En provenance de la Drue Heinz Collection, l’œuvre Terrasse ou une terrasse à Grasse (1912), de Pierre Bonnard, a fait l’objet de la bataille la plus féroce lors de la vente Impressionniste et Moderne du 13 mai. Avec une estimation haute fixée à 8 millions de dollars, l’œuvre a été propulsée à 17 millions de dollars (19,5 frais inclus), après une compétition acharnée entre deux enchérisseurs par téléphone. 

« Ce n’était pas son œuvre la plus puissante, mais elle était très belle », a déclaré David Nisivon, un collectionneur et consultant basé à New-York. La vue de la terrasse a établi le nouveau record de l’artiste.

Pierre Bonnard, Terrasse ou une terrasse à Grasse, 1912, image © Christie's Pierre Bonnard, Terrasse ou une terrasse à Grasse, 1912, image © Christie's

Thérèse sur une banquette (1939) est un portrait de Thérèse Blanchard, une jeune fille que le peintre franco-polonais Balthus a peint plus de 10 fois, suscitant à l’époque des controverses quant à la pose de l’enfant (jugée inappropriée à cause de sa jupe dévoilant ses jambes). Acheté au marchand d’art de Balthus en 1962, le tableau était resté dans la même collection jusqu’à la vente du 13 mai dernier. Un acheteur par téléphone a fait l’acquisition du portrait pour 16,5 millions de dollars (19 frais inclus), assez pour pulvériser l’ancien record de l’artiste, fixé à 9,9 millions en 2015 chez Christie’s, avec Lady Adby

Balthus, Thérèse sur une banquette, 1939, image © Christie’s
Balthus, Thérèse sur une banquette, 1939, image © Christie’s

La vente du 13 mai, tenue à New-York, a enregistré un total de 399 millions de dollars. 

Louise Bourgeois, avec son emblématique Spider de 1996, a décroché le record de la sculpture la plus chère d'une artiste contemporaine, lors de la vente d’Art d’après-guerre et contemporain du 15 mai dernier.  Cédée à 32 millions de dollars, l’œuvre a également surpassé le record de l’artiste (fixé à 28 millions de dollars en 2015). Perchée gracieusement sur ses huit pattes dans une pose effrayante, Spider semble prête à attaquer à tout moment, tandis que l’un de ses membres s’étend vers l’avant, tâtant son environnement avec prudence afin d’atteindre sa proie. Déclenchant un panel d’émotions allant de rêverie enfantine à peur primaire, l’araignée est une création profondément personnelle pour Bourgeois, qui a associé l’arachnide à la figure maternelle.  

Bourgeois n’a cependant pas détrôné Georgia O’Keeffe (à 44 millions de dollars) dans le classement des artistes femmes les plus cotées du marché, et conserve la deuxième place. 

Louise Bourgeois, Spider, 1996, image © Christie's
Louise Bourgeois, Spider, 1996, image © Christie's

Jeff Koons, qui avait conservé sa première place des artistes vivants les plus côtés du monde depuis mai 2013, s’était fait détrôné il y a quelques mois par le peintre David Hockney et son œuvre Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), vendue pour 90,3 millions de dollars. 

C’était sans compter sur Rabbit, une sculpture « gonflable » de 1986, dernier exemplaire de la série originale de trois (plus une épreuve d’artiste) qui était encore entre des mains privées. La sculpture a été la première de Koons à être moulée en acier inoxydable, et constitue le point d’ancrage du reste de sa production. 

Jeff Koons, Rabbit, 1986, image © Jeff Koons via Christie's
Jeff Koons, Rabbit, 1986, image © Jeff Koons via Christie's

Le lapin a débarqué sur le marché en 1986 à la Sonnabend Gallery de New-York, bouleversant les codes de l’art contemporain. Alex Rotter, président du département d'art d'après-guerre et contemporain chez Christie's, croyait fermement en l’obtention d’un nouveau record, et avait déclaré : « Pour moi, Rabbit est l'anti-David. Il marque la mort de la sculpture traditionnelle et perturbe le medium de la même manière que Number 31 de Pollock a redéfini le concept de la peinture de façon irréversible.  

L’œuvre a été présentée le 15 mai avec une estimation fixée entre 50 et 70 millions de dollars, avant de faire tomber le marteau pour 91,1 millions de dollars, redonnant à Koons le statut d’artiste vivant le plus cher du monde. 

Robert Rauschenberg, Buffalo II, 1964, image © 2019 Robert Rauschenberg Foundation : Licensed by VAGA at Artists Right Society (ARS), New York via Christie's
Robert Rauschenberg, Buffalo II, 1964, image © 2019 Robert Rauschenberg Foundation : Licensed by VAGA at Artists Right Society (ARS), New York via Christie's

Réalisée par Robert Rauschenberg en 1964, l’œuvre Buffalo II a établi, le même soir, un nouveau record pour l'artiste avec une adjudication de 88,8 millions de dollars. La composition reprend les images les plus reconnaissables du début des années 1960 : le président John F. Kennedy, l'exploration de l’espace, le pygargue à tête blanche (symbole des Etats-Unis), et un hélicoptère de l'armée de la période du Vietnam. Rauschenberg a combiné des éléments de l’esthétique du mouvement Pop L'art et du « color block », tiré de l'art abstrait. Rauschenberg a fait ses débuts en remportant le prestigieux Grand Prix de la peinture à la Biennale de Venise en 1964, une première pour un artiste Américain.

La vente new-yorkaise du 15 mai a enregistré un total de 538,9 millions de dollars.

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