La toile sera présentée au public lors d’une tournée internationale, avant d’être mise en vente à la fin du printemps 2019. Découverte dans un grenier toulousain en 2014, l’œuvre avait été soumise à l’expertise d’Éric Turquin (responsable de la vente), mais aussi du commissaire-priseur Marc Labarbe, qui pourrait également être impliqué dans le processus.

L’expert Éric Turquin a toujours été fortement convaincu de sa provenance et affirme que le maître incontesté du clair-obscur en est bien l’auteur, mentionnant les coups de pinceau, les détails, et bien sûr, l’utilisation de la lumière pour appuyer sa théorie. D'autres experts, comme le critique britannique Jonathan Jones, affirment que le tableau est dépourvu de « l'intensité psychologique » ou du réalisme caractéristique du Caravage.

Le gouvernement français avait proscrit toute exportation de la toile jusqu'en novembre 2018, afin d'éviter que celle-ci ne soit interceptée par un collectionneur international. L'interdiction maintenant levée, Artprice révèle que « les propriétaires et le cabinet Turquin ont laissé tout le temps à l'État pour acquérir le Caravage de Toulouse », et « les experts du Louvre avaient été invités à découvrir l'œuvre très vite après sa découverte en 2014 ».

Classé trésor national en 2016 pour une durée de 30 mois, Judith décapitant Holopherne n’a pourtant pas été acheté par l’État français. Les propriétaires ont émis une nouvelle demande d’obtention d’un certificat d’exportation, qui leur a été accordée automatiquement, leur donnant le droit de vendre la toile librement sur le marché.

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Eric Turquin et Thierry Ehrmann devant Le Caravage Judith décapitant Holopherne , image via Artmarketinsight Eric Turquin et Thierry Ehrmann devant Le Caravage Judith décapitant Holopherne , image via Artmarketinsight

Les raisons pour lesquelles l’État ne s’est pas porté acquéreur n’ont pas été divulguées, mais selon les experts, le manque de certitude sur son authenticité, ainsi que le budget réduit des musées nationaux, auraient fait pencher la balance. La valeur marchande de la toile avait été fixée à 120 millions d’euros.

Judith décapitant Holopherne est un thème artistique tiré du Livre de Judith, qui fut particulièrement représenté dans la peinture européenne du XVIIe siècle (on pense notamment à la version très affirmée d’Artemisia Gentileschi). Holopherne, un général assyrien sur le point de mener une offensive contre la ville de Béthulie, est rejoint dans sa tente par Judith, alors qu’il s’enivre au point de perdre connaissance. Judith, aidée par sa servante (souvent représentée comme une femme plus âgée qu’elle), le décapite et emporte sa tête dans un panier.

L’attribution de la toile au Caravage est une affaire complexe, car le maître a souvent repris le même sujet dans deux versions, et ses œuvres ont été largement copiées. Une autre toile de Judith et Holopherne du Caravage, datée de 1598, est déjà connue des historiens, et ne présente guère de similitudes avec la toile toulousaine. Cette dernière, mesurant 144 par 173 cm, serait plus proche d’une œuvre de Louis Finson, un peintre flamand connu pour avoir fait des copies de tableaux du Caravage.

L’estimation qui sera fixée en vue de la vente aux enchères n’a pas été révélée, même s’il est probable qu’elle avoisine la valeur marchande qui avait été octroyée à l’œuvre lors de sa redécouverte (120 millions d’euros).

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