La corrida à travers le prisme de l'art

Si la corrida fait aujourd'hui débat, elle fait sans conteste partie intégrante du patrimoine culturel espagnol. La prochaine vente de la maison madrilène Subastas Galileo présente plusieurs oeuvres qui rendent hommage à l'art de la tauromachie.

José López Canito, “Escena taurina. Pase de la alpargata” Estimation basse: 600 euros
José López Canito, “Escena taurina. Pase de la alpargata” Estimation basse: 600 euros

Même s'il est difficile de dater leur apparition avec précision, les jeux taurins existent depuis des siècles.

Rodríguez, “Encierro de San Fermín” Estimation basse: 250 eurosRodríguez, “Encierro de San Fermín” Estimation basse: 250 euros

Aujourd'hui, on les connaît principalement sous la forme actuelle de la "corrida", un combat entre un homme et un taureau, à l'issue duquel le taureau est mis à mort ou exceptionnellement gracié. Elle est pratiquée essentiellement en Espagne, au Portugal, dans le Sud-Ouest de la France et dans certains pays d'Amérique latine.

Antonio Casero, “Apuntes taurinos” Estimation basse: 100 eurosAntonio Casero, “Apuntes taurinos” Estimation basse: 100 euros

Quelque soit le pays où elle a lieu, la corrida suit un déroulé bien précis. Elle débute par le paseo, le défilé initial de tous les participants (en général, trois torreros et leurs équipes).

Le combat se divise ensuite en trois parties que l'on appelle des tercios: au cours de la première partie (le tercio de pique) deux picadors (des cavaliers dont les chevaux sont protégés d'armures) blessent le taureau à l'aide d'une longue pique, pour évaluer son comportement et l'affaiblir en lui faisant baisser la tête.

Jun Manuel Rivero Prieto (1976), "Cogida a caballo marrón", Huile sur toile Estimation: Jun Manuel Rivero Prieto (1976), "Cogida a caballo marrón", Huile sur toile Estimation:
Franch Rossend, XXe siècle, "Picando" Estimation basse: 600 eurosFranch Rossend, XXe siècle, "Picando" Estimation basse: 600 euros

Au cours du deuxième tercio (le tercio des banderilles) les peones (littéralement les "pions" qui composent l'équipe de chaque torero) ou le matador lui-même plantent des banderilleres colorées dans le dos du taureau.

Antonio Torres, “Escena taurina Estimation basse: 100 eurosAntonio Torres, “Escena taurina Estimation basse: 100 euros
École espagnole du XIXe siècle, “Corrida de toros en la Plaza Mayor de Chinchón” Estimation basse: 500 eurosÉcole espagnole du XIXe siècle, “Corrida de toros en la Plaza Mayor de Chinchón” Estimation basse: 500 euros

Enfin, le troisième tercio (la mise à mort) prend place juste après la faena, sorte de danse entre le taureau et le matador qui réalise une série de passes avec sa muleta (la cape rouge). Ensuite, la mise à mort du taureau est réalisée par une estocade portée avec une épée.

José López Canito, “Escena taurina. Pase de la alpargata” Estimation basse: 600 eurosJosé López Canito, “Escena taurina. Pase de la alpargata” Estimation basse: 600 euros
Jun Manuel Rivero Prieto (1976), "Tauromaquia III" Estimation basse: 700 eurosJun Manuel Rivero Prieto (1976), "Tauromaquia III" Estimation basse: 700 euros
Roberto Domingo Fallola, "Pase de muleta" Estimation basse: 300 eurosRoberto Domingo Fallola, "Pase de muleta" Estimation basse: 300 euros

Aujourd'hui, l'opposition à la corrida gagne du terrain en France et ailleurs. Nombre de ses opposants l'assimilent à de la torture et réclament son interdiction. Cependant, elle reste encore considérée par les aficionados comme un art.

La corrida a inspiré de nombreux artistes aussi bien en peinture (Picasso, Manet, Goya), qu'en littérature (Cocteau, Hemingway), en musique (Georges Bizet avec Carmen, 1875) ou au cinéma (Almodovar avec Parle avec elle, 2002).

Toutes les oeuvres illustrant l'article proviennent de la vente aux enchères qui aura lieu le 27 avril chez Subastas Galileo à Madrid. Cliquez sur les oeuvres pour obtenir plus d'informations ou retrouvez sur Barnebys le catalogue complet de la vente.