018, bien que le marché soit aujourd’hui sans nouvelle du chef-d’œuvre…

Judith décapitant Holopherne, attribué au Caravage, 1606-07 Judith décapitant Holopherne, attribué au Caravage, 1606-07

Le « Caravage de Toulouse », estimé à 120 millions d’euros, a été annoncé à la vente plus tard ce printemps (même si les détails n’ont pas encore été révélés), tandis qu’un dessin retrouvé de Léonard de Vinci passera sous le marteau de la maison de ventes parisienne Tajan, 500 ans après la mort de De Vinci en 1519.

Plus d'informations sur le « Caravage » de Toulouse par ici !

Les maîtres néerlandais ont également enregistré quelques beaux résultats, et continuent leur ascension.

Govaert Flinck, Vieil homme à un vantail, image ©Christie's Govaert Flinck, Vieil homme à un vantail, image ©Christie's

En avril 2017, Vieil homme à un vantail, peint par l'artiste néerlandais Govaert Flinck (1615-1660) s’est vendu pour 10,3 millions de dollars chez Christie's, soit trois fois plus qu’il y a 5 ans lors d’une vente organisée à Londres.

Vierge à l’enfant avec des saints, attribuée à Hugo Van Der Goes, image ©Christie's Vierge à l’enfant avec des saints, attribuée à Hugo Van Der Goes, image ©Christie's

Vierge à l’enfant avec des saints, attribué à Hugo Van Der Goes, figure également parmi les records enregistrés pour des œuvres d'art flamandes et néerlandaises. Son adjudication a atteint 8,9 millions de dollars en avril 2017. L'œuvre était conservée au Metropolitan Museum of Art depuis 1998, avant d’apparaître en salle des ventes.

« La participation d’acheteurs internationaux et les enchères conséquentes placées sur les lots phares (par des acheteurs aguerris et des nouveaux acheteurs), sont deux facteurs qui ont contribué à établir huit nouveaux records d'enchères, signalant la force de la catégorie des Grands Maîtres » Trade Gazette.

Sir Peter Paul Rubens, Étude nue d’un jeune homme aux bras levés, image ©Sotheby's Sir Peter Paul Rubens, Étude nue d’un jeune homme aux bras levés, image ©Sotheby's

En savoir plus sur le Rubens royal bientôt en vente chez Sotheby’s.

Cette évolution est quelque peu déroutante, car l’intérêt pour l’art ancien était sur le déclin depuis plusieurs années, et semble refaire surface de façon fulgurante.

Au cours des 20 dernières années, le marché des grands maîtres avait considérablement chuté, tandis que celui de l'art contemporain s'est amplement développé. En 2017 (dernière année pour laquelle des données chiffrées totales sont disponibles), la catégorie des maîtres ne représentait que 8% du marché, alors que l'art contemporain représentait 32% des ventes aux enchères. La grande question est de savoir si ces chiffres changeront lorsque nous verrons plus de lots phares arriver sur le marché.

Alors, pourquoi ce regain d’intérêt pour l’art ancien ?

« La catégorie des maîtres anciens a toujours été un secteur très sous-évalué sur le marché des enchères, mais au cours des deux dernières années, nous avons constaté un intérêt croissant pour ce secteur, indiquant une tendance à la hausse. Qui sait ? Les œuvres de maîtres pourraient bien s'avérer être la nouvelle mine d'or du marché ? », explique Pontus Silfverstolpe, cofondateur de Barnebys.

Peinture suédoise du XVIIIe siècle, non signée. Partiellement nettoyé par Ateljé Catellani. Le côté gauche montre la partie nettoyée, tandis que le côté droit correspond au réglage de couleur d'origine, image ©Ateljé Catellani Peinture suédoise du XVIIIe siècle, non signée. Partiellement nettoyé par Ateljé Catellani. Le côté gauche montre la partie nettoyée, tandis que le côté droit correspond au réglage de couleur d'origine, image ©Ateljé Catellani

Ceci étant, est-il encore possible d’acheter des œuvres de maîtres sans y laisser un bras ?

« Parfois, vous pouvez faire des occasions en achetant achetez en des œuvres de premier ordre dans leur catégorie. Il arrive souvent que les peintures qui refont surface aujourd'hui aient une longue durée de vie, ou aient survécu à la guerre et à d'autres choses. Ce n'est pas si souvent, après un nettoyage et une restauration professionnels, que la signature et les détails apparaissent, et ce genre d’évènements contribue à en améliorer la qualité et la valeur économique », déclare la conservatrice Anna Bronzoni Catellani.

Découvrez tous les anciens maîtres aux enchères sur Barnebys !